octobre 26, 2020

Printemps, Été, Automne, Hiver… et Printemps

Titre Original : Bom Yeoreum Gaeul Gyeoul Geurigo Bom

De : Kim Ki-Duk

Avec Oh Young-Su, Kim Ki-Duk, Young-Min Kim, Seo Jae-Kyung

Année: 2004

Pays: Corée du Sud

Genre: Comédie Dramatique

Résumé:

Un maître zen et son disciple vivent au cœur d’un temple bouddhiste en bois : au fil des saisons, leurs sentiments évoluent…

Avis:

Réalisateur coréen très actif, Kim Ki-duk s’est imposé en un seul film comme ma révélation de l’année avec le métrage Entre 2 Rives. Film incroyable et important, « Entre 2 rives » m’a littéralement coupé les jambes et je suis ressorti de la salle en vrac avec la sensation (qui n’est toujours pas partie), d’avoir vu le film le plus important de l’année. Pourtant, malgré cet amour naissant, j’ai mis un bout de temps avant de découvrir un second film du réalisateur, peut-être pour laisser passer l’euphorie.

Quoi qu’il en soit, je me suis enfin plongé dans un autre film, pris un peu au hasard et j’en ressors avec le même constat. Chef d’œuvre incroyable, « Printemps, été, automne, hiver … Et printemps » est un film splendide aussi bien dans sa forme que dans son fond. C’est un film envoûtant qui n’est que métaphore. Avec ce film, Kim Ki-duk nous offre le plus beau des parcours et franchement, j’en demandais et je n’en attendais pas autant.

Un vieux moine partage sa solitude avec un enfant. Le temple dans lequel ils vivent est au milieu d’un lac. Le rythme des saisons accompagne les cycles de la vie du jeune disciple.

Au printemps, arrive la perte de l’innocence.

Il connaît en été, la passion qui consume l’esprit et les sens.

En automne, il découvre la jalousie et les pulsions destructrices qu’elle déclenche.

L’hiver est la saison de la rédemption et de l’expérience.

Et quand le printemps est de retour, le disciple est devenu le maître à son tour.

Magnifique peinture que voilà, « Printemps, été, automne, hiver … Et printemps« , comme son titre et son synopsis l’indiquent, est divisé en cinq tableaux, qui vont être tous plus importants, beaux et puissants les uns que les autres, alors même qu’ils seront aussi plus ou moins longs. Cinq tableaux empreints d’amour, de haine, de violence, de découverte, de zen, de force et de spiritualité.

Leçon d’écriture et de mise en scène, Kim Ki-duk nous offre là un film d’une rare intelligence. Chaque tableau que le réalisateur nous présente est une épreuve qui va alors correspondre à l’âge du personnage. Ce film s’étale donc sur toute une vie et c’est un des éléments qui le rend si bouleversant.

Ici, chaque saison est la métaphore d’une étape, d’un ressentiment, d’une évolution intérieure, d’une envie et d’une déception. Si le réalisateur se concentre bien plus sur le printemps et l’enfance, l’été et l’adolescent, la passion amoureuse et l’automne et sa détresse d’adulte, Kim Ki-duk arrive en peu de plans à transcender ces deux dernières étapes et nous offre la plus belle des fins. Un dernier coup de pinceau magique, qui emporte la toile du réalisateur vers le chef d’œuvre et l’une de ses pièces maîtresses d’une filmographie. Un film marquant, qui marque une carrière, autant qu’il marque le spectateur.

« Printemps, été … « , c’est aussi un lieu que Kim Ki-duk filme à la perfection, au point d’en faire un personnage qui serait le témoin de l’évolution de ce personnage. Un lieu qui est le témoin du temps qui passe. Magnifique et apaisant, on prendra autant de plaisir à découvrir cette histoire que de s’arrêter et d’observer ce lac, ce temple perdu et flottant, au milieu de rien. La mise en scène est aussi dramatique que poétique, Kim Ki-duk trouvant en permanence la note juste pour nous toucher, nous émerveiller, nous faire réfléchir sur l’humanité (le premier printemps et la perte de l’innocence est tout bonnement bouleversant de vérité !), et nous raconter ce film, ce qui est d’autant plus fou que le film contient peu de dialogues. Ici, on ne parle pas pour combler, chaque dialogue a autant d’importance que les silences qui vont suivre et inversement.

Chef d’œuvre bouleversant, « Printemps, été, automne, hiver … Et printemps » est l’un des plus beaux films qui m’ait été donné de voir. Kim Ki-duk est un grand peintre, c’est un maître qui en deux films vient de me mettre deux puissantes claques. Profond dans son fond, magnifique dans sa forme, il me tarde déjà de m’y replonger.

« Printemps, été, automne, hiver … Et printemps » est tout simplement un immanquable !

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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