décembre 5, 2020

The Creep

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Auteurs : John Arcudi et Jonathan Case

Editeur : Urban Comics

Genre : Polar

Résumé :

Un adolescent se suicide deux mois après la mort de son meilleur ami. Désespérée par l’incompétence des autorités, la mère de la victime contacte un amour de jeunesse, le détective privé Oxel Kärnhus. Le corps déformé par une maladie dégénérative, Oxel possède le physique d’un monstre et une sensibilité à fleur de peau. La peur et la pitié qu’il inspire lui seront d’une aide précieuse dans son enquête.

Avis :

Dans l’univers du comics, on a souvent tendance à oublier qu’il y a autre chose que les super-héros ainsi que DC et Marvel. Fort heureusement pour nous, la culture américaine se base parfois sur d’autres choses qu’une nouvelle mythologie à tendance christique, avec notamment le polar noir et le récit de privé. Genre qui a presque disparu du cinéma aujourd’hui, malgré quelques soubresauts trop timides, le film noir ou l’enquête policière sombre sont des genres en voie de disparition. Le comics se doit alors d’assurer une relève, ou tout du moins un certain devoir de mémoire sur ce style qui a connu ses heures de gloire durant les années 50 et fournissant des histoires simples, mais à hauteur d’hommes.

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The Creep n’est pas l’adaptation littéraire de l’excellent film d’horreur de Christopher Smith et encore moins du nanar de chez Fool Moon, The Creeps où l’on retrouve les créatures mythiques du panthéon horrifique en version naine. Il s’agit d’un récit très simple, assez court, sur une enquête qui va mener notre détective sur un chemin tortueux et énigmatique. On retrouve à l’écriture du scénario un certain John Arcudi, responsable de nombreuses novellisations de films à licence comme Alien, Predator ou encore Robocop, mais il est aussi le créateur de l’histoire de Barb Wire, qui sera adaptée au cinoche. Pour le dessin, c’est Jonathan Case qui s’y colle, qui opère notamment sur Batman ’66. Le résultat est assez bizarre, hybride, très simple, peut-être trop.

Oxel Kärnhus est un détective rivé atteint d’une maladie dégénérative qui lui déforme le corps et lui donne d’affreuses migraines. Un beau jour, il reçoit l’appel de son ancien amour de lycée. Divorcée, elle vient de perdre son unique fils qui s’est suicidé et elle veut qu’Oxel mène l’enquête. Ce dernier accepte, mais il va tout d’abord enquêter sur le premier suicide, celui du meilleur ami du fils. Ses recherches vont le mener vers une histoire tortueuse, qui semble tout d’abord banale, mais qui cache un lourd secret.

Rien de bien révolutionnaire dans ce récit, qui peut décevoir sur la fin. Il s’agit d’une histoire linéaire, qui se lit assez vite et qui n’aura que très peu de rebondissements. A la manière des films noirs de l’époque, le principal intérêt du comic réside dans son héros charismatique, torturé et au physique ingrat. Doté d’un corps simiesque, Oxel est un héros très attachant, profondément humain et pour lequel on va ressentir beaucoup d’empathie. Renouant avec les films des années 40/50, ce héros est le détective parfait, avec ses défauts, devenant aussi humain que son physique est hideux.

Malheureusement, le récit s’enfonce quelque peu dans une linéarité qui sera son plus gros défaut. Ne voulant pas partir dans le fantastique, le comics reste très terre à terre et ce ne sera pas les quelques passages rêvés du grand-père qui vont changer quelque chose. D’ailleurs, lorsque la fin va arriver et que l’on aura les résolutions des deux suicides, on sera un poil déçu s’attendant à quelque chose de terrible et de sombre, surtout à la vue du titre, mais rien de cela ne va se produire, restant sur le même ton.

Au niveau du dessin, c’est assez simple, mais c’est ultra expressif. Tous les personnages possèdent des caractéristiques bien à eux, du héros de l’histoire à plus petit personnage secondaire. On notera tout de même quelques dessins hasardeux, notamment dans les passages animaliers. Mais il faut saluer le travail qui a été fait sur les aspects gores de la fin, assez gênants et bien sales, mais surtout savamment bien mis en scène.

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Au final, The Creep est un comic qui possède de nombreux attraits, avec notamment un héros charismatique et un hommage certain au film noir. Mais il possède aussi quelques scories propre au genre comme une histoire prenante mais à la résolution décevante et quelque peu bâclée ou encore à quelques émotions qui auraient pu être évitées. Néanmoins, le comic est fortement conseillable car il renoue avec un genre qui s’essouffle et cela fait du bien de parfois le retrouver, soit au cinéma, soit en version papier.

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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