octobre 29, 2020

Le Juge – Mon Père, Ce Héros

231262.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Titre Original : The Judge

De : David Dobkin

Avec Robert Downey Jr., Robert Duvall, Billy Bob Thornton, Vincent D’Onofrio

Année: 2014

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Fils de magistrat, Hank Palmer, grand avocat, revient dans la petite ville de son enfance, où son père, qu’il n’a pas revu depuis longtemps, est soupçonné de meurtre. Il décide alors de mener l’enquête pour découvrir la vérité et, chemin faisant, renoue avec sa famille avec laquelle il avait pris ses distances…

Avis:

Quand on est un acteur qui cachetonne dans des films à saga en incarnant un rôle précis, il est bien souvent difficile d’en sortir. C’est un peu le cas de Chris Evans qui a du mal à se dépatouiller de son costume de Captain America ou encore Tobey Maguire dont le costume de l’homme-araignée lui colle encore à la peau. Mais s’il y en a un qui a su sortir son épingle du jeu, c’est bien le dandy Robert Downey Jr. Iron Man ou Sherlock Holmes, autant de personnages charismatiques qui lui collent à la peau mais qui ne l’empêchent pas pour autant de paraître dans d’autres films et de marquer. Autant à l’aise dans la comédie (Date Limite, Tonnerre Sous les Tropiques) que dans le drame (le film qui nous préoccupe en ce moment, Le Soliste), Robert Downey Jr arrive à avoir un certain détachement par rapport à ses icones pop devenues cultes. Et il le prouve encore une fois avec Le Juge, un drame familial poignant, boudé par la critique presse mais encensé par le public.

489462.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Hank Palmer est un redoutable avocat qui arrive à faire gagner des procès à ses clients qui sont très souvent des acteurs de délit. Alors qu’il est sur une affaire, il doit partir dans sa ville natale car sa mère est décédée. Il retrouve alors ses deux frères, Glen, une ancienne gloire du baseball du lycée qui vend des pneus et Ben, handicapé mental. Il retrouve aussi son père, juge estimé avec lequel il avait coupé les ponts. Malheureusement, son père est alors accusé de meurtre sur un tueur qu’il avait condamné. Malade, le père n’a aucun souvenir de cette nuit-là. Hank va alors tout faire pour sauver son père de la prison, en profitant pour renouer des liens avec sa famille et ses premiers amours.

Drame familial sur fond d’enquête et de procès, cela peut paraitre déjà vu et quelque peu rose bonbon, il n’empêche que David Dobkin réalise un joli film, simple, cohérent et surtout très touchant. Le thème principal du film reste la relation entre père et fils mais aussi celle où le père doit accepter de passer le flambeau et de se laisser faire par ses enfants qui lui viennent en aide. Thème profondément ancré dans la relation entre Hank et son père, le film n’oublie pas aussi de présenter des personnages qui seront en quelques sortes des dommages collatéraux, comme les deux frères, spectateurs impuissants d’une affaire qui les dépasse mais présents et besogneux. Vincent d’Onofrio est bouleversant et impose une empathie sans dire un mot. Ainsi, la relation familiale reste très plausible, il est facile de se projeter dans ce schéma très américain et on va se prendre d’affection pour tous ses personnages auxquels il manque quelque chose pour être heureux et que petit à petit, ils se rendent que la vie, ce n’est pas si mal comme ça.

On pourrait croire que le film tire sur le pathos, notamment en appuyant les traits de maladie du grand-père, mais ces moments sont là pour rapprocher le père et le fils dans des passages crédibles et touchants. D’autant plus que le film contrebalance l’aspect drame avec un humour bien présent et certains passages lumineux. Ainsi, la redécouverte d’un amour d’école (magnifique Vera Farmiga), la suspicion d’avoir une fille de vingt ans avec qui on aurait couché par inadvertance, le rapport avec sa fille qui comprend bien plus de choses qu’elle ne le laisse paraitre sont autant de moments amusants qu’ils montrent que renier ses origines n’est pas la chose la plus délicate. Le film est lui aussi assez lumineux dans sa photographie avec une petite ville sublime et un éclairage qui différencie fortement les moments joyeux des moments tristes. Alors effectivement, tout est cousu de fil blanc, mais l’ensemble passe vraiment bien et le rythme soutenu permet de ne pas s’ennuyer durant les 2h20 de métrage.

498983.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Au final, Le Juge est un film simple et touchant. C’est le genre de film qui raconte une histoire, une tranche de vie, mais qui le fait de la plus belle des façons en ayant un équilibre parfait entre humour et tristesse. Si tout reste prévisible, on se laisse prendre au jeu et on admirera la dualité entre un excellent Robert Downey Jr et un imposant Robert Duvall. Un beau film injustement boudé par la presse, ce qui reste, à mon sens, incompréhensible.

Note : 15/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.