mars 3, 2021

Le Sorcier Macabre

le-sorcier-macabre-2

Titre Original: The Wizard of Gore

De : Jeremy Kasten

Avec Kip Pardue, Crispin Glover, Bijou Phillips, Brad Dourif, Jeffrey Combs

Année : 2007

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Le journaliste Edmund Bigelow, excentrique et accoutré d’un costume rétro, croyait avoir tout vu dans les spectacles de prestidigitation de l’underground post-punk de Los Angeles. Mais le cabaret-spectacle de Montag le magnifique et son acolyte le Geek, qui repousse les frontières du gore en démembrant des assistants sur scène lui retourne l’estomac. Il devient vite obsédé par la performance et revient régulièrement y assister avec sa petite amie Maggie. Mais bientôt, il découvre que les assistants sont découverts assassinés dans la ville et qu’il devient bientôt la proie d’hallucinations sanglantes…

Avis :

Il est assez habituel de dire que les films datant des années 2005/2007 sortant de nos jours en DTV (Direct To Vidéo) sont résolument de gros nanars dont la sortie correspond peut être à une pub récente ou à l’actualité de l’un des acteurs, ce qui assurerait hypothétiquement des ventes et donc de l’argent. Le Sorcier Macabre est un film d’horreur qui date de 2007, mais qui est sorti dans notre cher pays trois ans plus tard. Pourquoi ? Le mystère reste entier, mais ne boudons pas notre plaisir de voir un film d’horreur, aussi mauvais soit-il ! En fait, Le Sorcier Macabre est le remake d’un film d’horreur de 1970, The Wizard of Gore, signé par ce célèbre Herschell Gordon Lewis, le papa des premiers films gores, dont 2000 Manics ! Mais comme on le sait tous, les remakes sont souvent décevants et pas du tout à la hauteur de l’original. Mais cet original demeure introuvable dans nos vertes contrées et donc aucun comparatif ne pourra être fait et je prendrais donc Le Sorcier Macabre comme un film en tant que tel. Alors quel est le verdict ? La règle des navets est-elle respectée ? Je ne vais pas faire apparaître un lapin d’un chapeau, mais plutôt de l’acide avec mon clavier !

5186002828_d0688efb82

Premier effet gore, un clodo qui bouffe des asticots, puis un rat vivant…

Il est assez intéressant de comparer les scénarios de deux films qui ont plus de 40 ans de différence. Dans le Sorcier Macabre, on ressent tous les efforts consentis pour rendre le film plus moderne, plus contemporain, mais parfois, à vouloir trop bien faire, on fini par faire n’importe quoi et c’est un peu ce qui se passe dans ce film. On va suivre un jeune journaliste qui pense avoir tout vu en matière de spectacle underground un peu trash. Accoutré à la mode des années 50, il joue perpétuellement un rôle dans sa vie. Seulement, sa vie va basculer quand il rencontre Montag, un sorcier particulier qui prend des gens dans le public, les torture derrière une brume, puis au moment le plus trash, provoque une coupure de courant et fait réapparaître la soi-disant victime. Notre héros, obnubilé par le magicien, va être la proie à des hallucinations sanglantes alors que les assistantes du magicien sont retrouvées mortes. Le film essaye assez vainement de concilier deux genres bien distincts, le film noir et d’enquête, avec le film gore et trash. Seulement, peut-on réellement marier deux genres presque diamétralement opposés ? Si le film noir se veut plutôt intimiste et visuellement léché, le film gore se contente de nos jours à aligner des scènes chocs et ne fait pas forcément attention à la forme du film. Et on ressent cette ambiguïté durant tout le métrage ce qui me laisse perplexe.

