Tarja – The Brightest Void

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Avis :

Quand on fait partie d’un groupe qui devient mythique grâce à sa propre voix et son charisme, il est évident que l’envie de faire un projet solo germe assez rapidement. Tarja Turunen est une star incontestée dans son pays, la Finlande. Chanteuse lyrique, pianiste, elle se fait connaître en 1996 en même temps que le groupe pour lequel elle chante, Nightwish. Il faut dire que le groupe finlandais a inventé un genre nouveau dans le domaine du métal, le métal symphonique. S’inscrivant parfaitement dans la lignée des groupes nordiques mélangeant des sons modernes à du folklore scandinave, Nightwish s’est vite retrouvé sur le devant de la scène et l’un des piliers du genre. Cependant, c’est en 2005 que le groupe se sépare de sa chanteuse phare pour d’obscures raisons qui seront toutes rejetées par la chanteuse elle-même, disant qu’elle voulait faire une carrière solo. Et c’est en toute logique qu’on la retrouve plus de dix ans plus tard un micro à la main et un nouveau skeud sous le bras. Un cinquième album qui arrive trois ans après le précédent, Colours in the Dark, qui fut une plutôt bonne surprise. Mais qu’en est-il vraiment que The Brightest Void ? La chanteuse a-t-elle remis ses bottines de cuir pour faire du métal symphonique ou a-t-elle subi la corruption des émissions de télé-crochet qu’elle anime dans son pays ?

Le skeud commence avec No Bitter End et autant dire que cela augure de bonnes choses. Il faut dire que les riffs sont agressifs, la rythmique est ultra rapide et le titre démarre sur les chapeaux de roue. Seulement, le refrain sera un petit peu en deçà des attentes, car il sera plus calme, plus lyrique et rentrera difficile au milieu de cette énergie débordante. Néanmoins, le morceau passe facilement et se révèle très efficace. Il permet d’ailleurs d’aborder le morceau suivant plus facilement, puisque Your Heaven and Your Hell, en duo avec le chanteur finlandais Michael Monroe issu du groupe Hanoi Rock, sera un titre très énergique, mais plus proche du punk que du métal. Le morceau est très rythmé, rapide et la fusion des deux voix sont très intéressantes, livrant des prestations différentes mais qui s’accorde dans une osmose vivifiante. Mais le plus intéressant dans ce titre, c’est la rupture de ton en plein milieu du titre, passant du punk rock à quelque chose de plus jazzy, où les instruments prennent une place plus importante. C’est inattendu, mais cela passe franchement bien et montre une volonté de varier les plaisirs, de proposer quelque chose de plus complexe, notamment avec les petites notes d’harmonica. La suite sera du même acabit, en partenariat avec Chad Smith le batteur des Red Hot Chili Peppers, pour un titre intéressant bien qu’un poil trop transparent. En effet, Eagle Eye renoue avec le métal symphonique, mais cela reste un poil trop calibré pour pleinement convaincre.

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Mais le plus ennuyeux va venir d’un ventre mou flagrant en plein milieu d’album. En effet, après une entrée en matière très puissante, la chanteuse va proposer deux titres plus calmes, plus posés, afin d’instaurer une ambiance plus aérienne au skeud. Seulement, An Empty Dream manque vraiment d’ampleur et n’arrive jamais vraiment à décoller, proposant un titre anecdotique et assez lénifiant. Il sera d’ailleurs suivi par Witch Hunt, plus sombre, mais tout aussi lent et on ne peut qu’y voir un manque d’idée pour proposer autre chose qui tienne sur la durée. Là, on s’ennuie ferme malgré le fait que la chanteuse exploite à merveille sa voix de soprano. On retrouvera les mêmes déboires avec House of Wax qui sera bien longuet. Fort heureusement, la chanteuse se reprend sur Shameless, un pur titre métal très classique mais très efficace. On pourra aussi chanter sur la nouvelle version de Paradise (What About Us), qui reste l’un des meilleurs morceaux du skeud, proposant un véritable travail autour du métal symphonique et de deux voix féminines qui se répondent. Enfin, il sera difficile de passer à côté de la reprise incroyable de Goldfinger, en version plus rock, mais sur laquelle la chanteuse laisse libre cours à sa voix cristalline. Un véritable exploit quand on sait comme il est difficile de toucher certains classiques comme celui-ci. Cela marque aussi la tendance de Tarja à vouloir faire des titres qui pourrait tout à fait se retrouver sur des bandes-originales de film.

Au final, The Brightest Void, le cinquième album de Tarja, est une belle réussite malgré les petits coups de mou qui le parsèment. On se retrouve face à un travail quasi similaire à l’album précédent, avec des morceaux aux riffs tendus et énergiques et d’autres titres plus calmes qui essayent tant bien que mal d’instaurer une ambiance à tout ça. Bref, un album complet, fort plaisant et qui montre toute l’étendue du talent de la chanteuse.

  1. No Bitter End
  2. Your Heaven and Your Hell feat Michael Monroe
  3. Eagle Eye feat Chad Smith
  4. An Empty Dream
  5. Witch Hunt
  6. Shameless
  7. House of Wax
  8. Goldfinger
  9. Paradise (What About Us) New Mix

Note: 16/20

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Par AqME

 

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