octobre 26, 2020

Pacific Rim Uprising – Nique Jaeger

De : Steven S. DeKnight

Avec John Boyega, Scott Eastwood, Cailee Spaeny, Rinko Kikuchi

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction

Résumé :

Le conflit planétaire qui oppose les Kaiju, créatures extraterrestres, aux Jaegers, robots géants pilotés par des humains, n’était que la première vague d’une attaque massive contre l’Humanité.
Jake Pentecost, un jeune pilote de Jaeger prometteur dont le célèbre père a sacrifié sa vie pour sauver l’Humanité des monstrueux Kaiju a depuis abandonné son entraînement et s’est retrouvé pris dans l’engrenage du milieu criminel.
Mais lorsqu’une menace, encore plus irrésistible que la précédente, se répand dans les villes et met le monde à feu et à sang, Jake obtient une dernière chance de perpétuer la légende de son père aux côtés de sa sœur, Mako Mori – qui guide une courageuse génération de pilotes ayant grandi dans l’ombre de la guerre. Alors qu’ils sont en quête de justice pour leurs camarades tombés au combat, leur unique espoir est de s’allier dans un soulèvement général contre la menace des Kaiju. Jake est rejoint par son rival, le talentueux pilote Lambert et par Amara, une hackeuse de Jaeger âgée de 15 ans, les héros du Corps de Défense du Pan Pacific devenant la seule famille qui lui reste.
S’alliant pour devenir la plus grande force de défense que la Terre n’ait jamais connue, ils vont paver un chemin vers une extraordinaire nouvelle aventure.

Avis :

Les robots géants ont toujours fasciné les âmes des petits enfants. Que ce soit pour leur gigantisme, leur transformation ou encore leur façon de combattre le mal, les Gundam ont réussi le tour de force de se faire connaître à travers le monde entier, et pas seulement au Japon, leur pays de naissance. Cependant, les animés ont toujours eu un mal fou à asseoir une certaine domination mondiale, notamment à cause de la récupération américaine avec les Transformers. Et on s’est vite rendu compte qu’au cinéma, malgré un spectacle pétaradant, ce n’est pas ça. Michael Bay, de façon putassière, nous a servi une franchise bas de gamme, qui ne vaut le coup d’œil que pour ses effets spéciaux et ses explosions dantesques. Malheureusement, le petit garçon qui reste dans un coin de notre tête ne peut se satisfaire d’une œuvre cynique, qui souille ses souvenirs et industrialise ses rêves de gosse et sa façon de jouer. Puis est arrivé Pacific Rim de Guillermo Del Toro.

Alors oui, certains diront que c’est sensiblement pareil que la franchise des Transformers, que l’on voit de gros robots s’en prendre à des extraterrestres gigantesques et que les personnages sont tous clichés et rébarbatifs. Mais il ne faut pas oublier que Pacific Rim est une création originale, qu’il se veut être un hommage aux films de Kaiju (les grosses bestioles destructrices dans la veine de Godzilla) et qu’en faisant cela, il enlève toute forme de cynisme de son métrage. Même si le film possède des défauts, comme des personnages pour lesquels on va ressentir peu d’empathie, il n’en demeure pas moins un grand spectacle, avec une beauté visuelle sidérante que l’on doit à son réalisateur. Et faire une suite de cela ne semblait pas une bonne idée. D’ailleurs, Guillermo Del Toro va se retirer du projet pour n’être plus que producteur et on va mettre à sa place Steven S. DeKnight, un showrunner de série dont c’est le premier film. Tous les ingrédients étaient donc présents pour faire de ce film un ratage complet, ce qu’il va être.

