Sumerlands – Sumerlands

Avis :

Il est toujours très compliqué de se faire connaître quand on évolue dans un style que beaucoup estime dépassé. Bon, il est vrai que dire qu’un style n’est plus à la mode est complètement con, mais si l’on veut percer, il faut vraisemblablement coller à l’actualité et ce qui plait à la masse populaire. Fort heureusement, certains artistes ont bien compris que trahir ses envies, c’est trahir ce que l’on est vraiment, et il est difficile de tenir la rampe quand on n’est pas soi-même. Ainsi donc, Sumerlands est un groupe américain qui fait du Heavy à une époque où, hormis les grands classiques, ça ne marche plus trop. Qu’importe, le « super-groupe » fait ce qui lui chante et il a bien raison. Super-groupe car les différents membres de Sumerlands proviennent tous de formations plus ou moins connues, sans que celles-ci n’existent plus. En gros, ce sont plusieurs musiciens de divers groupes encore en activité qui ont décidé de faire un groupe parallèle pour se faire plaisir. Et le plaisir est bien présent avec ce premier album éponyme qui n’a pas fait grand bruit lors de sa sortie en 2016, mais qui a figuré dans plusieurs tops de diverses rédactions. Cela à juste titre.

Le skeud débute très fort avec Seventh Seal. Le groupe envoie directement les riffs agressifs mais accessibles bien heavy, un petit solo suit l’ensemble avant que le chanteur se lance dans les paroles. Une voix aérienne, éloignée, qui laisse beaucoup de place aux instruments. Non seulement c’est rapide, mais c’est surtout hyper mélodique et l’ensemble colle parfaitement ensemble. C’est d’ailleurs très étonnant venant d’un groupe peu connu qu’une telle maîtrise donne une sensation de groupe réputé et cumulant plus de vingt ans d’existence. Or là, Sumerlands n’existe que depuis 2013 ! Ce premier titre est tout bonnement excellent, n’hésitant pas non plus à aller vers un métal plus basique mais qui trouve ses racines dans les années 70/80. On sent même une filiation à Black Sabbath, que ce soit dans la rythmique ou dans la voix du chanteur. Cette référence se ressent surtout avec le deuxième morceau, The Guardian, qui fait penser à Ozzy Osborne, que ce soit dans l’intonation, le grain de voix et quelques passages en voix de tête. Cependant, Sumerlands trouve sa propre identité avec des titres aux durées assez courtes et avec des moments plus aériens, plus éthérés, donnant une sensation de liberté accrue. Une liberté que l’on ressentira dans le tout dernier morceau éponyme, complètement instrumental, et qui montre tout le talent technique du groupe et son côté ambiance étrange.

Mais le groupe sait aussi aller droit au but, ce qui est le cas d’ailleurs avec quasiment tout l’album, puisqu’avec seulement huit pistes, on dépasse à peine la demi-heure d’écoute et c’est vraiment trop court. Mais cela n’empêche pas de prendre un sacré panard avec des morceaux tels que Timelash, un titre plus nerveux que le reste, qui propose un Heavy puissant et très addictif, donnant immédiatement envie de bouger la tête dans tous les sens. Le titre sera d’ailleurs suivi de près par Blind, le morceau le plus rapide de l’album, celui qui envoie le plus de puissance et qui ne peut laisser indifférent. Encore une fois, entre la voix du chanteur qui ressemble vraiment à celle d’Ozzy Osborne et la rythmique qui peut faire penser à du Black Sabbath, on nage en plein délire référentiel et c’est fait avec un sacré talent. Le seul petit truc qui manque au titre, c’est un refrain plus marquant, plus entêtant, puisque là, il se retrouve mélangé aux couplets, le groupe ne changeant pas de rythme. Avec Haunted Forever, on aura droit à notre petite introduction qui permet d’accentuer une ambiance presque un poil horrifique avant de lancer des riffs assez lourds mais plus lents qu’à l’accoutumée, montrant les différences de tempo que la formation peut utiliser. Et si Spirale Infinite s’accélère grandement, cela ne restera qu’une sorte d’interlude plus Heavy que le reste, mais qui marquera peut-être un poil plus grâce à une fin surprenante.

Au final, Sumerlands, le premier album de Sumerlands, est une sacrée bonne surprise. Il s’agit d’un Heavy bien senti, ultra référentiel, qui fait écho à la musique de Black Sabbath, mais qui le fait bien, sans être un vulgaire copié/collé. Le groupe trouve une belle identité, faisant fi de la mode et jouant une musique qui rappelle le métal des années 80 tout en gardant une certaine fraîcheur. Trop peu connu encore aujourd’hui, Sumerlands mérite vraiment d’être plus mis en avant et on entend avec impatience un second album, que l’on espère plus long que celui-ci, bien trop court.

  • Seventh Seal
  • The Guardian
  • Timelash
  • Blind
  • Haunted Forever
  • Spirale Infinite
  • Lost my Mind
  • Sumerlands

Note : 17/20

Par AqME

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