décembre 1, 2020

Still the Water

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Titre Original: Futatsume No Mado

De: Naomi Kawase

Avec Nijiro Murakami, Jun Yoshinaga, Miyuki Matsuda, Tetta Sugimoto

Année: 2014

Pays: Japon, France, Espagne

Genre: Romance, Drame

Résumé:

Sur l’île d’Amami, les habitants vivent en harmonie avec la nature, ils pensent qu’un dieu habite chaque arbre, chaque pierre et chaque plante. Un soir d’été, Kaito, découvre le corps d¹un homme flottant dans la mer, sa jeune amie Kyoko va l’aider à percer ce mystère. Ensemble, ils apprennent à devenir adulte et découvrent les cycles de la vie, de la mort et de l’amour…

Avis:

Naomi Kawase est une réalisatrice japonaise qui connaît très vite un joli succès avec ses premiers films. Sa carrière débute avec des courts-métrages expérimentaux et depuis elle a réalisé onze films et raflé par la même occasion beaucoup de récompenses pour son travail, notamment une caméra d’or et un Grand Prix au prestigieux festival de Cannes.

Depuis quelques années, son cinéma arrive par chez nous et la réalisatrice trouve son public. Ayant créé une surprise totale en début d’année avec son magnifique et très poétique « Les délices de Tokyo« , Naomi Kawase a aiguisé l’intérêt et c’est avec une curiosité folle que l’on s’est jeté dans ce petit film à l’affiche superbe. Un petit film dont on espérait retrouver la délicatesse sublime des « Délices de Tokyo« , et même si « Still the water » reste une jolie découverte qu’on ne regrettera à aucun moment, on reste un tantinet déçu, car il ne sera pas aussi beau et touchant que le nouveau film de la réalisatrice.

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Sur l’île d’Amami, les gens vivent tranquillement et rien ne se passe jamais vraiment. Chaque habitant de l’île vit en harmonie avec la nature et accorde un esprit à chaque chose, chaque arbre ou chaque animal. Un soir, le jeune Kaito découvre le corps flottant d’un homme. Meurtre ou accident ? La vie de l’île va en être quelque peu troublée et le jeune Kaito, aidé de sa petite amie, va essayer de comprendre ce qui s’est passé.

« Still the water« , c’est un joli moment de poésie à part. Quand on découvre ce petit film signé Naomi Kawase, on aurait presque l’impression que le temps s’arrête tant la réalisatrice nous offre un moment à part.

Ce qui est frappant quand on découvre le film, c’est l’évidence du prétexte de l’intrigue qui n’est là que pour apporter un petit fil rouge, dans un film qui prend le temps de s’arrêter sur la connection entre la nature et l’homme. Très contemplatif (peut-être parfois un peu trop), le principal atout de « Still the water » est l’incroyable travail de la réalisatrice sur l’ambiance de son film. La mise en scène est sublime, la nature est magnifiquement filmée, les plans et les séquences sont prenants, le travail effectué sur le son est très enivrant. Tout le film est sensoriel, on entend le vent souffler sur chaque plan, ce qui nous immerge de suite dans l’île, et même quand il y a des silences, ils sont incontestables travaillés. Rien n’est laissé au hasard. Tout ici est fait pour que l’on soit au plus près de la nature et de la vie de ces habitants et plus particulièrement de ces deux héros, de leurs sentiments et leurs ressentis.

« Still the water » est un peu comme la vie, c’est d’ailleurs le principal propos du film, la vie, la mort et le temps qui passe au milieu de ces deux étapes. Les émotions et les sentiments se bousculent, c’est parfois euphorique, parfois ennuyant, d’autres fois triste, intense, puis cruel aussi. Par exemple, le sacrifice de deux chèvres est assez difficile à regarder, et l’on pourrait reprocher à la réalisatrice ces deux scènes qui ne font pas avancer son film, ou sa réflexion sur la mort, ou la connexion avec la nature, puisque ceci nous l’avons déjà avec la mère de Kyoko. Mais hormis ces deux scènes-là, le reste du film est prenant, la réalisatrice nous happe et nous fascine avec trois fois rien, ce qui est assez fort, et même dans les moments quelque peu ennuyants (qui sont voulus, je pense), on reste fasciné par la beauté des images.

Puis il y a ces comédiens qu’on découvre, Nijirô Murakami, Jun Yoshinaga, Miyuki Matsuda, Tetta Sugimoto, Makiko Watanabe. Tous très beaux, touchants, les personnages sont plus des émotions, des instants, que de vrais personnages. On est plus touché par les ressentis, par les regards, par les silences, que par l’intrigue qui les a amenés dans telle ou telle situation. Noami Kawase a su capter quelque chose d’eux qui les rend fascinants, alors même qu’ils ne sont pas vraiment développés.

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« Still the water » est donc un beau et doux film. Un film qui, c’est vrai, de par sa lenteur et son rythme contemplatif, risque de ne pas plaire à tous, mais si vous aimez ce genre de films, alors laissez-vous envahir par les sensations, les silences et la poésie de « Still the water« .

Note: 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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