Dogville

De : Lars Von Trier

Avec Nicole Kidman, Paul Bettany, Patricia Clarkson, Jeremy Davis

Année: 2003

Pays: Danemark, France, Italie, Norvège, Suède, Finlande, Pays-Bas

Genre : Thriller, Drame

Résumé :

Dans les années trente, des coups de feu retentissent un soir dans Dogville, une petite ville des Rocheuses. Grace, une belle femme terrifiée, monte en courant un chemin de montagne où elle fait la rencontre de Tom, un jeune habitant de la bourgade. Elle lui explique qu’elle est traquée par des gangsters et que sa vie est en danger. Encouragée par Tom, la population locale consent à la cacher, en échange de quoi Grace accepte de travailler pour elle.
Lorsqu’un avis de recherche est lancé contre la jeune femme, les habitants de Dogville s’estiment en droit d’exiger une compensation, vu le risque qu’ils courent à l’abriter. Mais la pauvre Grace garde en elle un secret fatal qui leur fera regretter leur geste…

Avis :

On le sait, Lars von Trier est un cinéaste à part dans le paysage du cinéma. Dès son début de carrière, le réalisateur a offert un cinéma autre, un cinéma qui ne rentre pas dans les cases. Si les années 80 et 90 ont été pour Lars von Trier une montée en puissance, le nouveau siècle commence par une reconnaissance internationale quand son chef-d’œuvre « Dancer in the dark » obtient la Palme d’Or au festival de Cannes. Dès lors, Lars von Trier est attendu au tournant pourrait-on dire. Mais que faire, quoi faire, après un film si marquant ?

Eh bien il aura fallu attendre près de trois ans avant de revoir Lars von Trier et ce retour a de quoi perturber. Revenant avec « Dogville« , premier volet d’une trilogie qui ne sera sûrement jamais achevée, Lars von Trier bouleverse les codes du cinéma et offre un film qui oscille entre le drame, le théâtre, le mime et l’expérimental. Bluffant et terrifiant pour certains, prétentieux et inutile pour d’autres, « Dogville » est un film fascinant, qui propose autre chose. « Dogville« , c’est l’envie d’un réalisateur de dépasser les limites, et qu’on adore ou qu’on haïsse le film, le moins que l’on puisse en dire, c’est qu’il ne laissera personne indifférent…

Amérique dans les années 30. Dogville est une petite ville reculée et presque perdue dans les rocheuses Américaines. Un soir comme un autre, l’un des habitants entend des coups de feu retentir dans la forêt. Peu de temps après ces coups de feu, Tom, l’homme qui les a entendus, voit débarquer dans la ville Grâce, une jeune femme qui a l’air de fuir quelque chose. Très vite, Tom apprend que la jeune femme fuit des mafieux. Tom propose alors avec l’accord et donc la complicité des citoyens de Dogville, d’héberger et de cacher Grâce. Grâce va alors se lier avec les habitants de la petite bourgade, mais plus les jours, les semaines, peut-être même les mois, avancent et plus les relations entre Grâce et les habitants de Dogville, deviennent de plus en plus terrifiants…

S’il a bien un film qui se différencie parmi tous les films différentiables de Lars von Trier, c’est bien « Dogville« . « Dogville« , c’est une expérience unique, c’est un film concept, qui évidemment ne ressemble à rien de connu.

Dans son intrigue, « Dogville » est une histoire plutôt simple et qui peut se suivre sans grande difficulté. Ici, Lars von Trier nous raconte l’arrivée d’une femme qui pensait avoir échappé au pire et qui derrière les sourires et les fausses nouvelles amitiés, va peu à peu sombrer dans l’horreur. Avec « Dogville« , Lars von Trier fait une peinture cinglante d’une petite ville américaine guidée par la peur. La peur de l’autre, la peur de représailles, ou encore la peur d’un changement. Derrière les sourires, derrière les familles et autres habitants bien sous tous rapports, derrière les portes closes ou encore même derrière l’image d’une petite ville sans histoire, que se cache-t-il vraiment ? Ce que j’aime avec ce film, c’est que rien n’est blanc ou noir, Lars von Trier livre un film qui n’est que nuances de gris, il livre un film où chaque personnage, même Grâce, peut être capable du meilleur comme du pire. Alors bien entendu, comme on est chez Lars von Trier, « Dogville » ne mâche pas ses scènes, et il va falloir se préparer au choc, allant de la violence physique à celle psychologique.

Comme je le disais plus haut, « Dogville » est avant tout un film qui marque et qui s’aventure dans l’expérimental, et si l’intrigue est passionnante, la mise en scène de « Dogville » et l’idée même du film, peut en décourager plus d’un. « Dogville« , ce n’est pas une expérience simple et ce n’est pas un film qui se livre (si l’on peut dire) si facilement et c’est même à travers cette mise en scène très spéciale que les avis totalement opposés vont se forger. Pour raconter cette histoire, Lars von Trier a décidé de pratiquement effacer ses décors et ainsi tourner dans un hangar. La reconstitution de la ville de Dogville va être on ne peut plus minimaliste. Imaginez un peu le décor, les maisons, les rues, la végétation, et plus largement même l’horizon n’existe pas dans ce film, ou du moins cela existe à travers notre propre imaginaire. Ici, tout ou presque est dessiné à même le sol. « Dogville » sera donc un film qui va presque entièrement s’appuyer sur le jeu de ses acteurs et le défi dingue fonctionne à merveille. Pour vous dire, on ne voit pas les trois heures que dure le film passer (oui, histoire de corser la chose, il faut trois heures).

Il faut dire que pour nous aider (si l’on peut dire), Lars von Trier ne s’est pas choisi un petit casting. Outre une Nicole Kidman extraordinaire, qui tient une très grosse partie du film sur ses épaules, Lars von Trier peut se vanter d’avoir réuni ni plus ni moins que Lauren Bacall, Paul Bettany, Stellan Skarsgård, Patricia Clarkson, James Caan, Chloë Sevigny, Željko Ivanek, Udo Kier, Jeremy Davies … Bref, si l’on peut lui reprocher de ne pas avoir développé certains personnages comme il l’aurait fallu, ce casting est flamboyant et porte le film, l’histoire et la réflexion, au point de ne pas passer loin du chef-d’œuvre !

« Dogville » est donc un concept et comme tout concept, on n’y entre ou pas. « Dogville« , c’est un film dont on sait très vite si la séance va être bonne ou non, tant ce concept saute aux yeux et à l’esprit. Adulé par certains, détesté par d’autres, « Dogville » est pour moi un film fascinant, puissant, aussi beau qu’il est sombre (ce final magistral !). Je ne saurais conseiller ou non, tant l’expérience de « Dogville » est finalement tout à fait personnelle. Je dirais donc que si l’envie et l’audace vous en dit, « Dogville » est une expérience à tenter.

Note : 17/20

Par Cinéted

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