La licence ne brille pas par son originalité ou par son scénario. Si on peut trouver quelques nuances dans certains personnages ou encore une certaine innocence chez les Kaijus qui ne sont qu’un instrument dans les mains de colonialistes, le reste demeure très classique, mais foutrement jouissif. Avec cette suite, qui reprend dix ans après les évènements du premier, on remarquera qu’il y a de grands changements dans le script. Les kaijus ne sont plus là, et malgré une crainte de leur retour, les humains ne se sont pas obstinés à en construire de nouveaux. Quelques personnes en font des personnels, ce qui est interdit, mais sans une menace imminente, l’humain se repose sur ses lauriers. Nous allons donc faire la connaissance de Jake Pentecost, le fils du général, héros du premier métrage, qui fait la fête et revend des pièces de Jaegers. Il va alors faire la connaissance d’Amara, une jeune fille qui s’est construite, toute seule, un petit Jaeger nommé Scrapper. Ils sont alors arrêtés, puis envoyés dans les baraquements de l’armée pour devenir pilote ou formateur. D’entrée de jeu, il va être très compliqué de ressentir de l’attachement pour tous les personnages. Jake Pentecost est un adulte qui ne pense qu’à faire la fête, voler pour se nourrir et qui semble bien loin du modèle qu’est son père. John Boyega surjoue en permanence la cool attitude et demeure insupportable. C’est aussi le cas de la jeune Cailee Spaeny, qui joue bien, mais dont le personnage est monolithique au possible, cliché sur pattes de la forte tête surdouée. Et on ne parle même pas des personnages secondaires insupportables comme Scott Eastwood.

Et si rien ne nous permet de sentir de l’empathie pour les protagonistes, il en sera de même pour les antagonistes. Il faudra attendre un long moment avant de voir un Kaiju et les autres combats, contre d’autres Jaegers sont assez pénibles à regarder, la faute à un montage trop bourrin et surtout une absence d’idée dans les chorégraphies. C’est bien simple, les éléments de décor sont peu utilisés, les affrontements manquent de densité et on se surprend même à attendre patiemment que quelque chose survienne tant on reste spectateur sans vivre le film. D’autant plus que comme les personnages dans les robots sont à peine évoqués, on se fiche pas mal de leur sort. Mais outre un montage trop clipesque (sur un dialogue entre les deux personnages centraux qui doit durer moins de deux minutes, on a au moins dix changements de plans), le film souffre d’une ambiance complètement transparente. Exit les combats de nuit avec les couleurs éclatantes et la pluie, ici, tout se déroule en plein jour, avec des teintes de gris qui nuisent énormément à l’ambiance globale. On se retrouve donc face à un blockbuster sans âme et sans patte personnelle, ce qui est vraiment dommage.

Enfin, il y a une dernière chose qui ne va pas du tout avec de Pacific Rim Uprising, ce sont les dialogues qui sont complètement ineptes. Que ce soit dans les discours grandiloquents évoqués, dans les confrontations ou encore dans les réflexions, le film n’amène rien de bon et on se demande parfois si ce n’est pas un élève du primaire qui a écrit cette histoire. Et cette naïveté, en plus d’un discours guerrier méphitique, contribue à rendre le film détestable et sans aucun intérêt. Alors oui, on peut y voir une petite critique des nouvelles technologies, avec les drones et les tablettes qui prennent le contrôle des robots, mais cela demeure mineur et sans grand intérêt pour l’histoire globale. Si l’on doit garder une seule bonne idée, c’est la présence du grand méchant, plutôt bien trouvée, même si ça ne casse pas trois pattes à un canard.

Au final, Pacific Rim Uprising est une amère déception qui enterre déjà une toute jeune licence lancée par un génie. En aseptisant son propos, en lissant son atmosphère et en essayant d’en faire un blockbuster lambda sans grandiloquence et en exploitant une mythologie déjà vue, le film déçoit, dérange même par son humour douteux et ses problèmes de tonalité (l’humour dans les moments dramatiques, annihilant tout suspens), et détruit tout ce qui a été construit auparavant. Bref, un nanar de luxe qui n’a aucune utilité, si ce n’est de signer l’arrêt de mort d’une licence dès le second épisode.

Note : 06/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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