octobre 24, 2020

La Fée, la Pie et le Printemps – Elisabeth Ebory

Auteur : Elisabeth Ebory

Editeur : ActuSF

Genre : Urban Fantasy

Résumé :

En Angleterre, les légendes ont été mises sous clé depuis longtemps. La fée Rêvage complote pour détruire cette prison et retrouver son pouvoir sur l’humanité. Elle a même glissé un changeling dans le berceau de la reine…
Mais Philomène, voleuse aux doigts de fée, croise sa route. Philomène fait main basse sur une terrible monture, des encres magiques, un chaudron d’or et même cette drôle de clé qui change de forme sans arrêt. Tant pis si les malédictions se collent à elle comme son ombre… Philomène est davantage préoccupée par ses nouveaux compagnons parmi lesquels un assassin repenti et le pire cuisinier du pays. Tous marchent vers Londres avec, en poche, le secret le plus précieux du royaume.

Avis :

Le roman nous plonge dans un univers vraiment beau, mignon et tout en couleurs. Les personnages en sont aussi pour quelque chose. Les descriptions sont fleuris et poétiques, comme le ton du roman qui nous offre un langage magnifique et lyrique, tout en douceur et délicatesse. Même les chapitres sur la méchante de l’histoire ne parviennent pas à effrayer le lecteur, trop attendri par le cadre et le contexte.

Le roman est divisé entre des chapitres à la première et d’autres à la troisième personne. Ceux à la première personne sont ceux racontés par Philomène, une fée voleuse, courageuse et forte au caractère bien trempé, forgé par un passé houleux et douloureux. Les autres varient même si ceux observant les actions de la méchante sont majoritaires. Cette façon de faire est risquée étant donné qu’elle en dévoile bien trop sur les plans de l’ennemie du roman, ne donnant finalement plus de secret au lecteur qui connaît aussi bien les héros que les autres. Cela enlève une grande part de suspens car les plans de la méchante sont vite dévoilés. Cela donne tout de même un fil conducteur qui éclaircit les choses. Les héros et les ennemis prennent néanmoins un temps fou pour enfin se croiser. Cependant, une fois cela fait, le rythme du récit accélère et bien trop.

Les personnages que rencontre Philomène sur sa route sont énigmatiques et charismatiques à souhait. Od est un jeune homme à l’aura mystique qui préfère voyager seul qu’avec ses amis. Clem, fieffé combattant au cœur pur, est charmant et a l’allure du véritable prince. Il se comporte avec courtoisie avec Philomène qui se laisse séduire. Vik est une jeune fille bien téméraire qui aime jouer la princesse et l’enfant capricieuse. S est très jeune et ressemble à un étudiant amoureux de la curiosité et au regard incisif sur tout ce qu’il touche. Son parlé poétique touche Philomène qui n’a de cesse de s’en vouloir de l’encourager à parler étant donné que S aime discourir sans s’arrêter. Philomène les rencontre petit à petit et lors de situations amusantes et originales. En mission, elle se laisse distraire et s’attache à ce petit groupe tout à fait cocasse. Les premiers chapitres nous font découvrir les personnages à tour de rôle en mettant en avant leur passé et quelques-unes de leurs aventures les plus extravagantes.

Le roman peut être considéré comme étant coupé en deux : la première moitié du livre décrit les personnages et les présente petit à petit alors que la seconde moitié est une suite d’actions qui s’enchaînent rapidement, ne laissant plus guère de place aux personnages. Philomène perd en charisme lors de cette seconde phase, et apparaît plus faible que ce à quoi le lecteur se serait imaginé. Un autre personnage, Od, prend plus d’ampleur et est totalement transformé. Du ténébreux compagnon de voyage mystérieux, il devient un être puissant capable de sauver ses amis. Clem perd en prestance, devient quelqu’un de plus maladroit et un mauvais chef d’équipe. Vik et S font plus que l’âge, se montrent débrouillards et plein de ressources. Les prénoms choisis sont curieux et ajoutent à cet univers un brin de folie bienvenue.

Cet enchaînement d’actions gâche le roman qui commençait si bien. La deuxième partie n’est que combat et course-poursuite, n’apportant rien de bien croustillant à l’histoire, si ce n’est quelques attaques magiques et de l’action à outrance. La fin arrive rapidement, se résout vite et s’arrête brutalement. Même si la conclusion est plutôt satisfaisante, toutes nos interrogations ne sont pas satisfaites. De plus, un des points importants de l’intrigue apparaît comme peu original mais la tournure de la découverte ne déçoit tout de même pas.

L’univers est original dans sa manière de traiter des fées. Les romans ajoutant des éléments surnaturels à notre monde se font légion et n’étonnent plus beaucoup. Ici, l’univers des fées est bien décrit même s’il reste encore mystérieux. Ce que le lecteur découvre change de ce qui peut se trouver dans la majorité des romans du thème. Les passages entre les mondes sont fins et mènent dans des lieux d’une beauté insoupçonnée, les pouvoirs féériques sont intéressants et peuvent s’appuyer sur des armes qui font penser à une atmosphère steampunk, et les combats entre fées sont impressionnants et toute en puissance.

Ce roman est une bouffée d’air frais qui fait du bien, malgré des actions trop présentes sur la fin et sans grand intérêt pour la résolution des différentes intrigues. Les personnages sont attachants, notamment Philomène qui est une fée meurtrie à la force insoupçonnée.

Note : 13,5/20

Par Lildrille

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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