décembre 5, 2020

Underworld

De : Len Wiseman

Avec Kate Beckinsale, Scott Speedman, Michael Sheen, Bill Nighy

Année: 2003

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique

Résumé:

Selene est une guerrière vampire puissante. Dans la lutte qui oppose depuis des siècles son peuple à celui des Lycans, des loups-garous, elle est reconnue pour être l’une des tueuses les plus efficaces. Jusqu’au jour où elle tombe amoureuse de Michael Corvin, un humain qui se retrouve pris malgré lui dans l’affrontement des deux clans. Mordu par l’un des loups-garous, il devient rapidement l’un d’entre eux. Entre passion et devoir, Selene doit alors choisir son camp…

Avis:

Les vampires, les loups-garous, et plus globalement toutes les créatures fantastiques, ont toujours été des sources d’inspiration pour la littérature et le cinéma. On ne compte plus les œuvres sur les suceurs d sang ou les lycans et certaines marquent plus que d’autres. Si dès les années 30/40 Dracula de Tod Browning et Le Loup-Garou de George Waggner font rapidement des émules, il y a eu une chute de l’imagination durant une bonne décennie et il faudra jeter un œil du côté du bis italien ou des films de la Hammer pour se sustenter en horreur gothique et en dents acérées. Le début du nouveau millénaire va faire beaucoup de mal à ces créatures mythiques car elles vont être édulcorées et devenir ensuite des icônes de la culture pop pour adolescents en manque de repères. C’est ainsi qu’est né Underworld, un film fantastique au scénario binaire et à l’imagerie clichée mais qui fait finalement le taf, à savoir divertir la masse.

Le film commence avec une imagerie très classique du film de vampires nouveaux genres. Orienté gothique avec une dose de badass, le film s’ouvre sur une longue séquence d’action et une présentation sommaire de la part de l’héroïne Sélène. Tout est réuni pour bien faire sentir aux spectateurs qu’il est dans un film de vampire avec des tenues en latex noir, une photographie sombre, de la pluie et bien entendu des éléments fantastiques comme un saut à une hauteur vertigineuse. On pourrait sentir l’inspiration gothique de la Hammer, sauf qu’à force de vouloir rajeunir cette image, on se retrouve face à quelque chose de lisse et qui n’a pas vraiment d’intérêt, si ce n’est de complaire le jeune ado qui ne trouve plus de beauté dans le granuleux et le monstrueux. Ici, tous les vampires sont beaux et vivent dans une luxueuse maison. Quant aux loups-garous, ce sont des meutes disparates vivants proche des égouts et essayant tant bien que mal de paraître humain. Sorte d’image d’Epinal du vampire et du lycan, le film ne fait rien pour paraître un tant soit peu original. Bien au contraire, il pique sans vergogne des idées à droite et à gauche pour le design (Blade, Entretien avec un Vampire) mais aussi pour la mise en scène.

Se voulant nerveux, le film enchaine les gunfights de manière presque cyclique. Le début est assez tonitruant et finalement, il passe relativement bien, même plus de treize ans plus tard. Certains effets spéciaux sont convaincants alors que d’autres sont plutôt mauvais, mais dans son ensemble, le film reste vraiment regardable de ce côté-là. Le problème vient des idées de mise en scène qui sont vraiment vieillottes. Les courses-poursuites à pied sont mollassonnes et tiennent parfois de la situation ubuesque comme ce métro que Sélène n’entend pas venir pour créer un scare jump inutile, les plans à la première personne ne change absolument et ne dynamise pas les scènes d’action, et pire que tout, les deux sauts pour tuer qu’effectue Sélène sont filmés de la même manière et sans une once d’originalité, surtout quand on sait que Paul W.S. Anderson pourrait faire pareil. En fait, le film se veut badass mais il accumule des années de retard, même pour le début des années 2000. Le seul lot de consolation que l’on peut avoir de ce côté, c’est que le film n’hésite pas à buter certains personnages et qu’il offre parfois quelques séquences gorasses pas dégueulasses et une transformation en loup plutôt réussie.

Mais on peut dire ce que l’on veut sur le film en lui-même, car dans les faits, ce n’est pas terrible et horriblement cliché, mais il fait le job et divertit le quidam pas trop regardant sur le fond même d’une histoire. Si le film perd en dynamisme en son milieu, il possède un rythme savamment orchestré et distille ses séquences d’action de façon intelligente pour que le spectateur ne s’ennuie pas un seul instant. D’autant plus que ce premier épisode installe une mythologie assez plaisante, très cliché, mais dès l’affiche du film on le sait, et qui ne ment pas sur son contenu. Si le scénario est très faiblard et que certains sentiments s’enchainent bien trop vite comme l’histoire d’amour entre l’héroïne et l’homme qu’elle protège, on reste tout de même dans un blockbuster presque honnête et qui donnera naissance à une licence lucrative.

Au final, Underworld est un film relativement moyen mais qui ne souffre pas tellement du poids des ans. Rentrant dans toutes les cases du cliché vampirique ou lycanthropique, le film de Len Wiseman se laisse regarder comme un divertissement de masse accessible au plus grand nombre et dont l’imbécilité du scénario sera épargné grâce à de l’action plutôt bien foutu et quelques idées de mise en scène agréables. Bref, un premier épisode qui ne fait pas de mal comme il ne transcende pas, ce qui sera l’adage de cette licence sur tout son long.

Note: 12/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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