Bandidos

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De : Massimo Dallamano

Avec Terry Jenkins, Enrico Maria Salerno, Cris Huerta, Marco Guglielmi, Venantino Venantini

Année : 1968

Pays : Italie, Espagne

Genre : Western

Résumé :

Attaqué par des bandits et blessé aux mains, Richard jure de se venger. C’est pourquoi il prend sous son aile Ricky Shot, qui se chargera d’expédier six pieds sous terre les bandits responsables de son infirmité.

Avis :

Massimo Dallamano n’est pas un réalisateur à la base. Pour commencer dans les métiers du cinéma, il est d’abord directeur de la photographie pour des films très connus comme Constantin le Grand ou Ponce Pilate. Au milieu des années 60, il va rencontrer Sergio Leone et va devenir le directeur de la photographie pour deux films cultes que sont Pour Une Poignée de Dollars et Et Pour Quelques Dollars de Plus. La révélation viendra donc de ces deux films, puisqu’il se lance dans la réalisation en 1967 avec un western, Bandidos, le seul du genre qu’il va réaliser. Car la carrière de Dallamano va vraiment prendre essor avec son giallo Mais Qu’Avez-Vous Fait à Solange ? mais aussi son thriller violent La Lame Infernale (ressorti récemment sous un format sublime par The Ecstasy of Films). Bandidos est donc son premier film et le spectateur pourra en profiter grâce à la sortie du DVD tout beau tout propre de chez Artus. Mais le film en lui-même est-il bon ?

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Attaque dans le train fantôme !

Bandidos est un film de vengeance dans un univers de western. Rien de bien neuf là-dedans puisqu’il en existe déjà pas mal. Mais Bandidos fait la part belle à ses concurrents car il possède des acteurs au diapason et ne se targue pas d’une longueur récalcitrante. Le film débute avec une attaque de train. Premier constat, le film et très violent, car les bandits tuent tous les passagers pour ne laisser aucun témoin. Mais l’un des passager se rebelle et il s’avère être l’un des plus grands tireurs de l’Ouest. Le chef des bandits est plus rapide, le désarme, puis lui tire une balle dans chaque main et le laisse agoniser. Quelques années plus tard, l’homme ne peut plus tirer et entraine donc de jeunes gens pour tirer aussi bien que lui à l’époque. Seulement, faire de la route pour faire des spectacles s’avère difficile et son apprenti se fait tuer par un bandit débile. Notre héros avide de vengeance décide donc de recruter un nouvel individu mystérieux. Ce dernier se révèle être doué et deviendra l’instrument de la vengeance. Seulement, le jeune homme cache bien son jeu. L’histoire en elle-même est assez sombre, comme quasiment tous les films de vengeance, mais transposée dans un western réaliste, ce scénario prend vraiment de l’ampleur. Les personnages sont froids, durs et on évolue dans un monde très cruel, où l’on peut tuer n’importe qui sans craindre le shérif. D’ailleurs, il n’y aura qu’un seul personnage de shérif, que l’on croisera mais qui sera bien inutile et incompétent. Bref, tout est réuni pour faire un film assez dur. Alors, certes, les années ont passé, les mœurs sont différentes, mais rien qu’avec la scène d’intro, on sent un léger malais sur le massacre et on voit que l’on est dans un western pas comme les autres. Bien entendu, le film répond à certains codes, comme les bagarres de bistrot avec les méchants qui voltigent au travers la porte battante ou encore les mexicains qui ne sont pas vraiment fréquentables, mais tout cela contribue à ressortir le côté dramatique de cette vengeance.

Ce qui fait que le film est fort recommandable aussi, ce sont les acteurs. D’habitude, on note un surjeu assez désuet et presque insupportable dans les westerns (il suffit de voir Joe l’Implacable de la même collection pour s’en rendre compte), mais dans Bandidos, on reste dans quelque chose de très réaliste et de très plausible. Bien sûr, en tête d’affiche, on retrouve Enrico Maria Salerno, déjà vu dans L’Oiseau au Plumage de Cristal de Dario Argento, qui joue ici le rôle de celui qui veut se venger. Il tient de façon admirable son rôle, éclatant de charisme. A ses côtés, l’acteur jouant son apprenti est très convaincant aussi, restant mystérieux tout au long du film, et travaillant son mystère avec des actes très surprenants comme la scène où il aide le méchant. Ce dernier est aussi très bon, grâce à l‘acteur qui l’incarne et qui semble très investi dans son rôle, mais aussi grâce au personnage en lui-même qui est très charismatique et sans scrupules. La scène où il choisit un témoin pour payer sa dette à l’apprenti tireur est très éloquente sur ses manières de procéder. Les seconds rôles sont assez bons aussi malgré l’énorme cliché des méchants mexicains, gras et sales qui se font voir de toute façon. Enfin, quoiqu’il en soit, le casting est relativement bien fichu et les acteurs sont très bons dans leur rôle respectif. Le dernier point fort, c’est que le film ne s’éternise pas. Principal défaut de beaucoup de westerns, celui-ci ne dure qu’une heure et demi et ne perd pas de temps dans une contemplation de décors ou dans des duels à n’en plus finir. On va droit au but, on montre la violence et cela fait vraiment du bien.

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Une bière ou une balle ?

Au final, Bandidos fait partie de ces bons westerns que l’on ne voit pas assez souvent. Sombre, relativement violent, sans concession, le film est très recommandable et montre des acteurs au diapason. Bien entendu, avec Artus, on  droit à une copie remarquable, avec une belle image et surtout un son agréable. Dans les bonus, un retour sur le film de Curd Ridel assez sympathique ainsi qu’un diaporama d’images du film sont présents. Bref, un film bon dans une copie de très bonne facture, alors pourquoi se priver ?

Note : 16/20

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Par AqME

ServalNote de Serval: 14/20 Un western de vengeance solide à la réalisation très soignée et aux personnages bien traités.

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