octobre 29, 2020

Car Wash

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De : Michael Schultz

Avec Richard Pryor, Antonio Fargas, George Carlin, Darrow Igus

Année: 1978

Pays: Etats-Unis

Genre: Musical

Résumé:

Des employés noirs d’une station de lavage de voitures reçoivent de drôles de visiteurs.

Avis:

Il y a eu une période aux Etats-Unis, durant les années 70, au cinéma, que l’on nomma la blaxploitation. Mot dérivé issu de Black et Exploitation, on regroupe sous ce terme tous les films qui visait à mettre en avant des acteurs noirs au premier plan, redorant ainsi l’image de l’afro-américain. Adieu second rôle et clichés à gogo, l’américain noir allait enfin être reconnu à son juste titre. Voyant la niche potentielle de fric à se faire, les producteurs se sont jetés dans le sous-genre pour y faire et n’importe quoi. Parmi les titres les plus connus on peut citer Shaft ou Coffy, mais certains métrages demeurent encore trop peu méconnus. Le plus navrant dans cela, c’est que pour mettre en avant une catégorie de personnes, il faut tomber dans un cinéma d’exploitation, comme si ça ne tombait pas sous le sens qu’il faille un panel ethnique dans chaque film. Quoiqu’il en soit, ce cinéma d’exploitation a connu de beaux jours aux Etats-Unis et aujourd’hui encore, certains films sortent avec cette étiquette sur le dos.

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Car Wash est exactement un film de blaxploitation, mettant en avant des blacks travaillant dans une station de lavage de voitures. Jusque-là tout va bien, sauf que le film, sous couvert de son sous-genre, ne va pas aller forcément au bout de son concept et va s’enliser dans des délires ubuesques et des clichés parfois assez pénibles, à l’image de la chanson devenue culte qui repasse au moins trois ou quatre fois dans le film.

En fait le principal problème de Car Wash, c’est qu’il ne propose pas d’histoires en proprement parlé. Sur un scénario de Joel Schumacher (celui qui a détruit Batman au cinéma), le film ne va être qu’une journée dans cette station de lavage, mettant en avant une équipe où chaque entité a des soucis et tente de les régler pendant que des clients bizarres viennent pour faire nettoyer leur bagnole. Il n’y a donc rien de mirobolant et le film va souffrir des baisses de rythme à cause des problèmes de chacun qui ont complètement inégaux. Avec sa multitude de personnages, le film perd de son intensité et n’arrive jamais à traiter avec un pied d’égalité tous les employés. Il en résulte que certains sont plus travaillés que d’autres et que d’autres ont de plus gros problèmes que certains. Cette inégalité se traduit énormément lorsque l’on ne sait plus le prénom de tel ou tel personnage et c’est problématique quand on en arrive au milieu du film.

L’autre gros souci, c’est que cette équipe hétéroclite n’est pas du tout plausible. Chaque personnage a un caractère bien défini et rentre dans une case précise. Ainsi on aura droit à l’obèse de servir que tout le monde surnomme Hippo, celui qui veut arrêter les études alors qu’il en a les capacités, celui qui fait des paris et gaspille son argent, celui qui est perdu et qui se convertit à l’islam, les deux qui se prennent pour des stars en devenir et qui ne font que danser, l’homosexuel travesti ou encore celui qui est fan de comics et amoureux transi d’une serveuse. Au milieu de tout ça il faudra rajouter une employée plantureuse et un peu idiote, un patron sympathique mais dépassé par les évènements ou encore un indien et mexicain qui s’amusent à se faire des crasses. Bref, un panel improbable qui empêche le film de traiter tout le monde de la même manière créant ainsi un gros dimorphisme dans le métrage. Alors certes, il y a des dialogues marrants et des passages plus agréables, car l’équipe s’entend bien et ils passent plus leur journée à jouer qu’à nettoyer les voitures, mais globalement c’est très léger.

Mais il ne faut pas prendre le réalisateur et le scénariste pour des neuneus (du moins à l’époque) puisque Car Wash sera tout de même un joli miroir sur la société américaine et ce qu’elle renvoie. En effet, chaque problème de chaque personnage fait écho à un phénomène sociétal. Le personnage le plus important est résolument celui qui s’est converti à l’islam et qui est un peu moqué par ses camarades. Toujours borderline et prêt à craquer, on sent que c’est un personnage confus, perdu et qui chercher des réponses pour retrouver une certaine plénitude. On remarquera que déjà dans les années 70, l’islamisme était présent et pouvait servir de guide pour une personne en perte de repères. On verra aussi l’importance des études et ce qu’elle peut apporter aux jeunes. Mais le plus important, c’est au travers des clients que l’on va voir le plus d’écart et notamment avec la nana bourgeoise qui veut faire nettoyer sa voiture car son gosse à vomi dedans. Elle renvoie une image de snob, parlant mal aux employés et on sent une réelle distance entre deux mondes opposés, mais renvoyant un sentiment différent, entre joie, bonne humeur et snobisme exacerbé poussant à l’aigreur.

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Au final, Car Wash est une semi déception. Jouant à fond la carte de la blaxploitation, le film se révèle être assez creux dans son histoire et son scénario. Si les thèmes traités sont importants et mettent en relief une société qui n’a pas tellement bougé, il manque vraiment un liant au film pour demeurer parfait. En l’état, on se retrouve devant un film retraçant une journée hautement improbable dans une station de lavage, mais qui n’arrive pas à traiter de façon égalitaire chaque personnage. Alors il en résulte un film agréable, mais pas aussi « cool » que ça, malgré une bande originale d’enfer, bien qu’un peu redondante.

Note: 12/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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