octobre 18, 2021

Blood Red Lake

Auteurs : Christophe Bec et Renato Arlem

Editeur : Glénat

Genre : Horreur

Résumé :

Danny et Nathan sont aux anges. Ils sont en route pour la méga-fête de l’année et, cerise sur le gâteau, ils vont parcourir 1300 kilomètres en compagnie de la plus jolie fille du lycée et de sa copine. Une vraie aubaine pour les deux ados les plus ringards du lycée ! Sauf que d’horribles parasites vont s’inviter au voyage et venir gâcher la fête. Les réjouissances ne vont pas tarder à se transformer en massacre…

Avis :

Avec la collection Flesh & Bones, Glénat a voulu rendre hommage à l’horreur et au fantastique. Avec toute la variété de sous-genres qui les compose, on ne s’étonne guère de la disparité des récits initiés par de grands noms du neuvième art. On a eu droit à du très bon, du jouissif, mais aussi à quelques déconvenues un tantinet décevantes, voire carrément médiocres. Après un Bikini Atoll moyen et un Sunlight pour le moins circonspect et linéaire, Christophe Bec signe et persiste dans le registre avec Blood Red Lake. Sans doute le comics de trop qui atteint les limites d’une telle initiative…

En parcourant ce genre de récit, il est vrai que l’on ne peut guère s’attendre à des tenants complexes, encore moins des aboutissants originaux et surprenants. Pourtant, Le signe ou Voyage au pays de la peur était en mesure de démontrer le contraire. Un format restreint, un certain nombre d’éléments et de codes à respecter, une atmosphère travaillée… Bref, toutes ses qualités sont absentes de Blood Red Lake. En première ligne de mire, une entame basique, maintes fois vues et surexploitées par une flopée de slashers. De prétextes grossiers en réparties pas très finaudes, on découvre ce qui ressemble à un Détour Mortel du pauvre ; en comparaison du premier et non de ses suites indigestes.

Mais c’est surtout l’absence d’un fil conducteur bien établi qui agace. Là où l’aspect multiréférentiel affirme l’existence même de la collection pour 50 ou Le signe, cet élément se heurte ici à un traitement confus. On évoque dans la débâcle le slasher et un soupçon de survival animalier pour déboucher sur des considérations post-apocalyptiques dignes d’un film de zombies. D’ailleurs, on songe à une bouillie informe entre Massacre à la tronçonneuse, Piranhas (surtout le remake d’Alexandre Aja) et The Crazies. Enfin, pour les références calquées les plus explicites. Et malgré la densité des différents matériaux usés jusqu’à la corde, l’histoire se révèle d’une banalité confondante

On a droit à des réactions complètement farfelues censées crédibiliser cette folle virée. Qu’il s’agisse de fuites ou de séparations à des moments inopportuns, les auteurs condensent ce qu’il y a de pire en matière de clichés et de poncifs ; quitte à ce que l’ensemble paraisse bâclé. Impression qui découle également de traits esquissés à la va-vite. Cela vaut autant pour la caractérisation que pour les dessins. Hormis les arrière-plans à la beauté sauvage jamais exploitée, on a droit à des mimiques identiques qui manifestent la colère pour les infectés. On repassera pour le nuancier des expressions…

À cela s’ajoute une succession de vignettes qui privilégient les silhouettes en bikinis et les positions suggestives. Certes, cela fait partie intégrante du genre, mais le résumer à ce seul critère trahit la pauvreté de l’inspiration. La majeure partie du récit se cantonne à voir un défilé d’ados en rut qui veulent s’adonner à des festivités orgiaques. Et pour justifier le tout ? Le sexe serait le moyen le plus efficace pour propager l’infection. Il n’empêche que l’évolution est trop précipitée sur certains points et que d’autres s’attardent plus que de rigueur sur des détails anecdotiques. Il en résulte des incohérences à foison et des éléments imprécis pour amener à un dénouement plus ridicule qu’impressionnant.

Au final, Blood Red Lake est sans conteste la pire incursion dans la collection Flesh & Bones. Le thème principal, à savoir les parasites, n’a qu’une valeur symbolique. Là où d’autres histoires auraient joué sur une ambiance paranoïaque propre à mettre en exergue des comportements extrêmes, le présent comics se contente d’un traitement par-dessus la jambe. Véritable pot-pourri horrifique, les auteurs préfèrent dépeindre des scènes de beuverie éculées et sans consistance plutôt que développer à minima leur trame narrative. Délaisser l’aspect psychologique est un choix compréhensible. Multiplier les clins d’œil sans proposer le moindre fond l’est beaucoup moins. Aussi opportuniste que basique, un bien piètre hommage aux genres (mal) exploités au fil des pages.

Note : 06/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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