février 25, 2021

Suburra

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De : Stefano Sollima

Avec Pierfrancesco Favino, Elio Germano, Claudio Amendola, Alessandro Borghi

Année : 2015

Pays : Italie, France

Genre : Thriller

Résumé :

La Suburra, quartier malfamé de Rome, est le théâtre d’un ambitieux projet immobilier. L’Etat, le Vatican et la Mafia sont impliqués. En sept jours, la mécanique va s’enrayer : la Suburra va sombrer, et renaître.

Avis :

En 2006, Michele Placido offrait un très bon film sur une mafia italienne « Romanzo Criminale ». Trois ans plus tard, c’est au tour de Mattéo Garrone de livrer son film sur la mafia avec « Gomorra« . Si les deux films ont en commun d’aborder la criminalité et la mafia italienne, c’est aussi deux films qui ont connu un succès énorme et se sont vu adaptés en série. Mais alors quel rapport avec « Suburra« , si ce n’est la mafia italienne ? Et bien ces deux séries ont eu comme réalisateur Stefano Sollima et le réalisateur a fait des merveilles. Et à force d’adapter l’idée des autres, c’est en toute logique qu’il a fini par livrer sa propre vision avec « Suburra« .

Succès incontesté en Italie, « Suburra » le deuxième long métrage de Stefano Sollima et il est arrivé de manière discrète sur nos écrans début décembre. Auréolé d’un excellent bouche à oreille et d’une très belle réputation, le film s’accroche en salle et il s’agit d’un film inattendu, fascinant, virulent, nerveux, scotchant, une plongée radicale dans l’enfer de Rome tout simplement immanquable.

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Rome, un ambitieux projet doit voir le jour. Un projet sur lequel mafia et politique se disputent et s’entraident. Ce projet est on ne peut plus sensible. Un soir, le député Filippo Malgradi, qui est bien impliqué dans le vote de ce projet, donne une « petite fête privée » dans une chambre d’hôtel. De cette fête vont alors découler des événements qui vont faire basculer le destin de beaucoup de gens. En sept jours, Rome va basculer vers l’apocalypse.

« Suburra » est un polar totalement immersif. C’est brutal, c’est haletant, c’est fascinant, c’est sensuel, mais c’est aussi envoutant et magnétique. Bref, il y a tellement d’autres adjectifs pour résumer l’excellence de cette bombe venue d’Italie. Il est très difficile de parler objectivement de « Suburra« , tant le film m’a coupé l’herbe sous le pied et m’a laissé vidé, épuisé et ko à sa sortie. Parfaitement écrit, raconté à la perfection, sans temps mort, sans tomber dans le démonstratif ou la violence pour faire de la violence. Réalisé d’une main de maître, « Suburra« , aussi bien dans son histoire que dans ses images, sera saisissant de bout en bout. Et une fois le générique fini, le film ne sera pas près de vous lâcher, tant son caractère unique et majestueux imprègne celui qui l’aura vu. Précis, immoral, injuste, cru et cruel, réaliste et crédible, cette plongée dans les bas-fonds de Rome ne laissera personne indifférent. Parcouru par une magnifique bande originale signée M83, le film de Stefano Sollima jouit d’un caractère hallucinant, d’une tension qui tient son spectateur sur tous les instants et d’une intrigue excessivement bien construite qui mélange parfaitement les magouilles politiques (le portait qu’en fait le film fait froid dans le dos), les ententes et les arrangements, les règlements de compte, les rivalités et le respect entre les différents chefs de gang.

Décrit en sept jours, le film sombre au rythme de ces nuits dans une horreur parfaitement orchestrée. Plusieurs scènes de fusillades ou de meurtres sont percutantes. « Suburra » va déchirer ses personnages dans une spirale infernale dont le climat intense va vous happer, vous bousculer et vous fasciner. Le scénario est une belle leçon de précision, d’écriture, d’intrigue. Admirablement bien tenu, avec énormément de personnages, « Suburra » les fait tous s’entrecroiser. Aucun d’eux n’est vraiment bon. Tous ont leur part d’ombre et Stefano Sollima sera comment divinement faire exister ses personnages. Chacun a son importance pour l’histoire, chacun d’eux est rongé par un pouvoir et espère pouvoir l’exercer sur son prochain. Le film, dans tous les côtés qu’il aborde, pue la manigance, la dépravation, le crime et c’est avec précision que le réalisateur évite de tomber dans la caricature. Le « tous pourris » n’a jamais été aussi bien rendu à l’écran. On peut même dire qu’il nous offre du neuf, alors même qu’il utilise tous les codes du genre. On ne serait trop comment l’expliquer, mais c’est de manière géniale que le réalisateur a réussi à écrire une pléiade de personnages qui seront aussi détestables que touchants. Rarement on aura eu cette sensation dans un film cette année. Ces personnages sont tenus par un casting tout aussi exceptionnel et prodigieux. Un casting de gueules où chacun est puissant, même les seconds rôles. Un casting qui prend plaisir à faire découvrir des acteurs, car si Pierfrancesco Favino et Jean Hugues Anglade (il fait quelques petites apparitions) sont connus de nos services, « Suburra » c’est aussi beaucoup de nouvelles têtes. Alessandro Borghi et Greta Scarano ou encore Elio Germano, Claudio Amendola, Adamo Dionisi sont d’excellentes révélations.

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« Suburra » est assurément le dernier choc de l’année. Une bombe comme on n’en voit que trop peu. Un film virulent, fiévreux, brut… Bref, un putain de polar ! En deux heures, Stefano Sollima nous prend aux tripes comme jamais. C’est un film qu’on n’attendait pas, qu’on n’a pas vu venir et qui laisse tout le monde sur le carreau. Puissant, profond et cohérent, « Suburra » mérite d’avoir un vrai succès.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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