J. Edgar

De : Clint Eastwood

Avec Leonardo DiCaprio, Armie Hammer, Naomi Watts, Josh Lucas

Année : 2012

Pays : Etats-Unis

Genre : Biopic

Résumé :

Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, J. Edgar Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie.

Avis :

L’histoire politique des Etats-Unis regorge de personnages hauts en couleurs et que l’on aime voir en biopic. La raison est toute simple, cela permet d’en apprendre plus sur des hommes influents et qui ont contribué à certaines choses inhérentes à notre époque. Que ce soit Abraham Lincoln, Roosevelt, Kennedy ou bien Hoover, tous ces hommes ont changé la face de leur pays et parfois même du monde. De ce fait, il est presque logique de consacrer un film à chacun, mettant en lumière des personnalités fortes et des destins hors du commun. Seulement voilà, faire un biopic en se renseignant, ça peut paraitre assez facile, et le gros risque, c’est de rendre son métrage long et chiant, ne mettant en avant qu’une succession de tranches de vie, oubliant le côté divertissant du septième art. Et c’est un peu ce que fait Clint Eastwood avec ce J. Edgar.

Le film joue continuellement sur deux temporalités, à savoir le présent où Edgar Hoover est vieux et fait écrire ses mémoires, et une autre où il est jeune, et qui est une illustration de ce qu’il raconte. Clint Eastwood va d’entrée de jeu essayait de brouiller les pistes temporelles pour accrocher le spectateur. Un coup Hoover est jeune, un autre coup il est âgé, sans que cela ne soit notifié et c’est au spectateur de faire un effort de compréhension. Si c’est assez évident par la suite, on ne va tarder à y voir une sorte d’esbroufe de la part du réalisateur qui essaye de tenir l’attention de son public comme il peut, non pas à cause d’un scénario linéaire, mais à cause d’un rythme lent et parfois très lénifiant. La vie de Edgar Hoover est clairement passionnante et elle oscille constamment entre secret d’état et cachotterie auprès du gouvernement pour se hisser au plus haut le plus longtemps possible. Malheureusement, Eastwood instaure un faux rythme à son métrage, le rendant par moments vivifiant, puis parfois complètement mou et sans grand intérêt.

Même au niveau de la mise en scène, le réalisateur semble en deçà de ses capacités. Entre des enchainements de champs/contre-champs et des plans larges pour montrer la grandiloquence de certains bâtiments, nous sommes face à quelque chose de très académique et qui manque vraiment d’identité visuelle. Mais le plus dommageable n’est pas tant cette mise en scène basique. Le plus problématique dans cette œuvre, c’est que Edgar Hoover était un enfoiré de première qui n’avait pas de femme, pas d’enfants et encore moins d’amis. Il n’hésitait pas à écraser tout le monde, à jouer l’opportuniste pour paraître à la une des médias ou encore à faire chanter pour garder sa place au plus proche du gouvernement. Avec un tel personnage, il est difficile de sentir de l’empathie et c’est un peu le reproche que l’on peut avoir sur le film, il manque d’émotion et on n’est pas touché par cet homme, mais plutôt révulsé. D’ailleurs, et c’est un bon point, (comme quoi le film demeure réussi sur certains aspects) le film évite l’hagiographie et on aura un vrai portrait cynique de ce personnage qui sera l’instigateur du FBI. Clint Eastwood ne cherche pas à redorer le blason de cet homme, mais à raconter de façon cohérente et juste la vie de ce personnage qui méprisait quasiment tout le monde.

Fort heureusement aussi, les acteurs du film sont très bons. En tête de liste, difficile de ne pas citer Leonardo DiCaprio qui tient le rôle-titre et qui s’en sort avec les honneurs. Il semblerait que le rôle lui tenait à cœur, puisqu’il a accepté de jouer pour un salaire de 2 millions au lieu des 20 millions habituels. Il est tout simplement bluffant dans ce rôle, aussi bien jeune qu’âgé avec un maquillage impressionnant. L’acteur donne tout ce qu’il a et il est vraiment détestable dans la peau de cet homme bourré de contradictions. A ses côtés, on retrouve Armie Hammer, qui est lui aussi excellent. Le jeune acteur campe le compagnon d’Hoover (car oui, il était homosexuel mais il ne fallait pas le dire) et il sera plus dans l’empathie. Le personnage est plus fébrile, plus fleur bleue, et l’acteur possède le physique adéquat pour ce genre de rôle. Le seul problème réside dans son maquillage en homme âgé, qui fait très superficiel. Enfin, il faut aussi compter sur la présence de la douce Naomi Watts, qui campe un personnage qui jouera un rôle essentiel dans la vie de Hoover et qui sera, elle aussi, très touchante dans sa relation.

Au final, J. Edgar demeure tout de même un film assez mineur dans la filmographie de Clint Eastwood. Est-ce à cause du personnage traité qui nous touche peu ? Est-ce à cause d’un rythme lent et de palabres incessantes ? Est-ce à cause d’une linéarité narrative autour d’un personnage pour lequel on ne ressent que du dégoût ? Peut-être est-ce tout ça à la fois, mais quoi qu’il en soit, J. Edgar est intéressant car il donne envie d’en savoir plus sur la vie de Hoover et savoir comment il a pu tenir aussi longtemps, officiant sous huit présidents différents. Bref, un film assez didactique mais qui a oublié le rôle premier d’un film, celui d’être divertissant, et c’est dommage…

Note : 13/20

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Par AqME

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