Deep in the Darkness

De : Colin Theys

Avec Sean Patrick Thomas, Dean Stockwell, Kristen Bush, Blanche Baker

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Un docteur et sa famille emménagent dans une petite ville calme. Mais très vite, ils découvrent que ses habitants cachent un sombre secret.

Avis:

Le film d’horreur est un genre assez souvent sollicité car il permet d’aborder d’une certaine manière des thématiques importantes ou encore tabous. Que ce soit des problèmes de société, de racisme, d’intolérance ou encore de génération, le film d’horreur semble être un terrain privilégié d’exploration et de d’expérimentations. Et les films qui ont su s’élever au-dessus du simple divertissement gore sont nombreux, comme Get Out de Jordan Peele pour citer le dernier phénomène le plus flagrant, mais cela remonte depuis bien longtemps et La Nuit des Morts-Vivants de George A. Romero, qui manque atrocement au cinéma. Et si on cite Get Out dans cette chronique, ce n’est pas pour rien, car on peut trouver quelques similitudes avec Deep in the Darkness, même si le sujet est totalement différent. Réalisateur qui ne fait pas de vague mais qui semble inspiré par le genre, Colin Theys (qui signe Animal, un survival animalier et un autre film qui est une adaptation d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe) livre avec ce métrage quelque chose qui aurait pu être grisant et prenant, mais qui s’enlise dans le bis, voire le Z en milieu de film, pour ne plus jamais lâcher ses mauvaises idées. Oui, Deep in the Darkness n’est pas terrible, et on ne peut que pester car ce film raté de peu.

Les accointances avec Get Out sont visibles dès le début, car on pourrait croire que le film va se servir du racisme pour narrer une bonne vieille histoire de rednecks. On va assister à l’arrivée dans un bled paumé et étrange d’un médecin noir avec sa famille, et la prise de contact avec les gens va être bizarre. Entre des regards curieux, des jeunes blondes affamées sexuellement et une famille étrange dont la femme semble s’être fait mordre par un animal sauvage à la bouche, tout est réuni pour placer le nouvel arrivant dans une sorte d’embarras pénible. Et c’est seulement lorsqu’il refuse de faire un sacrifice animalier sur un autel que les choses vont commencer à devenir lugubre. Jusqu’à cet instant, le film avait de quoi questionner et pouvait susciter un certain malaise. D’ailleurs, certaines réflexions sur la couleur de peau du médecin sont parfois savoureuses et mettent en exergue un racisme latent. Il est juste dommage que Colin Theys n’ait pas exploité adroitement ce sujet-là, qui aurait été plus brillant que tout le reste du film.

Parce que la suite n’est vraiment pas fameuse. On va rapidement apprendre que si les gens font des sacrifices animaliers, c’est parce qu’il y a dans la forêt et les cavernes entourant le village, des créatures humanoïdes qui n’hésitent pas à zigouiller le quidam qui n’aurait pas la force de faire une offrande. Entre l’homme des cavernes et le démon, ces créatures vont faire régner la terreur dans cette pauvre petite bourgade. Et c’est bien là que le film va sombrer dans le bis le plus vide de sens. Les créatures refusent de tuer le médecin parce qu’il leurs est utile. En effet, il va permettre à une des créatures de donner naissance à un bébé, avant qu’elle meure d’une septicémie. C’est à ce moment-là qu’il se rend compte que les créatures sont cannibales et qu’il décide de prendre sa famille pour se barrer loin de là. On se rend bien compte que le film accumule donc les incohérences et n’arrive pas à trouver une trame intéressante pour son fond. Le côté « rednecks » racistes passe alors à latrappe pour sombrer dans un survival qui n’a ni queue ni tête, avec des créatures qui décident de kidnapper certaines personnes et d’en buter d’autres, de façon un peu aléatoire. Rajoutant à cela une histoire de secte et d’héritage familial maudit et on obtient une fin rocambolesque, d’une nullité abyssale.

Le pire dans tout ça, c’est que c’est relativement mal shooté. Si le manque de budget se faire sentir, on regrettera surtout un montage complètement aléatoire, qui pourrait faire croire que le film n’est pas dans le bon ordre. A titre d’exemple, on va voir le « héros » préparer sa douche, entendre un bruit, farfouiller alors dans la maison, puis sans coupure, il passe une porte avec une autre tenue et sa fille dans les bras. C’est fait de telle façon que l’on pourrait croire qu’il manque un morceau au film, d’autant plus que la partie d’exploration dans la maison essaye tant bien que mal de faire monter une tension qui s’avachit complètement avec cette rupture incongrue. Et ce ne sera pas le seul passage à être mal foutu. Il faut aussi noter des moments d’action foirés. Colin Theys n’a pas le talent requis pour filmer quelques bousculades et cela se voit. Les chutes sont très mal réalisés, la caméra bouge sans arrêt et surtout, il n’y aucune dynamique là-dedans. On voit que c’est du chiqué et franchement, on a vraiment de la peine à voir cela. Le seul petit point positif que l’on peut trouver avec ce film, c’est un côté gore qui s’assume parfaitement. On aura droit à divers passages un peu sales, mais qui finalement font contraste avec l’ambiance voulue, puisque l’on a une montée en pression, qui sombre dès que les monstres arrivent et avec eux les meurtres un peu sales. Le réalisateur n’arrive pas à se positionner et cela se voit sur l’écran. Si on ajoute à tout cela un ennuie qui pointe rapidement le bout de son nez à cause d’un rythme lénifiant et d’acteurs pas crédibles; on se rend vite compte que Deep in the Darkness brasse beaucoup de vent.

Au final, Deep in the Darkness est un tout petit film d’horreur qui partait plutôt bien et essayait de surprendre son public avec une thématique sur le racisme plutôt bien trouvée, mais qui sombre ensuite vers le potache et le Z à cause d’un scénario complètement pété et d’hommes des cavernes cannibales qui chapeautent leur petit monde. Colin Theys offre une mise en scène fainéante, parfois à la ramasse (notamment sur les scènes d’action), pour un film qui sera vite oublié et ne marquera certainement jamais les esprits.

Note: 06/20

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Par AqME

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