Blackfish

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De : Gabriela Cowperthwaite

Année : 2013

Pays : Etats-Unis

Genre : Documentaire

Résumé :

Tilikum est un orque agressif. En captivité dans un parc aquatique, il a tué trois personnes. Avec l’appui d’images choquantes, Blackfish fait intervenir des spécialistes qui luttent pour le maintien de ces animaux à l’état sauvage.

Avis :

Lorsqu’on évoque les orques, on songe immédiatement aux représentations des parcs aquatiques tels Seaworld. La popularité de ces mammifères s’en est allée grandissant au cours des années 1990 avec la saga Sauvez Willy, productions familiales un rien niaises qui avait néanmoins le mérite de prendre parti pour la cause animale. Seulement, on oublie trop souvent que les orques occupent le sommet de leur chaîne alimentaire devant les requins blancs (dont certains font l’objet de leur repas). Il est vrai que le film Orca s’approchait davantage de la réalité pour les dépeindre avec l’intelligence et les sentiments qui les caractérisent.

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Blackfish se penche sur la captivité de certaines espèces réputées dangereuses en suivant pour fil rouge le drame qui a ébranlé le Seaworld d’Orlando en 2010. L’orque Tilikum tue Dawn Brancheau, une dresseuse qui l’accompagnait et le soignait. Seulement, ce fait divers soulève de nombreuses questions et controverses dont le présent documentaire tente d’y répondre, du moins en partie. En effet, Tilikum aurait déjà été impliqué dans la mort de deux autres personnes sans que personne réagisse ; pire que les affaires soient étouffées ou la vérité manipulée.

À la manière de productions engagées telles que The Cove ou Earthlings, Blackfish opte pour une approche frontale de son sujet. Certes, il se révèle moins choquant dans sa violence graphique, mais les intervenants témoignent sans langue de bois. On pourrait reprocher ce ton empreint de naïveté et de repentir concernant les dresseurs ou les chasseurs d’orques qui reconnaissent leurs torts, ainsi que les défaillances du système sans pour autant exprimer de remords. Les personnages se suivent en évoquant des anecdotes sur les victimes avec photos et vidéos d’archives à l’appui qui confèrent au pathos pas vraiment adéquat pour conserver une objectivité sereine.

Étant donné que les responsables de Seaworld ont refusé toute participation au film (ce qui ne les a pas empêchés de le critiquer ou de l’attaquer en justice pour une baisse de fréquentation de leurs parcs), on ne dispose que d’un seul point de vue pour une vision restreinte du problème. La réalisatrice tente tant bien que mal de garder un certain détachement, mais l’atmosphère générale tend vers le boycott des parcs aquatiques de manière assez virulente. Pour ce faire, elle expose les conditions de captivité, ainsi que la dangerosité et l’imprévisibilité des orques dans un tel milieu en recensant plusieurs « incidents » dans les parcs.

Il n’en demeure pas moins que le film se suit comme une enquête à part entière pour faire la part des choses tout en dénonçant ce qui aurait pu être évité. Les investigations n’écartent aucune hypothèse tout en se montrant minutieuses. Enregistrements d’appels téléphoniques, vidéos amateurs, coupures de presse… Rien n’est laissé au hasard pour offrir un montage soigné sans pour autant sombrer dans le sensationnalisme. De fait, ce détachement dans la réalisation rattrape la subjectivité des propos tenus. Il en ressort un malaise auquel la bande-son, aussi discrète que pesante, n’y est sans doute pas étrangère.

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Au final, Blackfish suscite l’émoi et la controverse à travers un parti pris évident auquel on pourrait toutefois reprocher un manque de recul sur son sujet. Le documentaire s’interroge autant sur le comportement troublant des orques (en particulier celui de Tilikum) que sur leurs conditions de vie en captivité. À la fois engagé et dérangeant tant l’ambiance qu’il distille se révèle lourde, Blackfish s’impose comme un pamphlet contre l’exploitation animale. Alternant l’hommage aux victimes (devoir de mémoire oblige) et dénonciation des méthodes des parcs aquatiques, le film de Gabriela Cowperthwaite divise peut-être sur sa manière de développer son thème principal, mais ne peut laisser indifférent.

Note : 15/20

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Par Dante

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