octobre 28, 2020

Grizzly Man

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De: Werner Herzog

Avec Timothy Treadwell, Werner Herzog, Amie Huguenard, Franc G. Fallico

Année: 2005

Pays: Etats-Unis

Genre: Documentaire

Résumé:

Un documentaire dressant le portrait de Tim Treadwell, un écologiste controversé et charismatique, et de sa compagne Amie Huguenard, qui trouvèrent tous deux la mort, mutilés par des ours dont ils assuraient la protection.

Avis:

Depuis quelques temps, je découvre le cinéma de Werner Herzog, cinéaste allemand à la réputation nerveuse. Donc après avoir commencé avec un chef d’œuvre « Fitzcarraldo » et suivi d’une déception (« Invincible« ), je me lance dans un documentaire singé Herzog, qui m’avait toujours tenté, sans savoir que c’était de lui, mais dont je n’avais jamais osé me prendre, de peur de m’ennuyer devant. Mais maintenant que c’est chose faite et qu’il est enfin entré chez moi, je me suis lancé dedans les yeux grand ouvert, l’esprit prêt à apprendre plein de choses et j’en ressors ravi, et surtout très surpris, car non seulement, j’avais de fausses idées, mais en plus, je me suis rendu compte que le film était très loin de ce que je m’étais imaginé et c’est d’autant mieux, car il fut une sacrée surprise. Moi qui imaginais un reportage sur les Grizzly, j’ai découvert le portrait d’un homme aussi beau que touchant et profond.

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Timothy Treadwell, ce nom ne vous dit rien ? Et pourtant, cet homme assez connu aux Etats-Unis a défrayé la chronique en 2003. Cet homme passionné par les grizzlys a réussi l’impossible. Écologiste, il a passé les treize dernières années de sa vie à étudier, filmer et protéger ces animaux. Très engagé, pendant treize étés, il a vécu parmi les grizzlys, au milieu d’eux, adoptant leurs démarches, leurs gestes, arrivant à leur tenir tête. Mais, voilà un matin comme un autre, lui et sa compagne se sont fait surprendre par un ours et alors qu’il allait laisser les grizzlys jusqu’à l’année prochaine, ils n’ont pas survécu à cette attaque et se sont tous les deux faits dévorer. On ne retrouvera qu’une partie de leurs corps. « Grizzly Man » revient alors sur ce parcours anodin, et sur la vie d’un homme, d’un marginal qui par amour pour ces animaux et par haine du système a fini par tutoyer la folie.

Sur les treize années où Timothy Treadwell est parti vivre avec ses ours pendant l’été, il en a ramené des images incroyables. Des moments de pures tendresses, d’intenses combats ou encore des images d’un quotidien déroutant. « Grizzly Man« , c’est un montage des cinq dernières années de la vie de Timothy Treadwell alors qu’il se mettait en scène pour nous expliquer pourquoi il aimait ces animaux, pourquoi il fallait les protéger et pourquoi, selon lui, ils étaient bien plus importants que les hommes.

Werner Herzog, qui fut touché par le destin tragique de cet homme et de sa compagne, a décidé d’en faire un documentaire, pour lui rendre hommage et raconter qui il était. C’est vrai qu’on a tendance à s’attendre à un film sur un homme qui vivait au milieu des ours, et qui nous crie son amour pour eux et c’est ce que l’on va trouver dans les images qu’Herzog a choisi sur plus de cent heures de rushs, mais derrière le cri de l’écolo, « Grizzly Man » va être avant tout une incroyable peinture. C’est un film intime et passionnant, qui va nous faire faire la connaissance d’un homme seul, triste et en révolution avec le monde. Avec ce film, Werner Herzog part à la découverte d’un homme et il va en faire un portrait, triste et sublime, touchant et pathétique en même temps. C’est très surprenant, car Herzog ne va pas glorifier son « personnage », non, il va essayer de nous le montrer tel qu’il le voit et tel qu’il était dans sa vie. Certes, il était passionné et dévoué à sa cause, mais grâce à toutes ces heures de film, aux différentes interviews et témoignages que Werner Herzog a récolté, c’est une toute autre vision et un autre homme qui se livre à nous face à sa caméra, seul dans les grandes plaines américaines. Seul face à ses démons, à sa haine et son amour. C’est un homme qui vit éternellement dans les souvenirs de ceux qu’il a rencontré. Des souvenirs bons ou mauvais que chacun va livrer avec pudeur et respect devant la caméra du réalisateur.

Ce qui est bien, c’est que Werner Herzog a un bon sens du timing et à aucun moment son film est ennuyant. Entre prises de vue de Treadwell, interviews, confessions et ses images d’ours qui captivent la caméra, le film passe très vite et j’ai même presque regretté qu’il soit si court. J’aurais bien repris une bonne demi-heure de rabe.

Enfin, on ne peut pas regarder « Grizzly Man » sans être frappé par le charisme, un peu dingue, c’est vrai, de Timothy Treadwell. L’homme est sidérant, captivant, flippant même. Il est incroyable dans sa façon de se mettre en scène, dans sa solitude, dont il ne se rend même pas compte. Dans ses pétages de plombs aussi et sa recherche constante en de nouveaux amis. Il est très touchant dans son désespoir et sa fatalité, surtout que les images vont jusqu’au jour de son décès. Rassurez-vous, sa mort, ainsi que celle de sa compagne, Amie Huguenard, a été enregistrée, mais heureusement et c’est là qu’on voit le respect d’Herzog pour l’homme, on n’entendra rien de tout cela. Personnellement, cela m’a rassuré, car j’ai peur de voir ceci, ou entendre cela et il y avait un côté angoissant sur tout le début, jusqu’à ce que Herzog, qui apparait plusieurs fois dans le film, nous prévienne que l’on n’aura pas de ça, dans le film.

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« Grizzly Man » est donc un très beau documentaire. C’est un film qui m’a passionné de bout en bout et qui m’a fait découvrir un homme très touchant. J’ai adoré comment Werner Herzog nous le présente, avec ses bons côtés, mais aussi ses défauts, avec ses espoirs et ses craintes, son amour et aussi sa folie. Car c’est vrai qu’à plusieurs reprises, on a l’impression qu’il perd peu à peu le sens des réalités. Et c’est malheureusement peut être ça qui aura eu raison de lui.

Note: 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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