Androïdes – Tome 3: Invasion

Auteurs : Sylvain Cordurié et Emmanuel Nhieu

Editeur : Soleil

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Nouvelle série concept sur la thématique de l’intelligence artificielle. Sortant d’un long sommeil artificiel, Jerrod est totalement perdu. Il ne sait pas pourquoi il était endormi. Il ne connaît pas les individus qui l’ont réveillé et tous portent la même étrange combinaison que lui. Il comprend encore moins d’où leur viennent leurs étonnants pouvoirs, pourquoi la ville où il a grandi est quasi-déserte et à quoi correspondent les visions qui l’assaillent. Autant de sujets qui attendront d’avoir leurs réponses. Car à peine est-il sur pied qu’une créature titanesque tente de les tuer, lui et ses protecteurs. Il ne doit sa survie qu’à leur adaptation à un combat qui a commencé il y a trois jours. Un combat à l’échelle mondiale.

Avis :

Invasion est le troisième tome de la série-concept Androïdes des éditions Soleil. Sylvain Cordurié en est ici l’auteur et Emmanuel Nhieu est au dessin. Ce volume contrairement aux autres, ne met pas en avant les androïdes dès les premières pages. Le lecteur devra prendre son mal en patience pour les voir apparaître et comprendre leur fonction dans ce nouveau one-shot.

Les dessins sont différents des autres volumes mais tout aussi beaux et adaptés au scénario. Les villes dépravées, d’un trait précis et fin, nous ramènent à un monde post-apocalyptique dans lequel on ne serait pas étonnés de voir apparaître des zombies. Les couleurs varient selon que l’on s’intéresse aux héros ou aux envahisseurs. Le noir et le marron, couleurs plutôt tristes et ternes, nous rappellent les conditions de vie difficiles des personnages principaux, quand le bleu et le blanc, couleurs lumineuses, renvoient aux forces mystérieuses qui attaquent la Terre. Les planches sont magnifiques et nous plongent totalement dans l’action.

C’est d’ailleurs dans l’action que commence cette histoire. Cette BD débute par l’extraction d’un cocon, de Jerrod, le personnage principal. On n’apprend pas grand-chose de lui, si ce n’est qu’il a un humour machiavélique parsemé d’ironie en tout genre, qu’il possède un caractère je-m’en-foutiste sur les bords et qu’il apprécie les plaisirs simples de la vie. On s’attache vite à lui, malgré son vocabulaire très imagé, voire vulgaire qui n’est pas forcément adapté à un aussi large public que les autres tomes de cette série. Cette fraicheur fait tout de même du bien et nous rapproche de notre propre réalité, humanisant les personnages et leur combat pour leur survie. Jerrod n’hésite pas à interpeller sa sauveuse par des termes peu avantageux : « D’abord, d’où tu sors mon prénom, poupée ? Et qu’est-ce qu’on fout ici ? » (page 5).

De suite après son extraction, Jerrod est confronté à trois choses : une perte de mémoire fulgurante, une avalanche de questionnements sur sa présence et son utilité, et une attaque massive des envahisseurs. Ces derniers, que les humains appellent les énergétiques, sont capables de choses incroyables. Façonner la matière inorganique et s’incarner dans ces formes, sont les pouvoirs visibles que ces agresseurs veulent bien montrer. Afin d’éviter toute future menace, ces créatures émettent de forts rayons capables de tuer tout ce qui se trouve aux alentours et de creuser des puits immenses. La planète est ainsi parsemée d’énormes trous et de scènes de chaos.

Cela ne fait que trois jours que les humains se sont réveillés au sein de cocons, ne se souvenant pas de leur vie passée. Que signifient ces cocons ? Ont-ils servis aux humains afin d’acquérir de nouveaux pouvoirs ? Effectivement, on découvre vite que les humains, à l’image des super-héros, ont des pouvoirs kinésiques sensationnels : certains peuvent déplacer des objets, d’autres peuvent contrôler le feu, certains peuvent lire les pensées de leurs semblables… Cela ne suffit pourtant pas à vaincre la menace. Jerrod est une des clés de ce combat. Le pouvoir qu’il finira par développer sera essentiel quant à la découverte de la venue des envahisseurs et de la façon de les détruire. Ses intuitions et son sale caractère finiront par sauver l’humanité, contre toute attente. Ce qu’il découvrira étonnera tout le monde, aussi bien le lecteur que les autres personnages du récit.

Cette chute surprenante nous fait tout de même nous poser plein de questions dont certaines resteront sans réponse. Ce volume se termine un peu brutalement, nous faisant rester sur notre faim, avides d’informations mais aussi avec le désir de suivre le futur des personnages. Le rythme de ce volume est assez mouvementé. Le début est rapide et nous plonge complètement dans l’intrigue. On a l’impression de vivre un jeu vidéo et ne pas avoir le temps de reprendre notre souffle. La deuxième partie du récit est plus lente, plus molle, surtout accès sur des dialogues hauts en couleurs et la mise en place du plan de Jerrod. La fin arrive vite et les révélations sont massives.

Malgré un rythme inégal, ce volume reste dans la veine des précédents récits. On suit les aventures des personnages avec plaisir, et l’on perçoit le rôle des androïdes d’une toute autre façon. De plus, les inspirations de l’auteur nous ramène à un univers SF qui nous plaît : l’invasion rappelle la guerre des mondes de H.G. Wells, les tenues des personnages fait penser quelque peu à Star Trek (comme le sous-entendra Jerrod lui-même), les pouvoirs des humains sont comme ceux des super-héros des univers DC ou Marvel et l’importance du rôle du personnage principal nous ramène à l’image de Neo dans Matrix, l’élu qui les sauvera tous.

Note : 15/20

Par Lildrille

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