Mimic

De : Guillermo Del Toro

Avec Mira Sorvino, Jeremy Northam, Josh Brolin, F. Murray Abraham

Année : 1997

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Pour juguler une épidémie propagée par des insectes, le docteur Susan Tyler et son mari Peter Mann manipulent le code génétique des petites bêtes, créant ainsi une génération de clones qui détruit ses congénères. Trois ans plus tard, le remède a donné vie à une espèce mutante qui habite dans les sous-sols de la ville. Ces insectes ont maintenant la taille de l’homme et sont dotés d’un système de camouflage naturel, le mimétisme.

Avis :

Guillermo Del Toro est un réalisateur qui s’est imposé assez rapidement dans le domaine du film d’horreur ou du film fantastique. Après un Cronos qui parlait de vampirisme de façon original et intéressante, il s’est rapproché d’Hollywood et a pu faire avec Mimic un film au budget plus conséquent tout en restant dans son domaine de prédilection, les monstres. Car oui, absolument tous ses films abordent le sujet du monstre au sein de notre société et de la façon que l’on a de le voir et de le juger, nous, êtres humains, qui plaçons la normalité là où ça nous arrange. Et s’il a marqué le public avec des œuvres fondamentales et importantes comme Le Labyrinthe de Pan ou La Forme de l’Eau, avec Mimic, on remarquera que le scénario est plus binaire mais que la réflexion sur les monstres, piégés dans leur condition, est déjà présente, même si elle moins explicite que dans ses autres œuvres. Et le plus étonnant, c’est que plus de vingt ans plus tard, le film marche toujours et les effets spéciaux n’ont quasiment pas vieilli.

Avec Mimic, Guillermo Del Toro s’essaye au film de monstre dans lequel les créatures sont les véritables méchantes. En effet, on va retrouver des cafards mutants capables de prendre une apparence humaine pour mieux s’en approcher et les tuer. Ainsi, une équipe de chercheurs et d’entomologistes vont aller dans les égouts de New-York pour débusquer les bestioles et les éradiquer. L’histoire est assez simple, et quand on regarde la filmographie du mexicain aujourd’hui, on se rend compte que c’est peut-être son film le moins abouti, et pourtant, il recèle bien des choses intéressantes. Par exemple, les créatures ne sont pas méchantes pour rien. Elles sont déjà la création d’une personne qui a voulu jouer à Dieu en créant une nouvelle espèce et qui n’a pas su contrôler leur prolifération. De ce fait, on peut prendre ça comme une vengeance sur des humains incapables d’assumer leurs actes, ou tout du moins capables d’abandon et d’oubli. Et si ces monstres sont si « méchants », c’est aussi dans un besoin de se nourrir et non pas de tuer pour le plaisir. Ici, la bestiole est animale et les seules choses importantes sont la nourriture et la reproduction. Du coup, nous sommes plutôt face à un combat entre humains et nature créée de toute pièce.

Mais ce qui est intéressant dans Mimic, outre son rapport aux insectes, c’est aussi le rapport qu’ont les humains entre eux. Le cinéaste ne va pas faire des liens directs et bien souvent, les protagonistes vont avoir du mal à discuter entre eux. Si l’on excepte Mira Sorvino qui est la gentillesse incarnée ou encore le jeune enfant autiste qui ne fait de mal à personne, tout le reste des personnages sont assez détestables. Jeremy Northam, malgré son côté mari aimant, est un homme impulsif, un peu jaloux et qui rentre dans les gens quand il n’a pas ce qu’il veut. C’est un peu la même chose avec Charles S. Dutton qui joue un flic très procédurier, qui n’hésite pas à utiliser la manière forte et qui est relativement désagréable. Sans parler de Josh Brolin qui campe un gars du CDC sûr de lui et même arrogant. Bref, tout ce petit monde possède un caractère assez détestable, et ils vont être punis tour à tour de façon plus ou moins directe. Et c’est avec une menace grandissante qu’ils sont obligés de coopérer pour tenter de s’en sortir sains et saufs. En faisant ainsi, Del Toro montre la complexité de l’être humain et son incapacité à vivre ensemble, ou même à s’aider. Alors que la bestiole possède une société très cadrée et s’en sort finalement presque mieux que l’Homme.

Ce qui a de fort dans Mimic aussi, c’est la mise en scène inspirée du cinéaste. Si nous sommes encore très loin des envolées lyriques d’un Labyrinthe de Pan ou des plans léchés d’un Crimson Peak, on retrouve tout de même quelques bribes qui deviendront une récurrence dans le cinéma de Del Toro comme les lignes de fuite, une photographie assez sombre, très saturée avec des grands aplats de noir. Le budget étant minimal et les séquences se déroulant quasiment uniquement de nuit dans les sous-sols du métro, il a fallu trouver une lumière assez sombre pour pouvoir y voir quelque chose, tout en rendant l’ensemble glauque et sinistre. Ainsi, on remarquera que les jaunes pâles et les bleus prédominent dans cette histoire, donnant à l’ensemble une atmosphère oppressante et un climat assez étouffant. Du coup, le film fonctionne relativement bien et on ressent la peur à plusieurs niveaux, ce qui est très intéressant. Bien évidemment, le film n’est pas exempt de défauts, comme des effets spéciaux qui ont un peu vieilli, un happy end assez risible et un scénario finalement cousu de fil blanc, mais le film fonctionne et c’est bien tout ce qu’on lui demande.

Au final, Mimic reste peut-être le film le moins passionnant de Guillermo Del Toro et pourtant, plus de vingt ans plus tard, il fonctionne encore et donne quelques sueurs froides avec cette chasse aux insectes. Outre le fait qu’il soit plus intelligent qu’il n’y parait, le métrage possède aussi une âme, une recherche dans la lumière et l’ambiance donnée, montrant quelques bribes que ce que deviendra le cinéma de Del Toro, quelque part entre Blade 2 et The Strain. Bref un film encore bien recommandable même s’il reste le plus faible de la filmographie de son auteur.

Note : 15/20

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Par AqME

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