Tzolk’In

Fiche technique :

Auteur : Simone Luciani et Daniele Tascini

Joueurs : 2 à 4 (5 avec extension)

Durée : 1h30

But du jeu :

A la tête d’un clan maya, gérez vos différentes ressources et obtenez le plus de points de victoire en construisant des monuments et en priant les dieux.

Règles :

Tzolk’In est un jeu de placement d’ouvriers se déroulant au cœur d’une cité maya.

Le plateau central est constitué de 3 zones : une piste des prières, une piste d’améliorations technologiques, et le coeur du jeu, cinq engrenages autour d’un engrenage central. Lorsque la roue centrale tourne, elle entraîne logiquement les cinq autres qui ne sont pas reliées les unes aux autres. Chacune de ces cinq petites roues possède des emplacements sur lesquels les joueurs vont placer leurs ouvriers durant la partie. La roue centrale possède 26 crans, sur le 13ème et le 26ème se trouve une marque de fin de l’année et sur le 7ème et le 20ème une marque de demi-année. Une partie se déroule en 2 années de jeu (un tour complet de la roue centrale). Une flèche située à côté de l’engrenage permet de suivre la progression. En face de chaque emplacement autour des engrenages sont inscrites deux informations : le nombre de Maïs nécessaires pour se placer sur la case – le minimum étant 0 – et l’effet de l’action (sauf devant le 0 Maïs) .

Au début de la partie, chaque joueur possède 3 ouvriers (représentés par de petits pions cylindriques) et des bonus choisis parmi certains distribués aléatoirement.

Lors de son tour, le joueur actif possède deux choix : placer un ou plusieurs ouvriers, ou bien retirer un ou plusieurs pions.

Lorsqu’il se place, le joueur choisit une roue et y insère son cylindre à l’emplacement le plus proche possible du 0. S’il est occupé, il doit payer autant de Maïs que l’indique l’emplacement suivant disponible. Placer un ouvrier au delà du premier coûte également du Maïs, de plus en plus selon le nombre de pions que l’on veut placer.

Par exemple, je veux placer mon ouvrier sur une roue mais la première place (du 0) est prise. La deuxième place (le 1 Maïs) est disponible, je dépense 1 Maïs pour l’y mettre. Durant le même tour je souhaite placer un pion sur une autre roue dont les emplacements 0 et 1 sont pris. Je dépense donc 1 Maïs pour l’ouvrier supplémentaire et 2 Maïs pour l’emplacement. Soit un total de 4 Maïs dépensés en un tour mais 2 ouvriers en place pour la suite de la partie.

Lorsqu’il retire des ouvriers, le joueur choisit dans quel ordre il le(s) remet sur son plateau personnel et effectue chacune des actions correspondantes. Il est possible d’exécuter une action antérieure à la case en face de laquelle un pion se trouvait en dépensant du Maïs.

Une fois que le joueur a terminé soit de placer soit de retirer, c’est au joueur suivant d’agir, et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le monde ait joué. Puis la roue centrale tourne d’un cran, entraînant toutes les autres. Ainsi, un pion qui se trouvait en face du 0 de telle roue se tiendra devant l’action 1 de la même roue. La banque place également un Maïs sur le cran de la roue centrale en face de la flèche.

Quelles sont les fameuses roues et les fameuses actions ?

La roue Palenque permet de gagner du Maïs ou du Bois. Plus un pion est retiré tard sur la roue et plus le gain est important.

La roue Yaxchilan permet de gagner les matériaux de construction : Bois, Pierre, Or, et même des Crânes de cristal.

La roue Tikal est la roue des constructions. Les joueurs peuvent augmenter leurs technologies, construire des bâtiments ou des monuments en payant le coût requis ou augmenter leur ferveur aux dieux. Lorsqu’un bâtiment est acheté, il est remplacé par un autre de la pioche.

La roue Uxmal est celle du commerce. Les actions sont diverses et variées, comme gagner des ouvriers supplémentaires, acheter des bâtiments contre du Maïs, etc.

La roue Chichen Itza est la roue de la religion. Chaque action permet de monter sa ferveur sur la divinité correspondante et de marquer des Points de Victoire (PV). Contrairement aux autres, chaque action sur celle-ci nécessite un Crâne de Cristal et ne peut être effectuée qu’une fois par partie.

Les technologies développées sur la roue Tikal octroient des bonus lors de certaines actions. Par exemple, le premier niveau de la première technologie permet de gagner 1 Maïs supplémentaire lorsque le joueur concerné en récolte (sur une action Palenque, comme indiqué par la couleur de la case de technologie).

