Blood and Bones

Titre Original : Chi To Hone

De : Yoichi Sai

Avec Takeshi Kitano, Hirofumi Arai, Kyoka Suzuki, Shuuji Kashiwabara

Année : 2005

Pays : Japon, Singapour

Genre : Drame

Résumé :

En 1923, Kim Shun, un jeune paysan, quitte son île natale, au sud de la Corée, et débarque en bateau à Osaka, au Japon. Son obsession : faire fortune. En soixante ans, cet homme aussi brutal que charismatique connaîtra la richesse et le pouvoir, mais se condamnera à la solitude, puisqu’il n’aime que ce qu’il a détruit.

Avis :

Yoichi Sai est un réalisateur japonais qui fait son petit bonhomme de chemin sans faire grand bruit. Après avoir été assistant réalisateur pour Nagisa Oshima, il réalise son premier film en 1983. Depuis, Yoichi Sai n’a plus reposé sa caméra et on lui compte pour l’instant dix-sept films.

Dans sa carrière, « Blood & Bones » est un film qui tenait énormément à cœur à Yoichi Sai qui a attendu pas moins de six années avant de faire son film. Pourquoi ? Et bien parce que le réalisateur ne voulait personne d’autre que Takeshi Kitano pour le rôle et il lui a fallu attendre que l’acteur soit libre. Mais bon, « Blood & Bones » ce n’est pas que l’attente d’un comédien, et si l’acteur est démentiel, malheureusement, le film est loin de lui valoir cette attente. Interminable, détenant des personnages emphatiques au possible, « Blood & Bones » finit par détruire plus qu’il ne transporte et l’on attend le générique avec un triste intérêt… Dommage.

Osaka dans les années 20, Shunpei est alors un jeune paysan qui vient d’immigrer d’une île de la Corée pour le Japon. En arrivant au Japon, il voulait une vie meilleure et il va l’obtenir et vivre finalement que pour lui. De son mariage à l’éducation de ses enfants, sans oublier son usine, ses employés, ou encore simplement ses voisins, Shunpei va peu à peu se mettre tout le monde à dos. « Blood & Bones » nous invite à suivre sa vie et son évolution pendant près de soixante ans.

« Blood & Bones« , sur le papier, ça a tout de la fresque familiale mafieuse qui détient de solides arguments pour nous faire passer un excellent, voire un grand, moment de cinéma. Un excellent réalisateur aux commandes, un immense acteur en tête d’affiche, qui tient un rôle fait pour lui. L’évolution du Japon des années 20 aux années 70. Un maître de maison dur et ambitieux et une famille qui va affronter des problèmes ô combien complexes à gérer. Rajouter à cela, en toile de fond, les immigrants coréens au Japon (sujet on ne peut plus personnel pour son réalisateur), et un contexte politique qui s’annonce passionnant.

Bref, il y avait vraiment de quoi faire pour que « Blood & Bones » soit une très belle surprise, mais comme vous l’aurez compris plus haut, ce ne fut malheureusement pas le cas, la faute à une écriture difficile, qui va faire que l’intrigue va être loin d’être passionnante. En fait, en plus d’avoir des personnages tous plus hystériques et détestables les uns que les autres, « Blood & Bones » ne raconte pas grand-chose finalement et ce qu’il nous raconte a déjà été raconté en mieux dans d’autres films.

« Blood & Bones » est un film qui a de gros problèmes de rythme, c’est long fleuve, duquel on ne voit pas le bout. Alors que le format avait de quoi être bon, puisque le film dure deux heures et demi et nous raconte soixante ans de vie au sein d’une famille, Yoichi Sai enchaîne les longueurs, s’arrête sur des éléments peu intéressants et surtout donne une sensation désagréable de gratuit dans sa violence. « Blood & Bones« , c’est deux heures et demi d’humiliations, de viols, de torture psychologiques et physique. « Blood & Bones« , c’est deux heures et demi de désespoir, de maltraitance. C’est un film qui renvoie une image détestable de la femme qui est totalement réduite ne servant que de boniche et objet sexuel et finalement n’existe que pour subir en n’ayant aucune échappatoire. Aucune subtilité ne viendra rehausser un peu l’écriture et le portrait détestable qui est en train de s’opérer devant nos yeux. De plus, tous les personnages sont assez antipathiques, mêmes les plus simples et en fin de compte, au bout de ces deux heures et demi, on se demande bien ce que le réalisateur a voulu nous conter et surtout pourquoi il nous a raconté cette chronique familiale.

De plus, Yoichi Sai ne fait que survoler un sujet des plus intéressants, les familles coréennes qui se sont installées au Japon. Plusieurs fois, le réalisateur les aborde, mais jamais il ne va plus profond, ne faisant finalement qu’effleurer ceci, un peu comme s’il voulait une toile de fond, qui ne serait rien d’autre qu’une toile de fond, alors que le sujet est vecteur de belles réflexions et autres débats.

Reste alors un Takeshi Kitano immense dans un rôle difficile, et même si le personnage est on ne peut plus détestable, l’acteur lui, reste parfait et incroyable. On laissera aussi à « Blood & Bones » d’être très bien filmé, nous offrant de beaux cadrages, et même des scènes qui, prisent à part, demeurent très belles.

« Blood & Bones » se trouve donc être une belle déception, qui a eu l’affreuse tendance à se faire détester très vite. Deux et demi de viols, de tabassages, d’engueulades, en compagnie d’une ordure qui ne vit et ne pense que pour lui.

Note : 06/20

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Par Cinéted

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