Gojira – L’Enfant Sauvage

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Avis :

Peut-on dire que le Sud Ouest de la France est une région propice aux groupes de métal talentueux ? Entre Furaya, Sidilarsen ou encore Gojira, voilà un territoire qui possède bien des talents sur la scène rock/métal de l’hexagone. Fondé en 1996 sous le nom de Godzilla, et qui deviendra Gojira en 2001, le groupe propose un death métal puissant et mélodique. Reconnu dans le monde entier pour sa technicité, la bande se forme autour de deux frères, Joseph et Mario Duplantier à Bayonne. Après deux albums puissants mais assez discret, Terra Incognita et The Link, le groupe explose vraiment avec From Mars to Sirius, en 2005, qui leur ouvre les portes de nombreux festivals et surtout la route vers les Etats-Unis. En 2008 sort le quatrième pus du groupe, The Way of all Flesh et c’est un gros carton ? Ils se font repérer par Metallica qui les embauche pour assurer leur première partie lors de leur tournée aux States en compagnie de Lamb of God. La renommée se fait internationale et on applaudit vraiment la technicité incroyable du groupe. Il aura fallu attendre quatre ans pour voir enfin le cinquième album du groupe qui arbore un titre français malgré leurs influences américaines. Alors que vaut L’Enfant Sauvage sorti en juin 2012 ? Le groupe reste-t-il le même ou a-t-il succombé à la facilité ? Allons écouter ça de plus près, jusqu’à en devenir sourd !

Avec ce skeud, les français veulent frapper fort et ils le font savoir de suite avec la première pièce, la plus longue de l’album et qui arbore un ton très lourd avec des riffs sauvages et assassins, mettant en avant un grincement redondant, donnant un beau sentiment de puissance. La batterie est omniprésente et ajoute une énergie supplémentaire. Mais on pourrait se dire que l’on a déjà entendu cela des dizaines de fois, mais les membres du groupe ne sont pas des débutants et ils enclenchent sur la fin une rupture incroyablement efficace et violente avec un changement d’ambiance radicale, qui part d’un chaos effrayant vers une sorte de western post-apocalyptique, rappelant une mélodie qui mélange Sergio Leone et le Death métal. Ainsi, Explosia est vraiment un morceau complet, lourd et beau et qui laisse augurer une suite monumentale. Les trois morceaux suivants sont eux aussi surpuissants que ce soit le tube L’Enfant Sauvage ou encore The Axe doté d’une introduction ultra rapide et dantesque ou bien Liquid Fire qui résonne comme un échange entre humanité et robotisation. On aura le temps de souffler un peu avec The Wild Healer, courte coupure d’un peu plus d’une minute qui laisse le temps de reprendre son souffle, tout en démontrant la maîtrise instrumentale du groupe, avec une guitare irréprochable. Tout ça pour mieux nous asséner d’un morceau très sombre, double pédale à l’appui qui résonne comme un gros morceau de Black pour dériver vers le Death pur et dur. Planned Obsolescence est résolument le morceau le plus sombre et le plus rapide de l’album. On arrive ensuite à des morceaux très construits, relativement violents, durant quasiment la même durée, un peu plus de cinq minutes et qui sont vraiment intéressants d’un point de vue technique et rythmique, se calmant tout doucement vers la fin tout en gardant une certaine hargne, comme une colère qui se tasse mais qui reste grondante. D’ailleurs, tout l’album donne un gros ressenti de colère et d’énergie à revendre, comme une ode à la nature et une haine viscérale envers l’être humain destructeur et non respectueux. On ressentira encore cette énergie vivace au travers Pain is a Master, arborant une introduction sublime qui part en vrille dans une violence incroyable, un peu comme la pièce suivante, Born in Winter, calme et mélancolique mais lançant des assauts d’une grande violence. Cette impression de déchéance de l’humanité est confirmée avec la pièce finale, The Fall, sombre et prophétique au possible. Les deux morceaux bonus sont un peu plus mainstream et correspondent un peu plus à une demande américaine dans le domaine du death métal, proposant une ambiance amoindrie au profit de riffs plus présents.

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Il est clair que le chant de Joseph Duplantier peut ne pas plaire à tout le monde, mais il s’accorde parfaitement à la rythmique et à l’ambiance de fin du monde du groupe. On pourra donc mesurer sa puissance sur des morceaux explosifs comme sur Explosia ou sur des morceaux un tantinet plus calmes comme Born in Winter. Néanmoins, les longues plages instrumentales posent une ambiance qui ne nécessite pas forcément l’ajout d’une voix et le groupe l’a très bien compris. Du coup, de longs moments instrumentaux sont présents et rendent vraiment très bien dans l’album. D’autant plus que la performance des musiciens est suffisante et c’est un bonheur que d’entendre ces longues plages instrumentales.

Au final, L’Enfant Sauvage est un très bon album. Complexe, sombre, puissante et généreux, Gojira ne succombe pas aux facilité et ne se contente pas de faire un album commercial qui lui ouvrirait les portes des States. Bref, voilà un album convaincant, dans la lignée de ce que sait faire le groupe et il s’agit du groupe le plus technique et puissant de France. Fier d’être français pour le coup !

  1. Explosia
  2. L’Enfant Sauvage
  3. The Axe
  4. Liquid Fire
  5. The Wild Healer
  6. Planned Obsolescence
  7. Mouth of Kala
  8. The Gift of Guilt
  9. Pain is a Master
  10. Born in Winter
  11. The Fall
  12. This Emptiness
  13. My Last Creation

Note : 17/20

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Par AqME

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