octobre 18, 2021

Osiris – La 9ème Planète

Titre Original : The Osiris Child : Science Fiction Volume One

De: Shane Abbess

Avec Kellan Lutz, Daniel MacPherson, Isabel Lucas, Rachel Griffiths

Année : 2016

Pays : Australie

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Dans un futur lointain, l’humanité part à la conquête de nouvelles planètes habitables. L’entreprise Exor est chargée d’organiser la vie dans ces nouveaux mondes. Mais un jour, Kane, un de ses principaux lieutenants, découvre que la planète OSIRIS, qui héberge sa fille, est menacée par un virus mortel. Il se lance alors dans une course contre la montre pour la sauver.

Avis :

L’Australie semble un parfaite terre d’accueil pour tous les projets de films de science-fiction ou de post-apocalypse. Si la quadrilogie Mad Max reste dans toutes les têtes, on peut aussi citer l’excellent These Final Hours qui proposait une vision très réaliste et touchante de la fin du monde. Avec Osiris, la 9ème Planète, nous sommes assez loin de ces deux univers puisque Shane Abbess livre un vrai film de science-fiction qui pourra s’intégrer parfaitement du Space Opéra comme Star Wars ou Star Trek. Jeune réalisateur qui a fait ses débuts dans le fantastique en 2007 avec Gabriel (film disponible chez nous depuis seulement cette année), Shane Abbess a de l’ambition et propose à chaque fois des films qui ont la volonté d’impressionner par leur image et leurs effets spéciaux. Malheureusement, quand le budget ou l’écriture ne suivent pas, ça reste compliqué de fournir du travail de qualité. Et c’est un peu ce qu’il se passe avec Osiris, qui n’est pas un film détestable, mais qui reste anecdotique.

Pour la petite histoire, il semblerait que ce film soit le début d’une saga (ou d’une trilogie), puisque le titre en version original s’intitule The Osiris Child : Science Fiction Volume One, chose qui fut égarée lors de son passage en version française. Pourquoi ? Le mystère reste entier, en tous les cas, nous ne savons toujours pas si des suites sont prévues. Quoiqu’il en soit, revenons donc sur ce film qui est perclus de défauts, même s’il démarre sur une bonne impression. Découpé sous forme de chapitres plus ou moins longs, ce quatrième film de Shane Abbess propose un début assez intéressant, avec un père et sa fille sur une planète quasiment à l’abandon. On apprend donc que le papa est lieutenant dans une flotte interstellaire et qu’il n’est pas souvent présent. Les premiers effets spéciaux sont corrects et on sera même surpris par la qualité de ces derniers ainsi que par le design de certaines machines. Très clairement, et malgré un budget plus que limité, Osiris sauve les meubles au départ et arrive à noyer un peu le poisson. Qui sortira rapidement de l’eau tout de même.

La première grande faiblesse de ce film, c’est son scénario. On va rapidement tomber sur une histoire lambda de manipulation génétique qui tourne mal et de riches industriels qui ne veulent pas perdre la face et préfère faire un génocide plutôt que d’assumer ses erreurs. En gros, c’est très manichéen, les riches décident du sort des gens d’en bas, combat de classe classique. Sauf que le lieutenant va trahir sa hiérarchie pour aller sauver sa fille sur la planète. Du coup, le type va être entre deux feux, celui de ses supérieurs qui veulent le voir mort pour qu’il ne dise pas la vérité, et celui des créatures qui se libèrent et attaquent les humains. Nous sommes donc face à quelque chose de très simpliste et qui va accumuler les évidences, n’arrivant plus à surprendre le spectateur qui va gentiment s’ennuyer. Du gentil acolyte aux seconds rôles pas très clean, du méchant et machiavélique gardien de prison à l’extraterrestre venimeux, tout y passe et surtout, tout est téléphoné. D’autant plus que le film se veut tendu, comme une course contre la montre, mais dans les faits, il est assez mou et certains passages sont carrément gênants, comme une vente d’armes qui se solde par une fiesta à deux.

Et puis il y a une réelle rupture de ton et un manque flagrant de méchant dans le film. Quand je dis méchant, je parle bien entendu d’une personne charismatique et sans scrupule, à la manière d’un Dark Vador. Or, dans Osiris, le réalisateur nous présente rapidement une nana qui bouffe des sushis en regardant les mauvaises nouvelles, puis quelques monstres en plastique qui tirent la langue pour transformer les humains en alien. Rien de bien intéressant donc et même si le « héros » se retrouve entre ses deux factions, on aura bien du mal à s’intéresser à ce qui nous passe devant les yeux. La faute à une absence totale d’empathie pour qui que ce soit. La petite fille est pénible, les deux héros sont monolithiques (mention spéciale à Kellan Lutz et ses yeux de veau dans la luzerne), les méchants inexistants et les extraterrestres sont tout bonnement ridicules. Il faut croire que tout le budget est passé dans les effets spéciaux numériques, et que pour faire les créatures, on a cru bon de mettre en place du latex avec de vieux chiffons. Sauf que ça se voit et cela en devient risible. Tout comme les deux séquences de fin. Les comportements des personnages sont incohérents au possible. C’est-à-dire qu’il se passe deux/trois évènements d’un coup et chaque protagoniste agit de façon inconsciente ou suicidaire. Ou alors n’en a rien à foutre. Cela rajoute de l’absurdité dans un film qui n’en avait pas forcément besoin. On sent qu’au niveau de l’écriture, ça laisse à désirer et que certaines choses ne pas bien réfléchies.

Au final, Osiris, la 9ème Planète est une amère déception. Le film démarre de façon intéressante et surprend avec la qualité de ses effets spéciaux, pour finir par perdre le spectateur dans un ennui profond avec un scénario mauvais en tout point, des acteurs qui n’en ont rien à foutre et surtout, une absence d’enjeu totale. C’est bien simple, rien n’est fait pour accrocher le spectateur, pour l’interpeller, le faire réfléchir ou tout simplement le divertir. On s’emmerde sec devant un film complètement anecdotique qui n’a pas le budget ni le talent de ses ambitions.

Note : 06/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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