octobre 21, 2020

La Chute

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Titre Original : Der Untergang

De : Oliver Hirschbiegel

Avec Rolf Kanies, Bruno Ganz, Juliane Köhler, Alexandra Maria Lara

Année : 2004

Pays : Allemagne

Genre : Drame

Résumé :

Berlin, avril 1945. Le IIIème Reich agonise. Les combats font rage dans les rues de la capitale. Hitler, accompagné de ses généraux et de ses plus proches partisans, s’est réfugié dans son bunker, situé dans les jardins de la Chancellerie.
A ses côtés, Traudl Junge, la secrétaire particulière du Führer, refuse de l’abandonner. Tandis qu’à l’extérieur la situation se dégrade, Hitler vit ses dernières heures et la chute du régime.

Avis :

Réalisateur allemand, Oliver Hirschbiegel s’est fait remarquer dès son premier film en 2003 avec le très perturbant « L’expérience« . Depuis ce film, le réalisateur a tout connu, le succès avec son deuxième film « La chute » et les foudres avec « Invasion » son premier film américain tenu par Nicole Kidman. Il a connu aussi la demi-teinte avec « Diana« , son biopic sur la princesse de Galles. Il a œuvré sur « Turns« , une série sur la guerre d’indépendance aux Etats-Unis, puis sur les « Borgia« . Et enfin, il a même connu le presque anonymat avec « Elser, Un Héros ordinaire » sorti en 2015 en salle et passé complétement inaperçu. Mais là, on va s’intéresser à l’un des sommets de sa carrière, « La chute« , le deuxième et très ambitieux film d’Oliver Hirschbiegel.

La Seconde Guerre Mondiale est une période qui fascine les réalisateurs du monde entier. Il faut dire que cette période, qui reste l’une des plus sombres de l’histoire, est inépuisable et on ne peut calculer tous les films qui lui sont consacrés de près comme de loin. Mais si la Seconde Guerre Mondiale a très souvent été filmée du point de vue des opposants, peu de films ont eu le courage de s’aventurer de l’autre côté du Rhin. Les Allemands ont commis l’horreur sous le troisième Reich et raconter leur histoire est plutôt délicat. C’est même casse-gueule et dangereux, car il faut que la plume soit infiniment subtile. Mais pourtant, c’est bien ce défi fou que va relever Oliver Hirschbiegel avec son deuxième film. Et plus que la vision de soldats allemands, le réalisateur a décidé de mettre en scène les derniers jours du plus grand dictateur ayant existé et le résultat est troublant et très dérangeant.

La chute Der Untergang 2005 rŽal:Oliver Hirschbiegel

Berlin, avril 1945, les alliés se rapprochent peu à peu, le troisième Reich vit ses dernières heures. Là, sous une ville bombardée sans relâche, Hitler et ses généraux se rassemblent et prennent conscience de la fin de leur régime, de leur monde et de leur rêve. Là, dans son chaos, Traudl Junge, la secrétaire personnelle du Führer, refuse de fuir. Elle va être le témoin privilégié de la chute foudroyante du régime.

Stupéfiant et glaçant sont deux mots qui peuvent parfaitement correspondre aux sensations que cette « Chute » nous fait éprouver. Tout et son contraire ont déjà été dit sur ce film. Chef d’œuvre d’un côté, horrible de l’autre, car épousant la cause nazie, c’est vrai que le film d’Oliver Hirschbiegel ne peut laisser indifférent tant l’axe de vue est terriblement différent de ce qu’on a eu l’habitude de voir. Derrière chaque dirigeant, il y a avant tout un homme et tout est une question de point de vue et ça, même quand il s’agit de la Seconde Guerre Mondiale. Et le parti pris ici est de montrer le Führer comme n’importe quel autre homme de pouvoir qui est en train de perdre sa bataille. C’est donc un récit on ne peut plus troublant auquel on assiste. Mais attention, même si avec ce film nous sommes de l’autre côté du miroir, à aucun moment on ne peut dire que le film épouse ou vante la cause du nazisme, bien au contraire. Avec ce point de vue, le réalisateur accentue encore plus l’horreur, la folie et la dureté du régime d’Hitler.

Le scénario du film est terriblement bon car il ne se base que sur le point de vue du régime allemand et raconte ses derniers jours. L’écriture est prenante dès le début, et une fois commencé, le film ne vous lâche plus. Oliver Hirschbiegel a parfaitement su nous raconter ces derniers jours. Sur un ton réaliste, on pourrait presque croire à un documentaire, le réalisateur nous tient avec suspens, intérêt et effroi. « La chute » est très instructif comme film. Pour deux raisons, « La chute » a un côté très oppressant qui se dégage. Premièrement, l’ambiance est presque asphyxiante, car il s’agit d’un h,uis-clos, on sort rarement de ce bunker qui se trouve sous terre. Et deuxièmement et c’est peut-être ça le plus gros des éléments qui nous dresse les poils, c’est que les Allemands sont dédiabolisés et montrés sous un autre axe. On est très loin du cliché allemand et c’est vrai que cette vision met très mal à l’aise. C’est dérangeant dans le sens où l’on pourrait avoir une once de compassion pour les personnages d’Hitler, d’Eva Braun ou de Goebbels, mais en même temps, le scénario se tient et va dans ce sens. On est du point de vue des proches du Führer, de ceux qui ont cru en son projet, qui le connaissent, le respectent et l’aimaient. Et pour ce film, pour ce moment raconté, de côté-là, comment le faire autrement ? D’ailleurs, on restera bouche bée devant l’embrigadement de ses généraux. Le portrait est fascinant, comment un homme a-t-il pu amener autant de gens à cette horreur ? Et même si le film ne répond pas à la question, il en donne une petite solution. À sa sortie, le film fut énormément critiqué, car il ne mentionne presque pas la Shoah, la solution finale, les camps et autre, mais ce n’est absolument pas le sujet. Ici, le sujet, c’est la chute d’un homme et ses désillusions et le fait de montrer Hitler sous un autre jour ne le dédiabolise pas. Au contraire, le film ne fait qu’accentuer là aussi l’horreur de l’homme, qui n’a aucune pitié pour son peuple. Si on est touché par son personnage, à la scène suivante, son naturel, son égocentrisme, sa lâcheté et les horreurs qu’il profère, nous remettent tout de suite dans le droit chemin et ne font que montrer la folie qui l’habitait.

Cette « Chute« , c’est bien sûr Bruno Ganz qui est absolument terrifiant dans le rôle d’Hitler. L’acteur est fascinant et livre l’un des performances les plus rudes de sa carrière, pour ce qui est surement son rôle le plus difficile qu’il ait eu à jouer, de par le point de vue du film. Méconnaissable, il est possédé par le rôle et disparaît totalement derrière. Pour l’aider dans cette lourde tâche, le réalisateur a fait appel à la crème de la crème dans comédiens allemands. Alexandra Maria Lara, Juliane Köhler, Ulrich Matthes, Corinna Harfouch sont tous impeccables et glaçants. Mention très spéciale d’ailleurs pour Corinna Harfouch.

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« La chute » est donc un film unique qui n’a pas fini de hanter son spectateur, tant il met nos repères à mal. Terriblement fascinant et dérangeant à la fois, Oliver Hirschbiegel a fait le défi fou et culotté de raconter de manière tout à fait normal les derniers jours d’Hitler et de son régime et il en ressort, certes un film polémique, mais surtout une réflexion plus qu’intéressante sur les côtés les plus sombres de l’être humain ave cette lâcheté incroyable dont le Führer fait preuve. Bref, « La chute » est une méchante claque à voir absolument !

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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