Pain of Salvation – In the Passing Light of Day

Avis :

Si les pays scandinaves sont réputés pour leurs groupes de métal symphoniques ou pour leurs personnages hauts en couleurs officiant dans le black métal, il y a un genre à ne pas oublier, c’est le métal progressif. Gros mot pour désigner des groupes qui font un choix hybride avec des compositions recherchées et complexes, Pain of Salvation est un peu le père de tous les autres groupes qui se sont lancés dans le sous-genre. Né en 1984 sous l’égide de son auteur/compositeur/chanteur d’aujourd’hui Daniel Gildenlöw, le groupe sort son premier album en 1997, soit treize années après sa création. Et pourtant, assez rapidement, la formation commence à percer et à se faire un nom. Alliant des riffs très lourds avec des émotions à fleur de peau, Pain of Salvation a su s’imposer malgré quelques baisses de régime à la fin des années 2000. Trois ans après Falling Home, le groupe revient avec In the Passing Light of Day, un album attendu au tournant, montrant l’évolution du groupe et sa volonté de revenir sur le devant de la scène avec des compositions qui leur sont propres, cherchant toujours à allier des termes antinomiques. Et force est de constater que le groupe est très en forme et fournit avec ce dixième album studio une partition particulièrement réussie.

Le skeud commence de manière virulente avec des riffs agressifs dès le départ et une introduction d’une grande violence. On a Tuesday fait partie des trois titres très longs qui ouvrent, clôturent et alimentent le skeud en son milieu. Dépassant les dix minutes, ce premier va être l’exemple même de ce que le groupe sait faire de mieux, à savoir des compositions complexes, longues, variés et entrecoupées de manière cohérente afin de poser une ambiance étrange entre lumière et ténèbres. Ce premier titre, surpuissant dans son départ, va vite devenir plus calme afin de narrer une histoire de façon paisible, tout en chuchotement, avant de partir sur un refrain plus puissant et allant réellement dans un métal pure souche et catchy. De ce fait, l’album s’ouvre de manière optimale avant de laisser la place à des titres plus classiques. Tongue of God démarre de manière exquise avec un léger piano avant de lâcher les riffs surpuissants pour stopper de manière nette tout flottement dans le titre. Cette rupture va permettre au groupe de donner de l’énergie au morceau mais surtout d’affiner une émotion à fleur de peau, et cela malgré des sonorités très rugueuses. Meaningless confirmera cette volonté du groupe de mélanger violence et tendresse dans un morceau plus classique, mais doté de sonorités entêtantes, offrant le titre le plus accessible de l’album. Enfin, Silent Gold sera la face posée de la formation, offrant un morceau tout au piano, d’une douceur incroyable et d’une puissance émotive incroyable. Dans cette première partie, on sent bien que le groupe ne se cherche plus et compose avec tout ce qui fait son identité et le résultat est prenant et surprenant.

En milieu d’album, on trouve une piste qui dure plus de neuf minutes. Full Throttle Tribe fait partie des trois gros morceaux de l’album. Très varié, le morceau commence de manière assez calme, plutôt rock, avec un refrain très catchy, qui rentre immédiatement en tête, suivi d’un solo puis d’un long moment très posé, presque aérien, où le chanteur laisse éclater sa voix si fragile, parvenant à faire ressentir des émotions très intéressantes à l’auditeur. Par la suite, le groupe rattrape son côté hard rock du début pour finir ensuite sur quelque chose de très lourd, qui n’a plus vraiment de sens musical, si ce n’est d’appuyer une ambiance lourde, presque clinique, comme si on se retrouver dans la tête d’un malade en fin de vie. Le morceau est très fort car il communique beaucoup d’émotions et de sentiments et force le respect par sa construction parfaite. Par la suite, certains morceaux vont réellement retenir l’attention, comme Reasons qui est un titre métal assez drôle à cause de son côté déstructuré qui fait contraste entre des riffs agressifs et un couplet/refrain relativement sensible. Angels of Brken Things est un titre classique dans sa composition, puisqu’il s’agit d’un titre qui monte crescendo pour finir par un solo dantesque et absolument incroyable. The Taming of a Beast s’avère être un titre assez sombre mais très entêtant et If This is the End est un titre d’une beauté sidérante qui allie énergie et douceur au sein du même titre. Enfin, difficile de passer à côté du dernier titre, durant plus de seize minutes. Ce dernier morceau est plus doux que les autres, montant crescendo mais jouant bien plus sur le côté émotionnel de la chose et le pire c’est que ça marche. On ne s’ennuie pas une seconde et même si la structure demeure assez classique et facile d’accès, le fait est que le titre est touchant et beau.

Au final, In the Passing Light of Day, le dixième album de Pain of Salvation, est une réelle réussite. Si une paire de titres sont un peu moins performants que d’autres, cet album synthétise parfaitement la maturité du groupe qui fournit un skeud à leur image, à la fois complexe et beau, violent et calme. Bref, un album totalement réussi qui demeure accessible malgré son aspect progressif qui peut en rebuter plus d’un.

  1. On a Tuesday
  2. Tongue of God
  3. Meaningless
  4. Silent Gold
  5. Full Throttle Tribe
  6. Reasons
  7. Angels of Broken Things
  8. The Taming of a Beast
  9. If This is the End
  10. The Passing Light of Day

Note: 18/20

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Par AqME

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