octobre 29, 2020

The Spy Gone North

Titre Original : Gongjak

De : Yoon Jong-Bin

Avec Jung-Min Hwang, Sung-Min Lee, Ji-Hoon Ju, Jin-Woong Jo

Année: 2018

Pays: Corée du Sud

Genre: Espionnage

Résumé:

Séoul, 1993. Un ancien officier est engagé par les services secrets sud-coréens sous le nom de code « Black Venus ». Chargé de collecter des informations sur le programme nucléaire en Corée du Nord, il infiltre un groupe de dignitaires de Pyongyang et réussi progressivement à gagner la confiance du Parti. Opérant dorénavant en autonomie complète au coeur du pays le plus secret et le plus dangereux au monde, l’espion « Black Venus » devient un pion dans les tractations politiques entre les gouvernements des deux Corées. Mais ce qu’il découvre risque de mettre en péril sa mission et ce pourquoi il a tout sacrifié.

Avis:

Yoon Jong-bin, si son nom ne nous dit rien, malgré le fait que plusieurs de ses films aient trouvé le chemin de nos salles de cinéma, est en Corée du Sud l’un des réalisateurs les plus influents et importants de son pays. Allant de carton en carton et ça dès son premier film, « The Unforgiven« , film qui était son film de fin d’études, Yoon Jong-bin aime le drame, il est engagé et son cinéma regorge alors de films qui à la lecture des synopsis donnent très envie de les découvrir, entre critique du système militaire, prostitution masculine, film de gangsters ou encore le parcours d’une sorte de « Robin des bois » coréen. La filmographie de Yoon Jong-bin donne très envie de la découvrir et encore plus après « The spy gone north« .

« The spy gone north » est le sixième film de Yoon Jong-bin et l’on peut dire que le réalisateur s’est lancé dans un projet très ambitieux. Relatant des faits réels, avec « The spy gone north« , Yoon Jong-bin nous entraîne dans un film d’espionnage et d’infiltration entre les deux Corée ennemies. Complexe dans sa trame qui demeure une certaine rigueur pour la suivre, passionnant dans son intrigue et finalement terriblement émouvant, « The spy gone north« , c’est le cinéma coréen qui tient son « … pont des espions« . Engagé, politiquement passionnant, parfait dans sa mise en scène… Bref, Yoon Jong-bin ne passe pas loin du chef-d’œuvre !

Séoul, 1993, un ancien espion est engagé pour une nouvelle division des services secrets. Son nom de code ? « Black Venus ». Sa mission ? Prendre contact avec des dirigeants de la Corée du Nord afin de découvrir si oui ou non, cette dernière a l’arme nucléaire. Black Venus, qui sera en complète autonomie, va alors se faire passer pour un homme d’affaires travaillant dans le domaine de la publicité. Cette mission hautement dangereuse va alors se révéler être plus importante encore qu’il ne l’aurait jamais pensé.

Le cinéma d’espionnage donne bien souvent naissance à de bons divertissements, mais parfois, il peut donner naissance à de grands films et « The spy gone north » fait assurément partie de ceux-là.

« The spy gone north« , c’est avant tout un récit puissant qui ne laissera personne indifférent. Un récit politique, engagé, humain et touchant. C’est un récit qui va dépasser ses personnages qui se surveillent les uns les autres. Ces personnages qui « travaillent » ensemble sans vraiment se faire confiance. Le récit n’est pas si évident que cela, dans le sens où « The spy gone north » demande de la rigueur et une attention totale, mais le jeu en vaut tellement la chandelle. Yoon Jong-bin approche des sujets sensibles, et arrive à parfaitement maintenir une ambiance forte et tendue, alors même qu’on trouvera peu d’action dans son film. « The spy gone north » aborde toujours ses sujets et son intrigue de manière à toujours piquer notre intérêt. On suit l’évolution de ces personnages sur plusieurs années et à travers ce récit, on peut retrouver une partie des histoires des deux Corée contemporaines.

On appréciera aussi beaucoup la justesse du scénario et de la mise en scène. Yoon Jong-bin ne fait pas dans le superflu, il ne tire pas sur la corde sensible, il ne donne pas dans le pathos. Non, le réalisateur a su parfaitement mélanger le plaisir du film d’espionnage, l’essentiel du film politique, et l’émotion d’une intrigue, voire d’un drame Shakespearien, et l’on ne voit pas les deux heures vingt que dure le film passer. Bref, le matériel de base était déjà grand, et le travail fourni par Yoon Jong-bin et ses équipes se ressent à n’importe quel moment de ce film.

Un travail qui est une belle claque d’ailleurs quand on découvre la reconstitution prodigieuse de la Corée du Nord. Franchement, on peut croire qu’il a été tourné en ces lieux.

L’intrigue est profonde et passionnante, la mise en scène est une leçon de cinéma, mais Yoon Jong-bin ne s’arrête pas là, et nous offre des personnages bouleversants. Des personnages qui vont être tenus par des situations extraordinaires et qui veulent œuvrer pour le bien commun face à la bêtise de l’être humain. Puis ce sont des personnages tenus par des acteurs merveilleux, Hwang Jung-min (« Battleship Island« , « New World« ) démontre tout le bien qu’on pensait de lui, quant à Lee Sung-min, c’est une magnifique révélation !

Cette plongée dans l’espionnage et surtout la politique des deux Corée fut donc passionnante de bout en bout. Riche, complexe et inattendu, prenant et tendu, dur et touchant, voire bouleversant, tenu par une mise en scène rigoureuse, riche de cette façon non-spectaculaire de nous raconter cette histoire, pour son sixième film, Yoon Jong-bin a été très ambitieux et le résultat est terrible. Un résultat qui mérite bien plus que ses trente-deux salles qu’on lui a accordé.

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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