décembre 5, 2020

Ceux qui Tombent – Michael Connelly

9782253904809-T

Auteur : Michael Connelly

Editeur : Le Livre de Poche

Genre : Policier

Résumé :

Retraite ou pas retraite ? L’inspecteur Harry Bosch s’interroge encore quand on le charge de deux dossiers… Le premier – le viol suivi du meurtre d’une jeune fille – remonte à 1989 et les tests ADN viennent de désigner le coupable : Clayton Pell… 8 ans au moment des faits ! Peu crédible, donc. Dans le même temps, Bosch est appelé sur une scène de crime au Château Marmont, le célèbre hôtel de Los Angeles, où un homme est tombé du septième étage. Suicide, crime ou accident ? Le père de la victime, un conseiller municipal très puissant à L.A., veut en avoir le cœur net et exige assez curieusement que l’enquête soit confiée à Bosch, son vieil ennemi de toujours. Politiciens corrompus, prédateurs sexuels… Harry Bosch a fort à faire, et surtout pas le temps de s’apitoyer sur lui-même.

Avis :

Dans le cercle très fermé des auteurs américains reconnus pour s’être imposés dans le domaine du polar, on compte Michael Connelly. Au fil des années, l’écrivain s’est taillé une solide réputation en même temps qu’il narrait les péripéties de son personnage fétiche : Harry Bosch. Mais parcourir une de ses histoires, c’est se confronter à un univers cohérent et réaliste où chaque intrigue possède une place particulière et complémentaire envers les autres. Si bien que les différents protagonistes se croisent et se rencontrent le temps de quelques pages. Avec ce 18e tome des enquêtes d’Harry Bosch, Connelly poursuit sur sa lancée…

La grande force de ses livres est de pouvoir appréhender chacun d’entre eux sans forcément connaître les précédents. Il est vrai qu’une lecture chronologique permet d’apprécier l’évolution des personnages et de considérer leur importance individuelle et globale. Ils vieillissent (Bosch est à l’aune de la retraite), changent de comportements envers les autres et selon des situations données. Tout cela est subtil, mais se ressent en fonction des expériences vécues. Pour autant, Ceux qui tombent peut très bien faire une entrée en matière plus que convenable pour saisir toutes les ficelles des intrigues à la Connelly.

Principalement, des recherches poussées à l’extrême pour ne négliger aucune piste tout en faisant montre d’une documentation exhaustive dans le domaine. Méthodes d’investigation, institut et hiérarchie concernée au sein du système judiciaire de Los Angeles, l’auteur parvient à étaler des informations d’importance sans casser le rythme ou traîner en longueur son récit. Au contraire, chaque élément s’impose au moment opportun pour la bonne progression de l’histoire sans que cela paraisse cousu de fil blanc. Tout est agencé, structuré, de telle manière à maintenir l’attention et la concentration du lecteur à son maximum.

On notera que deux enquêtes sont menées de front. L’une qui ressasse des événements prenant place dans les années 1980. L’autre, qui s’attache à déterminer la véracité ou non d’un suicide sur fond de corruption politique. La première tend à jouer sur l’ambiguïté des protagonistes, particulièrement des interpellés. Le développement se penche sur la part de responsabilité de chacun dans ses actes et tente de répondre à des questions telles « Comment devient-on un monstre ? » « Quand passe-t-on du statut de victime à celui de bourreau ? » Des contrastes fragiles et ténus qui ne se destinent pas à atténuer ou à justifier les crimes perpétrés, mais à les expliquer avec un œil objectif.

Cette enquête reste toutefois secondaire devant la mort suspecte du fils d’un haut fonctionnaire. Plus linéaire dans sa progression, cette partie surprend surtout de par son dénouement inattendu et réaliste. Néanmoins, les tours et détours empruntés laissent songeur quant à l’intérêt même d’élaborer un livre entier sur cette énigme. Là où certains se seraient fourvoyés dans un ennui pathétique, Connelly maintient le suspense du début à la fin et entreprend un travail de fouille méticuleux pour donner vie à un récit soigné. Si les manipulations sont bien présentes, cette partie s’avère moins immersive que la précédente.

Au final, Ceux qui tombent est un roman policier réussi, mais guère surprenant. Tous les ingrédients propres à l’univers de Michael Connelly et par extension à Harry Bosch, répondent à l’appel. En cela, les habitués retrouveront aisément leurs marques tandis que les novices en la matière découvriront deux enquêtes dépeintes avec un savoir-faire indiscutable. Parfois ambivalente ou tendancieuse dans l’orientation qu’elle prend (par exemple, les sournoiseries politiques), l’intrigue entretient le suspense qui, en retour, se montre suffisamment réaliste pour la crédibiliser. Le talent de l’auteur n’est plus à prouver et ne déçoit nullement, même si l’on souhaitait un peu de nouveautés pour ce 18e tome. Un livre bien fait sans pour autant être incroyable.

Note : 14/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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