Il existe un dernier emplacement situé entre les roues Palenque et Chichen Itza, celui du Premier Joueur. Celui qui s’y place obtient le Jeton Premier Joueur, sera donc le Premier Joueur de la manche suivante (merci Monsieur de la Palice) et pourra se placer en premier sur la roue de son choix. Il prend également tous les Maïs présents sur les crans de l’engrenage central à la fin de son tour (auquel cas aucun Maïs n’y est placé), récupère son pion et a la possibilité de faire tourner la roue de deux crans au lieu d’un, une fois par partie.

A la fin d’un tour où la roue centrale est sur la demi-année ou la fin de l’année, avant de tourner l’engrenage central d’un cran, chaque joueur doit nourrir ses ouvriers en dépensant 2 Maïs pour chacun. Une pénalité de 3 PV en moins par ouvrier non nourri est appliquée.

De plus, à la demi-année, les joueurs reçoivent des ressources en fonction de leur place sur chacune des pistes des divinités comme on le voit sur l’image ci-dessous (1 Pierre pour la première marche de la piste de Chaac le dieu marron, 1 Or pour la deuxième marche de la piste de Quetzalcoatl le dieu jaune, 1 Crâne de cristal et 2 Bois pour la 4ème marche de la piste de Kukulcan le dieu vert, etc).

A la fin de chaque année, les joueurs marquent des PV selon leur place sur chacune des pistes des divinités.

Une fois les deux années écoulées, les joueurs ajoutent les PV rapportés par leurs monuments et leurs ressources le cas échéant. Le plus haut est déclaré vainqueur.

Avis :

Nous n’allons pas nous mentir, Tzolk’In est un titre loin d’être évident à prendre en main. Les règles complètes sont un peu plus complexes, aussi ai-je volontairement omis certains détails. Il s’agit de calculer, beaucoup calculer, anticiper les mouvements de la roue.

« Si à tel tour je place mon ouvrier ici, je devrai le retirer dans 3 tours pour effectuer l’action que je veux. Et comme durant ces 3 tours je ne pourrai pas le bouger, je vais devoir soit en placer ou retirer d’autres. »

Tel est le genre de raisonnement auquel nous sommes confrontés en permanence. Chaque décision, comme souvent dans un jeu de gestion, a un impact sur le futur de la partie même beaucoup de tours après. Mais c’est précisément ce qui donne de l’intérêt à ce jeu. Le système de rouages et d’anticipation oblige à faire des choix stratégiques et à sans cesse placer ses pions aux meilleurs emplacements, mais surtout, à le faire au bon moment. Trop tôt il sera retiré avant d’être exploité comme il faut, et trop tard il faudra dépenser du Maïs. Et l’on sait à quel point il est utile tout au long de la partie pour toutes les raisons détaillées dans les règles.

Les premiers tours (surtout pour les néophytes) sont donc parfois laborieux. Les cinq roues contiennent toutes des actions intéressantes avec lesquelles il faut jongler. L’ordre dans lequel placer les pions est important et n’est pas forcément visible au premier abord. Mais en général, au bout de quelques tours on comprend comment raisonner. Ce qui ne rend pas le jeu plus facile, mais au moins les plans de jeu se dessinent petit à petit et l’on arrive à savoir quoi faire pour optimiser les placements. Grâce au système de bonus de départ aléatoires, les parties se suivent mais ne se ressemblent pas puisque ces bonus peuvent orienter les débuts de la partie.

Au niveau du matériel et du design, le jeu s’en sort très honorablement. Les ressources de construction sont de simples cubes de bois et le Maïs un petit jeton en carton, mais les Crânes de cristal en ont la forme. Le plateau est joliment décoré avec ses champs de récolte à côté des Maïs, les temples autour de Chichen Itza et des pistes des divinités, etc. Les symboles sont plutôt explicites et tout ce qui concerne le déroulement du jeu est décrit sur les plateaux, le central ou les individuels. Même si le jeu est complexe il demeure assez clair même s’il faudra un petit temps d’adaptation pour comprendre les symboles.

Une extension est disponible, permettant à un cinquième joueur de prendre place autour du plateau, augmentant la durée de la partie en conséquence. Elle apporte également de nombreux modules supplémentaires qui changent la façon de jouer, comme les malédictions, les tribus etc.

Finalement, Tzolk’In se révèle être un excellent jeu à tout égard. Son manque d’accessibilité pourra en rebuter plus d’un mais ils passeraient à côté d’un titre d’une grande profondeur, qui fait l’unanimité auprès des aficionados de jeux de placement d’ouvriers. S’il a remporté plusieurs prix et nominations depuis sa sortie en 2012, ce n’est pas pour rien. Il faut simplement aimer réfléchir, anticiper, calculer, planifier. Tout le monde ne joue pas dans le but de faire fumer son cerveau mais pour ceux dont c’est le cas, ce titre est incontournable.

Note: 18/20

Par Flippy Who

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