octobre 27, 2020

Hubble

De : Toni Myers

Avec Scott D. Altman, Andrew J. Feustel, Michael T. Good, John M. Grunsfeld

Année: 2010

Pays: Canada

Genre: Documentaire

Résumé:

Grâce à la formidable précision et faculté d’immersion de la technologie IMAX®, Hubble offre aux spectateurs une occasion unique de voyager à travers les plus lointaines galaxies et d’explorer l’immensité, la beauté et les mystères du cosmos.
Ce film, fruit d’une collaboration étroite entre la NASA, IMAX Corporation et Warner Brothers, offre une vision étourdissante du cosmos.
Projeté sur écran géant, Hubble fait de chaque spectateur un coéquipier de la Mission STS-125 : une opération de sauvetage complexe au cours de laquelle des astronautes ont risqué leur vie pour que Hubble continue de fonctionner.
Du décollage aux sorties dans l’espace, le public partage des moments intenses et uniques avec l’équipage de la navette américaine.
Sur l’écran géant de 1000 m² de la Géode, les images incroyables du satellite recréent un ciel qui englobe le public dans une enveloppe cosmique.
Plus qu’un simple instrument, Hubble est une fenêtre sur l’univers et interroge l’Humanité sur sa place dans l’immensité. L’espace d’un instant, chacun peut se glisser dans la peau d’un astronaute et voguer vers l’infini… au-delà des étoiles !
Hubble offre un remarquable voyage qui changera à jamais notre façon de voir l’Univers…

Avis :

Certains documentaires visent à informer ou à interpeller sur un sujet particulier, tandis que d’autres se destinent à faire rêver. Dans les profondeurs océaniques, les paradis sauvages de la Terre ou les horizons inexplorés de l’espace, ces métrages bénéficient désormais de moyens avancés pour impliquer le spectateur de bien des manières. Pour cela, la technologie Imax offre une expérience cinématographique immersive, proche des sensations de la 4D. Seulement, une telle débauche d’effets ne fonctionne que dans des salles spécialement aménagées, comme le cinéma, le planétarium et autres espaces culturels dédiés.

Nul doute que dans ces conditions, Hubble remplit son office avec force et démonstration. Replacé dans le contexte de son salon, l’expérience est plus mitigée, pour ne pas dire décevante, et ce, même avec un minimum d’équipements. Mais là où les sensations d’immersion font cruellement défaut, la beauté de certaines images prises en orbite demeure intacte. Le fait de pouvoir suivre les astronautes dans leurs sorties extravéhiculaires a le mérite de montrer un point de vue privilégié sur la planète et l’immensité de l’espace. Soutenue par la réalisation de Toni Myers, grande habituée des documentaires spatiaux, Hubble pourrait donc être un documentaire « classique » appréciable.

Seulement, lesdits panoramas n’occupent qu’une part minime dans le déroulement du film. À ce titre, il est important de noter que 45 minutes ne peuvent suffire à développer une telle entreprise. Ce format restreint empêche réellement de creuser le sujet. À savoir, le télescope spatial Hubble et l’exploration de l’espace ; à commencer par le système solaire. Après une brève introduction nous plongeant au début des années 1990, on effectue une coupe drastique de près de 15 ans (en prenant soin d’occulter tout ce qui a pu s’y passer) pour revenir en 2009, date de réalisation du documentaire. Mais cette propension elliptique n’est en rien endémique à l’entame. Elle se répète à intervalles réguliers.

De fait, on assiste tant bien que mal aux préparatifs d’une mission spatiale américaine afin d’entretenir Hubble. L’idée est honnête, le résultat beaucoup moins. La tendance à dépeindre les astronautes comme les héros américains sans peur et sans reproche a de quoi agacer. L’exhibition du drapeau étoilée et l’évocation de Dieu dans un contexte purement scientifique dénotent avec un traitement pragmatique. Si l’on peut un jour escompter une approche théologique de l’espace (seuls des scientifiques et des ingénieurs y sont envoyés, pour l’instant), les propos du présent documentaire ne s’y prêtent guère. Dès lors, on assiste à des séquences creuses et sans grand intérêt, car déjà vu dans d’autres productions.

Pour ne rien gâcher, les remarques des principaux acteurs de la mission ont de quoi faire frémir. On nous impose des phrases du type : « Je croyais être à Noël… » « J’étais comme un gosse… » « Quand on est dans l’espace, il n’y a pas d’air… Et ça peut nous tuer. » Difficile de trouver quelque chose de constructif. Et les séquences en apesanteur dans la station n’ont rien de bien original. Quant aux découvertes d’Hubble, on reste curieusement très circonspects sur la question. Tout juste a-t-on droit à une sympathique conclusion sur la cartographie de l’univers et un discours sur son immensité. Même à vocation pédagogique, ce documentaire demeure trop modeste.

Placement de produit à l’appui, Hubble ne vaut que pour l’expérience Imax qu’il propose. Sortie de ce contexte, il s’agit d’un documentaire qui manque cruellement de relief. En prenant en considération quelques exemples patriotiques « made in USA », tout ce qui fait l’attrait d’un tel sujet s’étiole au fil de 45 minutes laborieuses. On ne retiendra que certains plans particulièrement impressionnants, ainsi que deux ou trois anecdotes sur le potentiel d’Hubble. Pour le reste, cette réalisation éponyme s’appuie sur un enrobage clinquant qui, dénuée de son vernis, se révèle bien trop creuse pour convaincre. Mise en condition, une expérience familiale divertissante, mais en rien instructive sur l’espace ou le métier d’astronaute.

Note : 09/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.