octobre 24, 2020

Freddy Contre Jason

Titre Original : Freddy Vs Jason

De : Ronny Yu

Avec Robert Englund, Monica Keena, Jason Ritter, Kelly Rowland

Année: 2003

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Voilà bien longtemps que Freddy ne hante plus les nuits des jeunes de Elm Street. Les drogues secrètement administrées aux adolescents par leurs parents empêchent tous les cauchemars et le condamnent à l’impuissance. Pourtant, non loin de là, l’instrument de sa vengeance attend…
Jason, le tueur maniaque enterré, n’est pas tout à fait mort. Freddy le sait et décide de pénétrer son esprit. Il va faire de lui le bras armé de son terrifiant retour. Bientôt, Elm Street redevient un enfer. La jeune Lori Campbell et ses amis voient les morts violentes se multiplier autour d’eux. Entre Freddy et Jason, c’est à celui qui saisira ses victimes le plus rapidement. Très vite, ils deviennent concurrents. L’affrontement est inévitable. Lequel des deux monstres triomphera ? Nul ne le sait. Une chose est certaine : si certains survivent à ce choc, ils n’oublieront jamais…

Avis :

Durant les années 80, le cinéma d’horreur explose et livre ses plus belles figures du genre. Les boogeymen pointent le bout de leur nez et certains vont vite devenir des légendes du septième art, n’en déplaisent à tous ceux qui pensaient que le cinéma d’horreur n’est qu’un plaisir éphémère pour ados attardés. Freddy Krueger, Jason Voorhees, Michael Myers, Chucky sont autant de noms qui sont devenus cultes et qui continuent aujourd’hui de faire cauchemarder les jeunes profanes du cinéma de genre. Et on ne parle même pas des remakes plutôt ratés qui sont sortis entre les années 2000 et 2010, essayant vainement de remettre sur le devant de la scène ces figures emblématiques alors qu’elles n’ont jamais quitté nos cœurs. Et c’est là tout le problème du remake, adoucir des icônes d’un cinéma qui se veut sans concession et qui n’a pas besoin d’être remis au goût du jour. Et en 2003, au lieu de faire un énième remake ou une suite de trop, Sean S. Cunningham, papa de Vendredi 13, décide de produire un film hommage à deux figures incontournables du genre, Freddy et Jason. Un film qui les oppose pour le plus grand bonheur des fans.

Le scénario est assez simple. Freddy ne fait plus peur aux jeunes habitants de Elm Street et il n’arrive plus à s’incarner dans les rêves. Pour qu’on se souvienne de lui, il décide de rentrer dans le rêve de Jason, de le ressusciter et de lui faire commettre des meurtres dans sa rue favorite. Une fois le premier meurtre enclenché, Freddy va refaire parler de lui. Malheureusement, Jason est pris d’une folie meurtrière quand il voit toute la décadence de cette jeunesse en manque de perdition et qui ne pense qu’au sexe et à l’alcool. Si on pouvait croire que le pitch serait ridicule, il ne l’est pas, puisque le début du film se veut cohérent. Freddy s’incarne bien dans les rêves et Jason écoute sa mère, donnant finalement lieu à un face à face presque inévitable. D’autant plus que sur la durée du film, la psychologie des personnages est relativement conservée, avec un Freddy sarcastique à l’égo démesure ou encore un Jason bourrin et sans aucune finesse. Le seul point que l’on pourrait reprocher dans ces interactions, c’est le moment où les deux boogeymen s’affrontent dans le rêve de Jason et qui part complètement en Z, avec un combat qui virevolte dans tous les sens, se voulant proche d’un cartoon et appuyant l’aspect no limit que peut apporter un rêve, mais qui est assez ridicule dans les faits.

Le plus gros défaut du film, c’est clairement ses personnages adolescents. Les clichés vont bon train dans ce métrage avec des protagonistes débiles qui se veulent un hommage à la chair à canon que l’on a connu dans les années 80 ou encore les scream queens généreuses. Malheureusement, le peu de script qui les caractérise est assez cliché et on retrouve toutes les scories du genre, à savoir le connard de base, l’intello, la bimbo, celui qui sait, la black, etc. Le seul personnage intéressant est le jeune flic qui se retrouve dans un environnement étrange, où tous les adultes vivent dans la crainte du retour de Freddy, mais il est très peu exploité et meurt assez rapidement de façon stupide. Même le couple héroïque est assez fade et on se moquera de leur sort, la faute à un travail trop faible sur leur background, malgré une volonté de montrer que Freddy aura marqué son passage, traumatisant une certaine partie de la population. Fort heureusement, les affrontements entre les deux boogeymen seront source de plaisir et le scénario va revenir rapidement sur les phobies des deux monstres et sur des origines parfois un peu floues. C’est assez malin, suffisant pour appuyer leur psychologie et rappeler aux fans que le film existe pour eux.

Ronny Yu ne se trompe que rarement d’ailleurs, puisque sous son hommage, il propose un spectacle jouissif, qui ne se veut jamais plus intelligent qu’il ne le prétend. C’est souvent débile, Freddy s’éclate à balancer des vannes pourries et les effets visuels, qui ont maintenant pris une claque dans la gueule, participent à cette envie de faire du Z pour faire du Z. Pour autant, la mise en scène n’est pas brouillonne et le réalisateur propose des passages relativement sympathiques. On repense à ce saut spectaculaire de Freddy sortant hors de l’eau. On peut aussi lire de façon assez claire le moment dans la chaufferie rouge, reprenant le très bon travail de Wes Craven. On peut aussi se satisfaire de certaines ombres portées, rappelant des scènes dans le cinéma gothique des années 50. Bref, Ronny Yu ne fait pas n’importe avec sa mise en scène, ou tout du moins, elle contrebalance une histoire parfois brouillonne.

Mais surtout, le cinéaste ne se trompe pas en donnant au public ce qu’il attend avec un tel film, c’est-à-dire un spectacle gore et sanglant, partant bien souvent dans des délires grotesques. Le premier meurtre est d’ailleurs à l’image du film, un jeune homme qui se prend plusieurs coups de machette dans le dos et qui se fait plier en deux dans son lit. C’est jouissif, drôle et gore, tout ce que l’on attend d’un tel film. Si certains massacres sont moins inspirés, on ne peut pas reprocher au film d’être bourrin dans certaines mises à mort, Jason n’étant pas réputé pour sa finesse d’exécution. Décapitation, électrocution, corps coupé en deux, bref, les fans du genre en auront pour leur argent, malgré des moments assez ridicules comme le combat dans la zone industrielle qui manque clairement de punch. Mais qu’importe, le plaisir, même coupable, est bel et bien là.

Au final, Freddy Contre Jason est un film que l’on aurait pu croire détestable et qui possède tous les ingrédients pour n’être qu’un happening surfant sur la mémoire résiduelle de deux personnages emblématiques du cinéma d’horreur. Mais Ronny Yu, en grand fan des franchises d’horreur, fait un métrage sympathique, qui ne se prend que rarement au sérieux et qui offre ce que l’on attendait d’un tel film, un déluge gore, un affrontement dantesque entre deux personnalités très différentes et un humour noir bien présent. Que demande le peuple ?

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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