décembre 6, 2021

Légende – David Gemmell

legende_gemmel

Auteur : David Gemmell

Editeur : Bragelonne/Milady

Genre : Heroïc-Fantasy

Résumé :

Druss est une légende.
Ses exploits sont connus de tous. Mais au lieu de la richesse et de la célébrité, il a choisi de vivre retiré loin des hommes, au sommet d’une montagne, avec pour seuls compagnons quelques léopards des neiges. Là, le vieux guerrier attend son ennemi de toujours, la mort.
Dros Delnoch est une forteresse.
C’est le seul endroit par lequel une armée peut traverser les montagnes. Protégée par six remparts, elle était la place forte de l’Empire drenaï. C’est maintenant leur dernier bastion, car tous les autres sont tombés devant l’envahisseur Nadir.
Son seul espoir : le vieux guerrier.

Avis :

Dans le domaine de la fantasy, certains noms s’imposent comme des références incontournables. Des classiques aux nouveaux talents émergents, le genre foisonne d’univers, de créatures légendaires, de personnages incongrus et de mythes qui habitent ces contrées la plupart du temps hostiles. Pour son premier roman, David Gemmell pose les bases du cycle de Drenaï qui s’étoffera au fil de ses 11 histoires. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la première incursion d’un des maîtres en la matière ne se fait pas à partir d’une imagination débordante où d’une faune fantastique, mais par le biais d’une invasion imminente.

En effet, l’intrigue se concentre sur une portion restreinte d’un monde que l’on devine gigantesque. Si les premiers chapitres s’attardent à dépeindre un panel de protagonistes amenés à se rejoindre sur les remparts de Dross Delnoch, l’on sent d’emblée le ton que souhaite employer l’auteur. Celui-ci choisit l’heroic-fantasy, où l’effort d’un seul homme peut conduire à déplacer des montagnes ou, en l’occurrence, soulever des armées. De fait, la trame offre un parti pris évident pour un camp en délaissant toute ambivalence quant à la finalité. D’aucuns trouveront cette approche somme toute simpliste, mais cela permet de ne pas tergiverser et de se montrer direct.

La ligne directrice étant clairement établie, le rythme se révèle nerveux à plus d’un titre. Les affrontements s’avèrent nombreux, fluides. Chaque action est dépeinte avec minutie grâce à des termes percutants. Il est vrai que certains passages peuvent faire office de remplissage ou de mise en bouche avant le siège des Nadirs. Toutefois, l’auteur mêle habilement ses influences historiques (Fort Alamo et les conquêtes de Gengis Khan) à une rigueur dans les stratégies militaires avancées. Entre la préparation de soldats mal entraînés, des règlements de compte isolés ou de la manière d’aborder un conflit en parlant peu, mais en agissant, on a droit à un récit aussi dynamique qu’immersif.

Légende est également l’opportunité d’introduire un personnage emblématique dans l’univers de Gemmell : Druss. Ce dernier se prête à tous les superlatifs, toutes les qualités requises pour faire un guerrier émérite sans peur et sans reproche. Enfin presque, puisque l’individu dépeint à travers sa légende et l’homme sur le champ de bataille possède des disparités. Au fil de l’histoire, on découvre une évolution plus subtile qu’il n’y paraît afin d’écailler le vernis de gloire de Druss. Le choix d’un personnage vieillissant qui se retrouve au crépuscule de sa vie y est pour beaucoup, car cela permet d’entretenir le doute sur ses compétences amoindries et un corps mal en point.

Il n’est donc nulle question de féeries ou de magie dans ce premier roman, même si l’on devine çà et là quelques tentatives (les extralucides). David Gemmell y préfère conter le récit d’une bataille perdue avant qu’elle ne commence. Grâce à un traitement appuyé par de nombreuses références historiques, Légende s’impose dans le domaine de l’heroic-fantasy comme une référence incontournable pour tous ceux et celles qui souhaitent appréhender l’univers de David Gemmell. Un auteur doté d’une indéniable patience pour dépeindre avec force une intrigue empreinte de courage et d’abnégation face à un ennemi commun.

Note : 16/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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