Lady Antebellum – 747

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Avis :

La culture américaine ne nous a pas donné que le cinéma à gros budget ou les fast-foods à base de viande de cheval. Encore peu médiatisé sur les grandes chaînes et dans la culture de masse, musicalement, difficile de faire plus américain que la country. Chapeau de cowboy, santiags et chorégraphie à la Madison sauf que c’est pas pareil (malheur au profane qui confond !), la musique country a du mal à traverser les frontières et a souvent une image un peu écornée. Musique de grognards des champs racistes élevant des bœufs au fin fond de l’Utah, le country possède parfois une imagerie ringarde et démodé. Alors que faire quand maman baigne dedans et impose ce gout à sa fille ? Tout simplement créer un groupe de country, mais en y apportant un son pop afin de mieux faire passer la pilule à l’internationale. Et c’est ce que propose Lady Antebellum, fondé en 2006 à Nashville et porteur de cinq albums qui ont tous fait un carton outre-Atlantique. Bardé de récompenses dans les catégories country et pop, le groupe se fait connaître dans nos verts pâturages en 2009 grâce au single Need You Now issu de leur deuxième album. Mais bizarrement, alors que la vidéo cumule plus de 114 millions de vues sur Youtube, le groupe a presque disparu des ondes et du grand public. Et pourtant, ils ont sorti un cinquième album en septembre dernier qui n’est pas si mal que cela, si l’on exclut son aspect mercantile.

Le skeud commence très bien avec Long Stretch of Love, un morceau plutôt rock, assez dynamique et qui arrive à trouver le juste équilibre entre la voix de la chanteuse et du chanteur. Parce que la particularité de ce groupe, c’est d’avoir deux voix et un seul musicien qui fait tout le taf. Ce titre est donc plutôt bon, se permettant même de balancer un léger solo de gratte vers la fin. Malheureusement, la suite sera moins réjouissante, du moins sur certains titres. En effet, que ce soit Bartender, Lie With Me ou encore Sound Good at the Time, rien ne les sortira du lot car ces morceaux sont trop commerciaux et se ressemblent tous. C’est bien simple, on s’ennuie en les écoutant et aucun ne reste en tête, ce qui est dommage, car a contrario de nombreux groupes pop, Lady Antebellum fait l’effort de proposer une vraie instrumentalisation avec piano, guitare et batterie. On notera surtout une volonté de brosser le public dans le sens du poil, n’affichant que très peu ses gouts et son amour pour la country. Alors oui, dans le fond, on peut y rattacher ce genre musical, comme sur She Is par exemple ou encore Damn You Seventeen, mais cela reste très léger et un poil fleur bleue. Car le groupe, en plus de cela, essaye de toucher le public avec des ballades amoureuses qui sont très souvent lénifiantes et sans grand intérêt.

LadyAntebellum

Et c’est finalement cet aspect commercial qui plombe tout l’album et qui fait oublier aussi les bons morceaux, parce qu’il y en a. Si le premier morceau lorgne plutôt du côté rock, Freestyle est un pur morceau de country avec tous les ingrédients du genre, saupoudré d’une toute petite dose de pop. C’est plutôt bien foutu, assez surprenant et l’ensemble demeure bien plus plaisant que tout le reste de l’album. Le groupe récidive d’ailleurs de suite derrière avec Down South, qui résonne au son de la mandoline du seul musicien. C’est folk, mais aussi country et on ressent vraiment les origines américaines. C’est assez marrant, mais parfois, on a envie de rapprocher cela à Shania Twain, et il est vrai que c’est assez proche, représentant une Amérique assez libre et fière de ses origines. Après, on peut aussi citer deux morceaux plus pop mais qui fonctionnent bien grâce à des refrains entêtants ou à un bon équilibre entre les deux chanteurs. One Great Mystery est sympathique, mais 747 est plus abouti et plus joli, avec un refrain que l’on chante rapidement à tue-tête et un excellent solo même s’il ne dure vraiment pas longtemps.

Au final, 747, le dernier album de Lady Antebellum, n’est pas si mal que cela si l’on exclut son côté mercantile pour plus facilement se vendre. Néanmoins, le groupe ne renie pas ses origines et ses gouts, proposant toujours quelque chose en rapport de près ou de loin avec la country et cela change des productions pop actuelles. Par forcément une bouffée d’air frais, mais un album moyen qui a le mérite d’assumer ses choix et de proposer quelque chose de différent du reste.

  1. Long Stretch of Love
  2. Bartender
  3. Lie With Me
  4. Freestyle
  5. Down South
  6. One Great Mystery
  7. Sounded Good at the Time
  8. She Is
  9. Damn You Seventeen
  10. 747
  11. Just a Girl

Note : 12/20

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Par AqME

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