décembre 2, 2020

Ninja Turtles 2 – Tombe la Carapace

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Titre Original : Teenage Mutant Ninja Turtles : Out of the Shadows

De: Dave Green

Avec Megan Fox, Will Arnett, Stephen Amell, Noel Fisher

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Action

Résumé:

Michelangelo, Donatello, Leonardo et Raphael sont de retour pour affronter des méchants toujours plus forts et impressionnants, aux côtés d’April O’Neil, Vern Fenwick et d’un nouveau venu, le justicier masqué hockeyeur Casey Jones. Après son évasion de prison, Shredder associe ses forces à celles d’un savant fou Baxter Stockman et de deux hommes de main aussi bêtes que costauds, Bebop & Rocksteady. Leur objectif : lancer un plan diabolique pour régner sur le monde entier ! Alors que les Ninja Turtles s’apprêtent à défier Shredder et son nouveau gang, ils doivent rapidement faire face à une menace tout aussi grande : le célèbre Krang !

Avis:

Est-il légitime de faire une suite parce que le premier film a connu un gros succès au box-office et a remporté beaucoup d’argent au studio ? Car à la base, Ninja Turtles 2 n’a pour vocation que d’engendrer un max de blé surfant sur le succès incroyable du premier qui a permis aux producteurs d’empocher plus de 400 millions de dollars de bénéfice. Nous sommes donc en droit de se questionner sur les raisons d’une telle entreprise, transformant le cinéma en un business indécent où seul l’argent prévaut sur la qualité artistique de l’objet filmique. Si parler de ce sujet est synonyme d’enfoncer des portes ouvertes, on a quand même vu des suites qui ne méritent même pas la peine d’être vues, car elles ne suivent pas un scénario nécessitant plusieurs épisodes, et cet aspect mercantile du cinéma déçoit plus qu’il ne réjouit, préférant plaire aux masses plutôt que de proposer des choses qui font réfléchir.

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Ninja Turtles, à la base, est un comics issu de l’imaginaire de Kevin Eastman et Peter Laird, qui fut adapté plusieurs fois au cinéma dans les années 90, puis qui a connu le succès avec des séries animées qui ont fait les beaux jours des trentenaires d’aujourd’hui. Une nouvelle génération voit le jour, il faut donc l’éduquer avec les moyens du bord et reprendre les madeleines de Proust des parents (les nouvelles vaches à lait) pour donner envie de faire découvrir ce qui a bercé la jeunesse parentale. Il y a deux ans, le premier Ninja Turtles sortait sur nos écrans, produit par Michael Bay, et malgré le bâchage subit par le film, il en ressortait un métrage sympathique, plein d’envie, de bonne humeur et avec un certain sens du spectacle. Certes, il ne fallait pas chercher une quelconque réflexion sur les mutations génétiques, mais ce premier film de la franchise signé Jonathan Liebesman était un petit plaisir coupable. Qu’en est-il de cette suite ?

Le début ne démarre pas forcément sous les meilleurs auspices. Démarrant frénétiquement, on ne comprend pas très bien ce qu’il se passe à l’écran. Il faut dire que le réalisateur est jeune, ne comptant qu’un seul film à son actif (Echo) et que la lisibilité de l’action est inexistante. C’est plutôt brouillon, trop rapide et on ne sait pas trop ce qu’il se passe à l’écran. Néanmoins, passé cette première scène, on tombe sur une comédie sympathique avec ce qu’il faut d’action et d’humour pour ne pas sombrer dans le film pour enfant ou dans une surenchère de bastons illisibles. Le film se pose et pose aussi les enjeux du film, l’évasion de Shredder et l’incapacité des tortues à communiquer entre elles. Le film va alors aborder plusieurs thèmes qui vont s’entrecroiser pour parler de l’intégration et de l’union malgré les différences. Loin d’être bête et sans message pour les plus jeunes, le film va essayer, au milieu d’un maelstrom d’action, de parler des différences de chacun, autant physiques que mentales, et de les accepter pour réussir. Ainsi, que ce soit au sein même de la fraternité reptilienne ou auprès de l’humain qui a toujours peur de ce qu’il ne comprend pas, Ninja Turtles 2 porte un regard finalement assez mature sur la tolérance et l’acceptation des différences.

Il réside d’ailleurs dans le film un bon équilibre entre l’action et les moments de doute qui renforcent finalement la cohésion du groupe et cette volonté de ressembler à tout le monde. Certes, le fil rouge est prévisible mais il y a une véritable honnêteté dans le propos et une vraie pensée positive. Et parler de tolérance et de culture de la différence pour réussir l’impossible, c’est plutôt intelligent de nos jours. Mais ce n’est pas tout. Le film parle aussi de ce passage difficile et douloureux de l’adolescence à l’âge adulte. Clairement dit par Splinter, les tortues grandissent, ont des responsabilités plus grandes et doivent prendre leurs décisions par elles-mêmes. Ainsi, le film propose un véritable lien avec le premier métrage et ne se contente d’être une suite bankable. On pourra toujours lui imputer des défauts comme une histoire cousue de fil blanc ou encore des moments pas toujours lisibles, mais on ressent un réel travail de fond dans cette œuvre.

Et comme si ces petites qualités ne suffisaient pas, les scénaristes ont essayé de coller le plus possible au dessin animé qui a bercé notre enfance. Ainsi, outre les personnages de Krang, Bebop ou encre Rocksteady, on retrouve tous les éléments qui touchent au dessin animé comme le camion poubelle customisé, Casey Jones ou encore l’arrivée du technodrone qui menace la Terre. Du coup, au-delà du simple clin d’œil, les scénaristes émettent un profond respect pour les fans de la franchise, tentant à chaque fois de recoller au dessin animé mais aussi aux comics, afin de contenter tous les fans des tortues ninjas. Une démarche intéressante, mais qui n’est pas vaine, utilisant nos souvenirs pour les remettre au goût du jour dans une ambiance joviale et respectueuse des années 90. Alors après, il y a quelques petites choses gênantes, notamment sur le casting avec Stephen Amell (Arrow) qui n’est pas du tout convaincant en Casey Jones (cela est sûrement dû à la version française), mais on ne peut que rester sur de bons sentiments vis-à-vis de ce métrage qui, comme son aîné, demeure un plaisir coupable, un rêve de gosse éveillé sur lequel on ne crache pas.

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Au final, Ninja Turtles 2 est plutôt une bonne surprise. Si nous ne sommes pas face à un chef d’œuvre, il réside dans ce métrage une jolie honnêteté et un message positif qui suffisent à rendre l’ensemble sympathique et avenant. De ce fait, on peut facilement laisser de côté les petites scories propres à ce genre, comme un humour parfois lourdaud ou des séquences proche de la science-fiction, pour profiter pleinement d’un spectacle visant un grand public et contenant son lot de scènes impressionnantes.

Note : 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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