Eths – III

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Avis :

En seulement trois albums, Eths a su se faire un nom au sein de l’entreprise métal française. Originaire de Marseille, ville plutôt connue pour ses rappeurs que pour ses métalleux, le groupe connait divers changements de formation autour d’une chanteuse, Candice et de deux autres membres du groupe. Cependant, c’est en 2006 que le groupe sort son premier album, Soma qui va faire un joli carton. Instaurant un métal percutant, violent avec une ambiance sourde et malsaine, le groupe se taille une réputation de gothique avec des paroles parlant de l’adolescence et des passages difficiles à ce moment-là de notre vie. Le groupe connait le succès grâce aussi à la chanteuse, qui possède une voix gutturale, mais qui peut aussi aller vers les aigus. En 2007 sort Tératologie, et il reste dans la même veine que le premier album, avec une ambiance malsaine et des paroles parfois très crues, parfois difficiles. III est donc le troisième album du groupe et il sort dans les bacs en 2012. Fort d’un premier clip étonnant marquant un changement visible dans l’esprit du groupe, les fans se sont un peu affolés et ont eu peur de perdre cette ambiance propre aux pires films d’horreur. Alors qu’en est-il vraiment avec cet album ? Plus travaillé ou dans l’air du temps ? Marque-t-il un réel changement dans l’esprit du groupe ? Sortez les boules Quiès, sinon vous aurez des acouphènes !

Le premier titre de l’album reste dans la veine de ce que faisait Eths avant. Mais cela va vite changer avec un deuxième titre beaucoup plus hardcore que d’habitude, et cela va être la ligne de conduite de tout le skeud. Délaissant progressivement une atmosphère angoissante pour un métal plus vif proche du trashcore, le groupe semble se diriger progressivement vers quelque chose de plus travaillé, mais aussi de moins malsain. Les musiciens du groupe sont toujours aussi bons. Les guitares saturées lâchent des riffs agressifs et bien pesants, et la batterie fait son job en jouant très rapidement et assumant une présence plus importante. Par contre, on aura droit à beaucoup plus de présence musicale et en ce sens, ce n’est pas plus mal. Par exemple, Gravis Venter aura un final bien senti avec que les instruments et une présence symphonique rajoutant un petit côté épique à tout cela. C’est d’ailleurs ce qui ressort le plus à l’écoute de cet album, car la présence symphonique, bien que peu présente, renforce cette sensation de changement au sein de groupe, privilégiant peut être une direction plus métal classique. L’autre impression que donne le groupe, c’est un aspect plus guerrier, se rapprochant plus d’une histoire de guerrier dans le moyen-âge, et les bruitages sont très présents, comme le chant des corbeaux dans Inanis Venter ou encore les éclairs dans Proserpina. Les différentes chansons avec des titres en latin et faisant référence à des divinités romaines, renforcent encore cette impression.

L’autre grosse surprise de l’album, c’est une plus grande alternance entre chant clair et meuglement de Candice. Les cris sont toujours aussi efficaces et elle peut sans problème faire peur à des dealers dans les rues de Marseille avec sa voix, mais elle montre aussi un côté plus doux, avec une voix presque enfantine. Cette alternance est bien sympathique et les morceaux au chant clair sont plus nombreux, comme notamment Gravis Venter. Cependant, sur certaines pistes, elle ne semble pas très à l’aise et n’assume pas encore pleinement cette voix, comme dans Proserpina par exemple. Parfois, certains passages font penser à du Static-X, comme dans Hercolubus, avec l’ajout de morceaux électroniques en fond sonore et en rupture. On terminera l’album avec un gros morceau de plus de sept minutes, donnant un aspect métal symphonique grandiloquent, mais à la place d’une voix lyrique, on a une grosse voix. Ceci dit, l’album reste très cohérent dans sa strucutre et n’apporte qu’un gros changement au niveau des paroles et des rythmiques.

Résolument plus dense que les deux précédents albums, mais aussi plus varié, III est un bon album. Les rythmes sont plus lourds, délaissant une ambiance malsaine, un peu trop adolescente mal dans sa peau, pour favoriser quelque chose de plus mature et donc marquant une évolution certaine du groupe. A noter qu’il y a deux pistes bonus, dont une abominable reprise de Music de Madonna, qui est vraiment à vomir, mais un excellent solo d’un chanteur à voix grave, avec le morceau 7. Bref, un album qui change, mais qui montre le talent des musiciens du quintet et qui montre aussi que Candice peut aller franchement dans le chant clair, apportant une certaine candeur et fraîcheur sur certains passages.

  1. Voragine
  2. Harmaguedon
  3. Adonaï
  4. Gravis Venter
  5. Inanis Venter
  6. Sidus
  7. Proserpina
  8. Hercolubus
  9. Praedator
  10. Anatemnein
  11. Music
  12. 7

Note : 15/20

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