Blair Witch 2: le Livre des Ombres

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Titre Original : Book of Shadows : Blair Witch 2

De: Joe Berlinger

Avec Kim Director, Erica Leershen, Jeffrey Donovan, Tristine Skyler

Année: 2000

Pays: Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Quelques temps après la disparition de trois étudiants en cinéma, un groupe de jeunes « touristes » revient sur les lieux de l’affaire afin de se frotter avec la légende de la sorcière de Blair…

Avis :

Il y a une formule qui ne dépérit pas à Hollywood, c’est celle des suites de films lorsqu’un premier a fonctionné au box-office. On en voit chaque année, et cela donne même lieu à des licences qui ne valent malheureusement pas tripette hormis le premier métrage de la franchise. Le phénomène n’est pas nouveau et l’argent est le nerf de la guerre, ce qui signifie que si un film a marché en salles, une suite peut aussi attirer les foules. Mais succéder au buzz est une tâche difficile à accomplir, car elle se doit d’être de qualité afin de ne pas décevoir les fans. Plus de budget, plus d’attente, tout cela ajoute une grande pression sur les épaules de réalisateurs qui n’ont bien souvent pas le talent pour s’inscrire dans une droite lignée de suites supérieures au premier opus. On a trouvé cela avec tous les Paranormal Activity, mais aussi avec La Colline a des Yeux ou encore Saw et Leprechaun pour ne citer que les grosses franchises. Du coup, Blair Witch 2, tourné à peine un an après la sortie du premier, avait de quoi inquiéter et malgré son affranchissement du premier, le film demeure une purge infâme.

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Afin de s’affranchir de son aîné et de marquer pleinement sa différence, ce second opus ne sera pas un found-footage, mais un vrai film avec des plans fixes. Et si l’on peut supposer que le documenteur est un moyen de pallier à un manque d’idées dans la mise en scène, il aurait mieux valu suivre ces traces afin d’éviter de faire un film aussi vide et incohérent que celui-ci. Car non seulement c’est mal filmé avec des ralentis et des passages complètement à la ramasse, mais en plus de cela, le film accumule des années de retard et vieillit très très mal. La preuve en est faite avec des images dégueulasses, accusant un grain grossier et des séquences d’une laideur absolue qui n’aurait plus lieu aujourd’hui, à l’image de cette pauvre actrice qui tourne à moitié nue autour d’un arbre et qui se voit plusieurs au ralenti.

Histoire d’encore plus cracher sur le premier, on nous raconte donc que Le Projet Blair Witch était bien un film et que tout cela n’était qu’une supercherie. Cependant, le succès est tel que la ville de Burkittsville devient le théâtre d’une foule de jeunes passionnés par le métrage. Mais attention, quand on dit jeune, c’est jeune gothique à fond dans le trip sorcellerie, scarification et autre fond de teint blafard. Il en résulte un manque incroyable de discernement sur le public ciblé et surtout un cynisme incroyable autour du cinéma de genre. Nanti d’un scénario creux comme un bouché à la reine vide, Blair Witch 2 se permet d’attaquer le genre même qu’il côtoie en mettant en avant des moments ridicules, des clichés sur pattes et surtout une morale à deux balles qui prône que la violence à l’écran développe la violence dans la vraie vie. Un concept faux et honteux, puisqu’il suffirait de deux heures de Télétubbies pour devenir un maniaque. A partir de là, difficile de donner du crédit à un film qui n’en veut même pas, se tirant une balle dans le pied et se sabordant tout seul.

Même l’histoire de la sorcière ne tient plus debout et devient une anecdote parmi un groupe de jeunes qui essayent de comprendre comment ils ont pu s’endormir dans la forêt et se réveiller le lendemain avec tout le matos détruit. Voulant faire dans le cinéma d’auteur, Joe Berlinger assomme ce réveil avec une pluie de papier, qui sera improbable vu la taille du mémoire du couple dans le film. Complètement incohérent, le film l’est aussi dans sa ligne temporelle au niveau de la narration. Ne cessant de faire des flashbacks et des va-et-vient entre la fin du film et les évènements étranges qui se produisent, Blair Witch 2 ne tient pas debout et casse constamment son rythme pour affliger au spectateur des moments de folie aussi intense qu’un concert d’Etienne Daho. Cela sans compter sur les prestations des acteurs, aussi béats que le spectateur devant tant de mépris et de bêtise. La palme reviendra à Jeffrey Donovan, pire acteur du film, surjouant à mort et devenant presque l’homme à abattre tant il est insupportable.

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Au final, Blair Witch 2 : Le Livre des Ombres (on cherche encore l’ombre d’un livre…) est un navet indigeste et qui est encore plus vide que le premier film, qui n’était déjà pas bien folichon. Note d’intention complètement ratée, opportunisme visible à deux cents kilomètres, cynisme méprisant pour un cinéphile attardé qui se goinfre de films d’horreur en bouffant des pop-corn, voilà certainement tout ce qu’il ne faut pas faire dans un film d’horreur. Et visiblement, le réalisateur l’a bien compris puisqu’il dénonce lui-même dans son film combien la violence à l’écran est néfaste pour la vie quotidienne, rendant n’importe qui complètement fou et destructeur. Bref, un film qui n’a pas lieu d’exister, et Adam Wingard l’a bien compris en occultant complètement ce métrage pour faire une vraie suite au premier film. Et même si ce troisième film n’est pas folichon, il reste autrement plus recommandable que ce deuxième film qui n’est qu’un teen movie débile et sans enjeu.

Note : 01/20

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Par AqME

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