Roujin Z

Titre Original : Rôjin Z

De : Hiroyuki Kitakubo

Avec les Voix Originales de Chisa Yokoyama, Rica Matsumoto, Shinji Ogawa, Tamio Oki

Année : 1991

Pays : Japon

Genre : Animation

Résumé :

Dans un futur proche, l’humanité a réussi à dompter la technologie et bénéficie de tout le confort moderne. Mais un dernier enjeu pèse sur la société : le vieillissement de la population. Pour résoudre ce fléau grandissant, la médecine est remplacée par la robotique avec la création d’une machine nommée le « Z-001 », capable de prodiguer tous les soins nécessaires aux personnes âgées. Kijûrô Takazawa est le premier cobaye contraint à tester ce robot, bien que ce dernier aurait souhaité rester avec son ancienne infirmière, la jeune Haruko. L’expérimentation tourne mal et le Z-001 se transforme en arme de destruction massive.

Avis :

Hiroyuki Kitakubo est un réalisateur japonais assez peu connu par chez nous. Oscillant depuis la fin des années 70, il a à son actif pas mal de films et de séries, dont la plupart sont encore inédits chez nous et les autres sont finalement connus que par les passionnés de cinéma asiatique.

« Roujin Z » est un film dont je n’avais jamais entendu parler. C’est un film que j’ai découvert par hasard, dans un magasin d’occasion et c’est un film qui m’a accroché sur sa jaquette avec un mensonge. Et oui, sur cette jaquette, il y avait écrit en gros, « Par le réalisateur du film culte « Akira« . Forcément, il y a vraiment de quoi se laisser plus que tenter, mais au final, il se trouve que Katsuhiro Ōtomo n’a pas réalisé le film et que « Roujin Z » est l’adaptation d’un des mangas du célèbre réalisateur, même si ce dernier a aussi participé à l’écriture du scénario. Une déception donc, mais qui ne m’a pas empêché de me lancer dans la découverte, et même si « Roujin Z » n’est pas le grand film que je voulais voir, il n’en demeure pas moins un bon moment de cinéma intéressant.

Le Japon, proche de 2020, a de plus en plus de personnes âgées et peine à trouver des gens pour s’occuper de tous. Une société vient alors de mettre au point un lit qui gérerait tout seul la personne âgée qui ne serait plus autonome. Kijûrô Takazawa est un vieil homme seul, qui n’a pour compagnie que l’étudiante qui s’occupe de lui. Une étudiante qui passe des examens pour être infirmière. Kijûrô Takazawa est sélectionné, sans l’avoir demandé, pour être le premier vieillard à essayer le Z-001. Mais très vite le vieil homme ne se sent pas à l’aise, et bientôt l’expérience qu’on lui a infligée va mal tourner…

Film d’anticipation, « Roujin Z » est clairement de ces animés qui sont pour les adultes. Proche d’ »Akira« , on voit clairement l’influence de Katsuhiro Ōtomo sur le projet, Hiroyuki Kitakubo livre un film imparfait, mais qui demeure très intéressant et divertissant.

« Roujin Z » est un film qui a mal vieilli du point de vue de son animation. Le film respire la décennie dans laquelle il a été créé et il faut un petit moment pour s’y habituer de nouveau. Mais une fois le petit « choc » passé, le film se laisse suivre visuellement avec sympathie. Esthétiquement, « Roujin Z » est beau, avec de jolis tableaux et des scènes de combat assez étranges mais intéressantes. On remarquera toutefois que le film manque d’impact et d’originalité. Après peut-être est-ce la comparaison avec « Akira » qui fait aussi que le film a moins tendance à surprendre ?

Mais bon, ce n’est pas là la force de ce film. Si le divertissement est plaisant, c’est bien dans la thématique de son scénario que « Roujin Z » se fait le plus fort. Un scénario imparfait, notamment par le côté parfois absurde de son histoire. Un côté absurde qui est développé, car il y a des éléments qui sont mal amenés et connectés. D’ailleurs, je ne suis pas vraiment sûr d’avoir tout compris sur le comment cette machine finit par prendre vie. De plus, certains des rebondissements sont loin d’être convaincants vers la fin du film, où « Roujin Z » a une tendance à virer dans la surenchère, peut-être pour offrir encore plus de spectacle, alors que le film aurait mérité d’être plus apaisé et tirer vers le côté poétique et mélancolique. Une poésie et une mélancolie amenées par l’idée même de la conscience qui est enfermée dans cette machine.

Si le scénario a ses zones d’ombre, il a aussi et surtout ses zones éclairées et autant dire que c’est là la très grande force du film, au point qu’il nous en ferait presque oublier le côté obscur. « Roujin Z » est un film qui est clairement en avance sur son temps, d’un point de vue technologique. C’est un film qui parle déjà de la puissance d’internet et de ses dérives, il parle déjà de « réseaux sociaux », ou du moins à ce qui y ressemblerait. Dans les options du fameux siège, le vieillard peut jouer en réseau à des jeux de cartes par exemple. Le film parle de piratage informatique aussi. Puis le scénario va encore plus loin et est bien plus riche en abordant le vieillissement, les personnes âgées, la vie de vieux, le poids d’une personne âgée qui dépend d’une personne à charge. Que fait-on des personnes âgées quand les adultes sont bien trop occupés pour s’en occuper ? « Roujin Z » parlera aussi de la surpopulation, comme il parle d’une société toujours plus active qui ne prend plus le temps de vivre. Il parlera aussi du deuil, du souvenir, tout ça en le mélangeant à la conscience humaine, allant jusqu’à aborder l’intelligence artificielle et plus encore. C’est d’ailleurs un peu de ce côté que le film en fera parfois trop.

Si d’un côté le film est vieillissant, absurde et trop rocambolesque, il est aussi riche, intéressant, en avance sur son temps, touchant dans ce qu’il raconte, et beau dans son spectacle. Ce petit mensonge de jaquette m’aura donc fait découvrir un petit film amusant, drôle, triste, cinglant, engagé… Bref, un petit et bon moment de cinéma à découvrir.

Note : 12/20

Par Cinéted

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