octobre 18, 2021

Le Vampire des Routes – Ugo Solenza

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Résumé :

Un tueur s’amuse à écraser des gens dans une vallée forestière. Une enquête est lancée pour retrouver ce fou du volant.

Avis :

Derrière le pseudonyme Ugo Solenza se cache l’un des auteurs français les plus prolifiques : Georges-Jean Arnaud. A son actif : plus de 350 romans (chiffre qui date du siècle passé) dans tous les domaines. Il axe principalement ses histoires autour de genres divers tels que le policier, l’espionnage, un rien de fantastique et… l’érotisme (75 romans dans cette dernière catégorie). Mais ne parlons pas de frivolités ici, restons dans le politiquement correct pour s’intéresser à l’un de ses récits paru en 1980 dans la collection Quotidien Fantastique chez Euredif.

Dès lors, l’on songe à une ligne directrice qui s’attelle à mettre en avant des personnages confrontés à des événements fantastiques. Le titre semble aller dans ce sens, tout comme la quatrième de couverture. Tout cela pour dire que le lecteur est conditionné pour suivre une histoire qui sort de l’ordinaire, notamment avec des vampires. Et pourtant, l’on sent arriver la supercherie dès les premières pages. L’on est témoin d’un chauffard qui s’amuse à envoyer ad patres des conducteurs sur des routes de montagne. L’on patiente en espérant l’apparition d’une créature de la nuit aux dents longues, mais non. On est complètement à la ramasse.

À vrai dire, l’on ne sait même pas si l’auteur connaît son sujet. On démarre sur les points de vue des victimes, on bifurque sur les enquêteurs et enfin sur le tueur en lui-même, puis on revient à nouveau sur les enquêteurs. Il n’y a aucun suspense, aucune documentation sur les méthodes d’investigation. C’est indigeste tant le rythme est saccadé et entrecoupé d’inutiles situations. La narration brinqueballe de tous les côtés si bien que l’on ne comprend pas comment le tueur s’est fait avoir jusqu’à ce qu’on nous l’explique à la fin alors qu’il est arrêté en milieu de parcours. D’autant plus que l’argument est téléphoné au possible.

Non seulement l’histoire s’avère un ersatz d’Hitcher (et encore), mais l’on ne ressent ni frisson, ni angoisse au fil des pages. C’est plat, écrit avec les pieds et sans plaisir. Entre détails superficiels, séquences longuettes et dialogues sans âmes (les adultes s’expriment comme des gamins et inversement), Le vampire des routes pourrait être un cas d’école pour montrer aux aspirants écrivains ce qu’il ne faut pas faire. Constat d’autant plus surprenant lorsque l’on voit qu’un tel nanar littéraire est publié sous couvert d’un auteur connu, même s’il use d’un pseudonyme.

Même les personnages, vagues caricatures esquissées ne rattrapent en rien la catastrophe annoncée. Inutile de les décrire, on les oublie aussitôt le livre fermé. À croire qu’Ugo Solenza a ressorti de ses cartons les protagonistes de ses romans érotiques ! Tout comme le cadre des montagnes ou des routes que l’on imagine à peine. C’est convenu au possible et Ugo Solenza ne parvient à aucun moment à susciter le danger de pareils lieux, fussent-ils des routes étroites en bord de ravin.

Au final, Le vampire des routes porte très mal son titre (trompeur de surcroît). L’on nous inflige une histoire lamentable, à la fois simpliste et prévisible. Non seulement la narration pâtie d’un rythme brouillon, mais l’auteur ne fait qu’esquisser vaguement les contours d’une atmosphère ou de son environnement. On ne parvient pas à y croire, ni à s’immerger dans le livre. Entre les séquences sans intérêts, les descriptions longues et pénibles des « accidents » ou l’arrestation du chauffard fou, l’on s’ennuie ferme. Bref, un roman aux allures de mauvaise nouvelle, vite écrit et bâclé.

Note : 03/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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