D’autant plus que l’histoire est d’une complexité inutile. En effet, on va voir des personnages dans tous les sens, pour finalement arriver à une conclusion presque hors de propos et inutile quant à tout le métrage. Cette complexité va s’accroître avec l’ambiance du film, montrant un univers underground sans limite, ou des gens font des combats de sang dans des taudis et où des réunions de marginaux se font autour d’un concert rock dans des lieux mal famés. Tout cela est très flashy, franchement impersonnel et dessert royalement le film, rendant tout le reste peu crédible. C’est assez dommage de constater certains défauts, comme les flashs du personnage principal, sous forme de damier électronique rajoutés en postprod  en arrière plan qui sont vraiment moches, alors que le choix du réalisateur sont parfois judicieux, notamment avec ses plans inclinés rajoutant une dose de folie au récit et aux personnages. Malheureusement, on ne peut pas dire que la qualité du DVD soit au rendez-vous, avec une image dégueulasse et des zones d’ombre beaucoup trop prononcées. L’autre gros défaut provient des personnages en eux-mêmes. Aussi charismatique que des huîtres le long du Mont St Michel, les personnages laissent le spectateur de marbre, ne donnant aucune émotion ni aucune empathie, surtout provenant du personnage principal.

wizard of gorePDVD_020

Mais non, elle est très belle ma robe de chambre !

Bien évidemment, les acteurs jouent grandement en leur défaveur. Il faut commencer par celui que l’on voit le plus à l’écran et que je déteste au plus haut point, c’est Kip Pardue. Tellement peu connu dans notre contrée, qu’il n’est même pas crédité sur le devant de la jaquette. Et pourtant, il a déjà fait pas mal de films d’horreur, dont les mauvais Stag Night et Hostel 3. Ce n’est pas avec Le Sorcier Macabre qu’il se sortira de la merde des DTV ! Jouant le journaliste en proie à des visions, il est d’une platitude consternante. Lisse, mou et incroyablement plat, il n’instaure aucune pitié ni aucune empathie. Mais malheureusement, certains acteurs plus connus se sont laissés embarquer dans ce marasme, et notamment Crispin Glover, qui surjoue à mort et qui campe un magicien peu crédible et franchement pas intéressant. On dirait qu’il s’ennuie vraiment dans ce film. Brad Dourif, ce cher Chucky, se plante lui aussi comme une merde dans ce film. Jouant un médecin spécialisé en acupuncture, il est d’une bêtise affligeante et passe pour un demeuré. Enfin, Jeffrey Combs est peut être celui qui s’en sort le mieux en interprétant le clochard, et donc on ne voit jamais sa trogne, ce qui n’est pas plus mal. Mais où est passé le temps de Re-Animator ?! Bref, au niveau du casting, c’est la catastrophe.

Le seul point qui aurait pu sauver le film du désastre, c’est le gore. Et ce n’est pas qu’il est absent du film, loin de là, mais malheureusement, tout cela fait faux et beaucoup trop tape à l’œil. Voulant mettre le spectateur mal à l’aise, Jeremy Kasten va s’évertuer à mettre en avant des scènes plus ou moins dégueulasses, avec éventration, éviscération ou encore lancer de pièges à loup sur une pauvre bougresse. Tout cela ne suscite pas grand-chose puisque tout est filmé derrière un écran de fumée, histoire de bien masquer les effets spéciaux. Mais on voit très rapidement le sang utilisé et rien que ça, il ne fait pas vrai du tout. Dès le départ, avec le journaliste en sang, on va la clarté et la fluidité du liquide rouge, et on peut dire que c’est tout sauf du sang ! Bien entendu, le gore va plus loin que les simples mises à mort, avec du dégout provoqué par ce que bouffe le clodo, comme un rat vivant ou des asticots, mais aussi avec les décors, instaurant une vieille bâtisse en reconstruction avec des bâches de partout. Tout cela fait trop m’as-tu-vu et une ambiance peut-être un poil plus mystérieuse ou un poil plus sobre aurait été la bienvenue. On aura aussi droit à notre lot de nichons à l’air et même une scène de Frontal Total Nudity (pas besoin de le traduire en français je suppose…).

wizard_of_gore_xl_01--film-B

T’es magicien, pas karatéka Crispin !

Au final, Le Sorcier Macabre résonne comme un titre de mauvais film d’horreur et c’est la vérité. Oscillant entre deux genres, poussant à l’extrême une ambiance dépravée mais tellement superficielle, Jeremy Kasten propose un film alambiqué pour pas grand-chose et à la qualité plus que douteuse. Dommage, car certains plans sont plutôt bien trouvés et la magie est un terrain béni pour tout film horrifique. Bref, un film que je n’ai pas apprécié du tout !

Note : 06/20

Image de prévisualisation YouTube

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.