octobre 24, 2020

Hot Fuzz

De : Edgar Wright

Avec Simon Pegg, Nick Frost, Timothy Dalton, Jim Broadbent

Année: 2007

Pays: Angleterre

Genre: Comédie, Action

Résumé :

A Londres, le policier Nicholas Angel est le meilleur de son équipe. Tellement bon qu’il fait passer ses collègues pour de simples gardiens de la paix. Le chef de la brigade décide donc de le « promouvoir » dans le petit village de Sandford, où il ne se passe rien. Aux côtés du policier local Danny Butterman qui rêve de devenir Mel Gibson, Nicholas règle quelques contraventions sans grand intérêt. Une série de crimes étranges va le remettre dans l’action…

Avis :

Tout le monde a des références. Avec la surconsommation actuelle, nous arrivons tous à nous construire une sorte de bibliothèque mentale de tout ce qui nous marque ou nous a marqué. Ainsi donc, on se retrouve avec des films, livres ou autres en tête, qui ont baigné notre enfance ou qui font partie de ces œuvres marquantes qui restent en mémoire. Le plus compliqué quand on est un créateur, et donc un réalisateur, c’est de savoir sciemment digérer ces références afin qu’elles ne transparaissent pas trop dans son modus operandi et éviter la pâle copie. A ce petit jeu, il y a un jeune réalisateur qui surpasse tout le monde, c’est Edgar Wright. S’il commence sa carrière de façon timide mais remarquée avec Les Allumés au début des années 2000, il se fera rapidement connaître en 2004 avec Shaun of the Dead. Comédie romantique avec des zombies, Shaun of the Dead est un film qui brasse toute une palanquée de références sur les morts-vivants, mais qui arrive à surprendre par un tour de force scénaristique et de mise en scène. Partant sur des bases solides et un agglomérat de fans conséquent, Edgar Wright décide alors de récidiver dans la référence avec Hot Fuzz, s’en prenant cette fois-ci aux films d’action des années 90.

Pour s’assurer un certain succès, Edgar Wright s’entoure de ses deux acolytes, à savoir Simon Pegg et Nick Frost, pour l’écriture du scénario, et bien évidemment pour jouer les deux policiers anglais. En réunissant cette équipe, très fidèle, on sent qu’il y a une vraie cohésion aussi bien dans le travail que dans l’ambiance générale. En effet, Hot Fuzz va être une comédie policière, mais qui sera teintée de beaucoup d’action, les principales références allant de Bad Boys 2 à Point Break. Ne s’en cachant même plus, Edgar Wright cite même ses films fétiches de façon frontale afin de mieux en jouer. Le film va donc jouir, tout du moins dans sa fin, de scènes d’action ultra dynamique et filmées de manière à être au plus près des personnages. Mais le plus drôle dans ces séquences, c’est que les policiers jeunes s’en prennent à de vieux roublards qui sont armés jusqu’aux dents. Edgar Wright va donc inverser les rôles, faisant du simple papy boiteux un dangereux criminel machiavélique. Complètement improbable sur le papier, le film va pourtant fonctionner à plein régime et les scènes d’action seront à la hauteur de nos espérances, enchainant fusillades, cascades et course-poursuite dans un rythme effréné.

Dis comme ça, on pourrait croire que Hot Fuzz n’est qu’un film d’action qui défouraille du vieillard à tout va, mais ce n’est pas totalement vrai. Le métrage va mettre quasiment une heure à démarrer dans son intrigue et dans son action. Avant cela, le réalisateur mise énormément sur la présentation des personnages et les relations étranges qui baignent ce village. On apprendra donc que Simon Pegg est envoyé dans ce bled car il fait de l’ombre à ses collègues londoniens et que ses résultats sont bien trop bons. Il se retrouve alors en rase campagne à faire connaissance avec un service de police complètement différent du sien, avec des amateurs de gâteau au chocolat et pour qui la succession de meurtre semble n’être qu’une suite de malheureux accidents. On va donc voir comment il s’acclimate à ce nouvel environnement, comment il fait connaissance et surtout, comment tout ce petit monde vit, se surveillant les uns les autres. Bref, Edgar Wright prend vraiment son temps pour construire son background et donne une ampleur à l’environnement du métrage. Pour autant, on ne s’ennuie pas car la mise en scène est très dynamique. Les plans se succèdent à une vitesse folle, il y a une énorme répartie dans les dialogue et on retrouve toute la fougue du cinéaste qui a envie de proposer un cinéma à la fois burlesque mais fait avec sérieux.

Un sérieux qui se retrouve dans le scénario. Car si on rigole beaucoup avec Hot Fuzz, il y a tout de même du fond et une vraie histoire avec une vraie enquête. Outre le fait de s’amuser avec les clichés et les différences entre les communautés urbaines et rurales, le film s’accorde surtout à parler de l’image que l’on véhicule, que l’on renvoie et ce que l’on est vraiment. Le fond du problème avec Hot Fuzz, c’est que le village de Sandford veut avoir sa tranquillité et continuer à gagner le concours du meilleur village d’Angleterre. Et à ce petit jeu, les vieux de la vieille veulent éliminer toute concurrence ou encore toute personne susceptible de faire baisser la note des jurys. C’est dans ce contexte que l’on voit toute l’étendue du message de ce film, voulant montrer que derrière les sourires et les avances, il peut se cacher un monstre d’intolérance. Là aussi, Edgar Wright joue avec ses références, présentant une sorte de secte machiavélique, ayant quelques principes mais pas trop. Il y a une réelle intelligence dans l’écriture et le final, qui nous ramène sur des flashbacks et d’autres fusils de Tchekov, est maîtrisée du début à la fin.

Au final, Hot Fuzz est tout simplement une pure réussite dans tout ce qu’il entreprend. C’est à la fois drôle, nerveux, intelligent et divertissant. Avec ce film, Edgar Wright cristallise les fans de la première heure et démontre qu’il est vraiment capable du meilleur, enchainant coup sur coup deux excellents films, citant ouvertement ses références, mais les digérant aussitôt pour imposer sa patte graphique, son rythme effréné et son envie d’un cinéma qui bouge.

Note : 18/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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