Merlin – Cycle 2 – Merlin, Le Prophète

Auteurs : Jean-Luc Istin, Pierre-Denis Goux et Bojan Vukic

Editeur : Soleil

Genre : Fantasy

Résumé :

Des années se sont écoulées depuis la guerre d’Avalon. Le haut roi Constantin, décédé, laisse son trône à son fils Constant. Ce dernier, dépassé par les affaires du royaume, est fragilisé. Les Pictes et les Saxons en profitent pour piller et brûler les villages bretons. Bedwyr, un jeune garçon d’une dizaine d’années, assiste impuissant à un raid saxon sur son village. Leur chef Hengist lui tranche la main et le laisse, agonisant. Bedwyr ne doit sa survie qu’à Merlin. Un Merlin qui vit en ermite, au fond de la forêt, un Merlin qui porte difficilement le deuil de sa compagne, la douce Ana. L’enfant lui redonne goût à la vie. Mais le désir de vengeance s’insinue tel un poison en Bedwyr. La guerre gronde entre les Bretons et les invasions barbares s’accentuent. Avalon est désormais sans prêtresse-mère. Viviane du Val sans Retour doit en prendre la régence en attendant que Morgane soit adulte. Face au chaos, une antique prophétie se blottit dans le cœur des bons : celle du roi qui réunifiera la Bretagne, celle d’Arthur.

Avis :

Le cycle 2 de Merlin, appelé Merlin, le prophète, est composé de 5 tomes, comme le cycle Merlin, la quête de l’épée, qui constituait un cycle parallèle, et est la suite directe du cycle initiatique. On retrouve un Merlin ravagé intérieurement, d’abord par la douleur, la souffrance puis par le temps et la solitude. La compréhension de cette transition nécessite d’avoir lu La quête de l’épée, pour mieux s’imprégner de ses sentiments de désespoir. Au fil des pages, il grandit spirituellement, se rappelant les enseignements de son père, Blaise, et montre les prémices de sa future condition de Conseiller du Roi, en essayant de mettre fin aux invasions saxonnes. Dans ces pages, Merlin a réellement sa place de magicien du royaume et c’est un plaisir de le suivre.

On ne s’ennuie pas une seconde dans cette nouvelle aventure et les légendes arthuriennes n’ont jamais été aussi vivaces que dans ces dessins et ces bulles. La venue au monde d’Arthur est le thème central de cette série et nous retrouvons tous les ingrédients qui nous avaient fait aimer les deux cycles précédents : les complots politiques, les scènes épiques de bataille, les histoires d’amour magiques, les paysages bretons majestueux, les créatures féériques en leurs lieux légendaires et de nombreuses sous-intrigues qui finissent par se recouper pour n’en faire qu’une.

Le cycle est bien découpé et chaque récit a son importance. Il n’y a que le tome 5, le dernier, La voie du juste, qui est un peu moins intéressant. En effet, de nombreuses scènes de bataille s’enchaînent, emplissant presque les trois quarts des planches. Même si cela fait aboutir toutes les intrigues, que cela constituait en un passage nécessaire, et que les dessins sont magnifiques, notamment quand ils s’étendent sur les double-pages, tout le système de suspens et de pression que recelaient les 4 autres livres est rompu.

Morgane, connue pour être la demi-sœur du roi Arthur, a une très belle place dans ce cycle et n’est pas traitée de manière stéréotypée. Effectivement, elle n’est pas vraiment gentille ou très méchante et jouera, cependant, un rôle majeur dans la suite. Sa personnalité peu commune perturbe quelque peu et on ne sait jamais très bien comment la cerner. Elle reste une énigme et c’est finalement tant mieux.

D’autres personnages secondaires attirent notre attention, notre sympathie ou notre haine comme Viviane, la Dame du Lac, une belle jeune femme aux lourdes responsabilités ; Bedwyr, un jeune innocent que les saxons ont laissé orphelin et manchot ; Hengist, un chef saxon peu commode et aux approches barbares ; Vortigern, un vil manipulateur au sang chaud ou Uther, un guerrier fougueux en proie aux doutes. Attachants ou détestables, tous les personnages sont importants et ont leur mot à dire. Les dames d’Avalon sont toujours aussi majestueuses, alors que celles d’Ys paraissent souvent froides et austères.

Tout n’est pas rose dans cette série, et l’aboutissement de certains plans maléfiques ne donne pas spécialement à croire en une fin heureuse. Le suspens apporté est bénéfique et permet de revisiter le mythe que l’on connaît si bien sans que l’on s’ennuie ! Merlin, le prophète est un cycle sombre et prenant, bien différent des légendes arthuriennes que l’on a pu lire en classe, et très dissemblable par rapport aux cycles précédents. Merlin sait où il va alors que le monde se tort autour de lui. Pilier face aux ténèbres, tous se tournent vers lui pour savoir où se diriger, même si cela ne se couronnera pas toujours de succès.

Cette suite joue avec nos émotions en nous ramenant en arrière, notamment via des flash-backs de Merlin qui se rappelle les enseignements de Blaise, ou par l’intermédiaire de personnages que l’on croyait morts. Les révélations sont bien mises en scène et choquent. Le combat entre les différentes religions, bien que toujours central, prend moins de place dans ce cycle tout en restant un fond omniprésent sans être lourd. La toute fin, qui diffère des histoires arthuriennes dont on l’habitude, est un parti pris quelque peu risqué mais qui s’avérera certainement très intéressant à suivre. Les fans des légendes ne sont ainsi pas déçus et peuvent être surpris par la tournure des évènements.

Merlin, le prophète est une belle série et un pilier annonçant le cycle suivant, déjà entamé et s’intitulant le cycle Pendragon. Celui-ci ne constitue pas une série à part entière, comme les autres, étant donné qu’il commence au onzième tome de la série Merlin (les dix premiers formant le cycle initiatique). Jean-Luc Istin, toujours aux commandes du onzième tome, passe le flambeau à Nicolas Jarry pour le reste. La série Merlin, débutée il y a plus de 15 ans, n’a pas fini de nous enchanter !

Note 18/20

Par Lildrille

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