Sirenia – Perils of the Deep Blue

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Avis :

Sirenia possède un historique assez intéressant et cela dès sa création. En effet, la naissance de ce groupe provient de la presque mort d’un autre. En 2001, Morten Veland quitte son groupe, Tristania, pour des divergences musicales ainsi que des différends personnels, et fonde alors Sirenia. Le style musical ne va pas forcément changer entre les deux groupes, mais Sirenia va avoir une sonorité plus atmosphérique et bien plus sombre que Tristania. Bien entendu, comme il s’agit d’un groupe de symphonic métal, on retrouve des instruments et une chanteuse lyrique. Au départ, il s’agit d’une française, Fabienne Gondamin, qui va apporter une grande sensibilité au premier album, At Sixes and Sevens, qui connaîtra un grand succès underground et qui va n’avoir que des critiques élogieuses. Après plusieurs changements de line-up, le groupe sort tout de même un album en 2004, An Elixir for Existence puis Nine Destinies and a Downfall en 2007. Les albums sont assez convaincants et sympathiques. Malheureusement, le groupe sombre dans la facilité et le commercial avec deux autres albums beaucoup moins percutants et qui n’auront pas forcément un succès. Il s’agit de The 13th Floor en 2009 et The Enigma of Life en 2011. C’est donc avec une certaine crainte que le nouvel album sort en 2013, avec un titre aquatique et une pochette laissant deviner un album un peu plus sombre. Mais qu’est-ce qui se cache derrière Perils of the Deep Blue ?

Le skeud démarre avec une première surprise. En effet, Ducere Me In Luceme est une intro lente, langoureuse et donne une certaine ambiance à l’album. D’autant plus que cela colle parfaitement à la pochette et au design du groupe. Puis l’enchainement avec Seven Widows Weep est très efficace, car le morceau est très nerveux, commençant avec du pur growl, des riffs assassins digne d’un black et suivi par la sublime voix de Aylin, la nouvelle chanteuse depuis 2008. Le refrain est entêtant et le tout est vraiment sombre est violent. Bien sûr, on entend en second plan des violons, d’autres instruments à vent qui font très lyriques et anciens. Bref, ça envoie du lourd. Mais le plus intéressant, c’est que tout l’album va fournir des petites perles comme ce morceau. Ainsi, My Destiny Coming to Pass possède un vrai rythme scandé et une vitesse d’exécution qui va crescendo et qui emporte le spectateur. Ce sont d’ailleurs ces riffs qui vont mettre en évidence la voix de la chanteuse qui resplendit dans ce genre. On retrouve cela dans l’excellent Cold Caress, qui scande là aussi un rythme très sombre, mais foutrement excitant. On peut aussi entendre cela dans Profound Scars, qui demeure l’un des meilleurs morceaux de l’album. On peut aussi voir que le groupe s’essaye à des moments un poil plus électro, notamment avec Decadence, qui reste très sympathique. Mais le plus fort dans tout ça, c’est que même des morceaux un peu plus pop comme Ditt Endelikt ont toujours des moments très puissants et entrainants. En écoutant ce skeud, on a vraiment la sensation de retrouver un groupe que l’on avait perdu dans les méandres du commerce et de la facilité.

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Au niveau des voix, on retrouve du growl, du lyrique mais aussi des chœurs, et c’est ce mélange qui va permettre à Sirenia de renouer avec quelque chose qui rime à de la bonne musique. Bien sûr, l’album commence avec le magnifique chant lyrique de Aylin, mais la deuxième piste, Seven Widows Weep démarre avec un excellent growl qui défouraille bien. L’alternance entre les deux chants se fait dans une belle osmose et on ressent vraiment le travail qui a été fourni. Chose intéressante aussi, on retrouve du chant clair masculin, notamment sur Ditt Endelikt et cela n’est pas si dégueulasse que ça, proposant une alternative à la belle voix féminine. On pourra aussi noter l’apport essentiel des chœurs, qui rajoute une grosse dose de lyrisme et d’ésotérisme dans les chants, mettant en avant une ambiance unique. Ainsi, on retrouve cela dans A Blizzard is Storming pour annoncer le solo de gratte, mais aussi dans Cold Caress, avec un chœur qui scande des paroles en latin en même temps que les riffs de guitare, faisant une intro parfaite. Bref, tout cela se fait dans une belle osmose et ça fait vraiment plaisir de retrouver ce groupe en meilleur forme.

Au final, Perils of the Deep Blue est un excellent album du groupe norvégien Sirenia. Puissant mais aussi très calme, proposant l’alternance parfaite entre chant clair et growl, voix féminines et masculines, on peut dire que le groupe a enfin trouvé son équilibre. Bien sûr, certains morceaux restent plus faibles que d’autres comme Darkling, mais face à autant de pièces de qualité, on ne peut qu’approuver ce skeud !

  1. Lucere Me In Duceme
  2. Seven Widows Weep
  3. My Destiny Coming to Pass
  4. Ditt Endelikt
  5. Cold Caress
  6. Darkling
  7. Decadence
  8. Stille Kom Doden
  9. The Funeral March
  10. Profound Scars
  11. A Blizzard is storming

Note : 17/20

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Par AqME

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