décembre 4, 2020

Piranha 2 3D

Titre Original : Piranha 3DD

De : John Gulager

Avec Danielle Panabaker, Matt Bush, Chris Zylka, David Koechner

Année: 2011

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur, Comédie

Résumé :

Maddy est de retour dans le parc aquatique qu’elle possède avec son beau-père, et découvre que ce dernier a remplacé les maîtres-nageurs par des strip-teaseuses. Lors d’une fête organisée au parc, Maddy découvre que des piranhas rôdent dans les canalisations. Le parc ouvre au public, et Maddy tente d’avertir son beau-père, mais il ne la croit pas. Bientôt, les piranhas débarquent…

Avis :

En 1978, un certain Joe Dante émerge du tout Hollywood avec un film d’horreur qui va marquer le cinéma de genre et plus particulièrement le survival animalier. Véritable rollercoaster horrifique à la portée écologique, Piranhas est le penchant des Dents de la Mer en version minuscule. Mais qu’importe, plutôt que de jouer sur le gigantisme, le réalisateur américain va jouer sur la petitesse de ses créatures et leur faculté à se faufiler un peu partout, en plus d’être très voraces en groupe. C’est en 2010 que le frenchy Alexandre Aja décide d’en faire un remake, ou plutôt une relecture. Délaissant volontairement le côté écologique pour faire dans la gaudriole gore et sexy, le réalisateur du génial Haute Tension (entre autre) se fait plaisir avec ce film qui regorge de plans cul, nichons et autres corps en état de décomposition. Un plaisir coupable pour le spectateur qui ne se fait pas voler sur la marchandise et qui en a pour son argent, en plus de bénéficier d’un scénario plutôt cohérent. Fort de son succès, il n’aura fallu qu’un an pour que des producteurs peu scrupuleux en fassent une suite, dans une volonté de faire plus vulgaire, plus grossier. Car Piranha 2 3D ne connait alors plus de limites et même dans le fondement de son scénario, on ne retrouve que du vide.

John Gulager n’est pas réputé pour sa finesse. Il a connu un coup d’éclat dès son premier film, le gore et marrant Feast, puis il va sombrer dans les méandres de la médiocrité, notamment avec la suite Feast 2 Sloppy Seconds, déjà d’une vulgarité sans nom. Il n’est donc pas étonnant que l’on retrouve les scories de ses films dans cette suite de Piranha. Pour la petite histoire, Maddy, une jeune fille qui a perdu sa mère, retourne dans le parc aquatique dont elle a hérité avec son beau-père. Cependant, ce dernier compte en faire un parc pour adultes où les maîtres-nageurs sont remplacés par des stripteaseuses. Mais le pire dans tout ça, c’est que les piranhas de Lake Victoria ont trouvé un passage dans le lac avoisinant le parc et ils ne vont pas tarder à envahir le parc à thèmes. Avec une telle maigreur dans l’écriture, il n’est pas étonnant de voir que ce film est un échec à tous les niveaux.

En premier lieu, on peut aborder le scénario qui est d’une paresse incroyable. Les piranhas ne sont qu’une excuse pour une débauche de sexe, de nues frontales et de paires de loches à faire pâlir une normande. Sauf que ce qui était plus ou moins sexy dans le film d’Alexandre Aja se retrouve vulgaire et totalement gratuit dans ce film. C’est bien simple, tout doit avoir un rapport au sexe. On retrouve des piranhas dans des sexes féminins, au bout d’un pénis ou encore carrément dans l’anus d’un pauvre hère sans défense. La menace ne semble pas si sérieuse que cela et les attaques se feront longuement attendre, puisque le carnage ne commence que vingt minutes avant la fin du film. Pour le reste, on aura droit à des séquences mollassonnes de tentatives d’attaque, avec des vues subjectives imbuvables, nous faisant prendre la place des poissons voraces. On aura aussi droit à une palanquée de personnages débiles, tous plus détestables les uns que les autres. Entre l’héroïne coincée du cul, la blonde qui ne veut pas mourir vierge, le gros dégueulasse qui se branle dans les skimmers ou encore le flic ripou qui tente de se faire l’héroïne ou encore le beau-père qui tient plus du maquereau qu’autre chose (vous me direz, on baigne dans le milieu aquatique), la palette est épaisse et bien indigeste.

La réalisation n’est pas au point non plus. Non seulement c’est très mal filmé, mais en plus de cela, les effets spéciaux accumulent des années de retard. C’est bien simple, nous sommes face à un travail de chez Syfy, sans aucune ambition et prenant le spectateur pour un pauvre débile. Les poissons sont extrêmement mal faits en CGI et les moments en animatronic peuvent tenir la route, mais ils sont mal exploités. Le tout est très cut au niveau du montage et on notera les quelques ralentis sur les nichons qui ballotent ou les nanas qui jouent au ballon seins nus dans la piscine. Bref, tout, du scénario à la réalisation, respire la vulgarité et le machisme. Pour couronner le tout, l’humour est d’une nullité affligeante, essayant vainement de faire des blagues potaches ou encore de se foutre de la gueule des gens, du gros dégueulasse à la star has been en la présence de David Hasselhoff qui le dit lui-même dans le film : « Je suis tombé bien bas ». Même Ving Rhames semble épuisé par ce tournage et autant de paires de nibards autour de lui.

Mais peut-être peut-on se rattraper sur le gore, puisque c’était l’une des forces du film d’Alexandre Aja. Mais non. Là aussi, le film nous sert le strict minimum. Pas de corps démembrés, pas de moments vraiment sales, mais seulement quelques petites morsures par-ci par-là ou alors une exposition de membres arrachés sous l’eau, dont le trompe l’œil est aussi efficace qu’une farce et attrape dans n’importe quel magasin de fête. D’un autre côté, on peut se réjouir de cet amoindrissement, surtout quand on voit la qualité de certains effets spéciaux, car le film se targue de deux décapitations et on se croit tomber dans une mauvaise production Asylum, avec des effets numériques dépassés et tout simplement hideux. Bref, même au niveau du gore, c’est la douche froide.

Au final, Piranha 2 3D est une purge infâme, le genre de film qui ne peut que plaire à une population avide de voyeurisme et de nudité gratuite. Il s’agit-là d’un film vide de sens, sans aucun intérêt que ce soit dans l’humour, même graveleux, dans le gore ou encore dans un quelconque message humaniste. John Gulager étale tout son amour malsain pour la vulgarité et livre un film qui pourrait peut-être plaire aux naturistes du Cap d’Agde. Pour le reste, il faudra passer son chemin et nager le crawl très vite pour échapper à ce genre de navet.

Note : 02/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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