décembre 2, 2020

The Horseman

The-Horseman

De : Steven Kastrissios

Avec Peter Marshall, Caroline Marohasy, Brad McMurray

Année: 2008

Pays: Australie

Genre : Thriller

Résumé:

Une jeune fille fugueuse et toxicomane est exploitée sexuellement pour les besoins d’un film pornographique underground. «Payée» avec de la drogue, elle décèdera d’une overdose quelques heures plus tard. Son père, Christian, ne va pas supporter la découverte des dernières heures de sa fille. Fou de haine et de chagrin, il va remonter le fil de la société productrice du film porno pour faire payer ceux qu’il juge responsables de la mort de son enfant.

Avis :

Les films de vengeance ont toujours une réputation sulfureuse. On peut aisément le comprendre puisqu’ils remettent en cause pas mal de nos jugements et surtout la loi, supputant que la vengeance est au-dessus de la loi et que n’importe qui peut transgresser la loi. Plusieurs films ont un passif qui a défrayé la chronique comme A Vif avec Jodie Foster ou encore Delivrance de John Boorman ou bien Death Sentence de James Wan. Quoiqu’il en soit, ces films sont toujours intéressants et ont leur lot de scènes marquantes, voir cultes et on en parle souvent. Mais quand il s’agit d’un premier film, indépendant, non américain et avec une pléthore de récompenses, on ne peut qu’être curieux et avoir envie de se jeter à corps perdu dans ce métrage. Alors que réserve The Horseman ? Le film tient-il toutes ces promesses ? Les récompenses qu’il a reçues sont-elles méritées ? Accompagnons ce père dans sa vengeance aveugle.

Le scénario reste relativement simple. En même temps, pas besoin d’avoir le prix Pulitzer pour écrire un film de vengeance, un meurtre d’une personne proche du héros, un pétage de plomb et une tuerie, c’est d’ailleurs ce qu’il se passe avec Death Sentence. Mais le plus intéressant n’est finalement pas le sujet en lui-même, mais plutôt les questionnements qu’il véhicule. The Horseman se pose comme un film lambda de vengeance. Le père perd sa fille et reçoit après sa mort une cassette vidéo où elle joue dans un porno complètement shooté. Il décide alors de retrouver tous ceux qui ont participé à la mort de sa fille, la laissant crever sur le trottoir, s’étouffant avec l’héroïne. Seulement, le film va un peu plus loin, révélant un secret encore plus glauque et incluant une dimension de recommencement avec une autostoppeuse de l’âge de la fille morte. Bref, derrière ses apparences simplistes, The Horseman se révèle un peu plus puissant. Le seul défaut, c’est que les différentes questions que soulève ce genre de film ne se posent même pas ici puisque la filière dans laquelle est tombée la fille est pourrie jusqu’à la moelle et que finalement, la sentence du père semble être un juste retour des choses. D’autant plus que l’on se rend compte que même la justice est mêlée la dedans. Par contre, on se rend vite compte que la volonté du réalisateur est d’imposer un film noir, sans concession et qui frappe fort. Et cela marche vraiment bien. Le film est vraiment glauque, le père de famille fait très mal et on ressent vraiment de l’empathie pour lui, autant pour sa revanche qui s’avère juste mais aussi pour que sa nouvelle relation avec la jeune autostoppeuse sonne comme une renaissance. L’autre point fort de The Horseman, c’est que Kastrissios nous dépeint une Australie froide, lugubre et assez triste. D’habitude, le pays continent est plutôt montré de façon chaude, transpirante, avec une ambiance étouffante, mais le réalisateur va prendre tout ce petit monde à contre-pied et mettre en avant une ambiance à l’opposé de ce que l’on voit d’habitude.

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Tu vois ces hameçons, ils vont me permettre de pêcher tes couilles !

Avec un film indépendant, il était logique de ne trouver aucun acteur connu. Mais on l’a déjà vu auparavant dans d’autres films, pas besoin d’être connu pour camper un bon personnage et pour être convaincant. C’est exactement ce qu’il se passe avec Peter Marshall, qui joue le héros du film, le père de la jeune fille décédée, et il le fait avec un talent indéniable. Meurtri, fatigué, n’ayant plus rien à perdre, il joue à la perfection ce genre de bonhomme seulement animé par la vengeance et la volonté de savoir la vérité sur la mort de sa fille. Jouant parfaitement avec les émotions et criant de crédibilité, il gagne à être plus connu et à jouer dans d’autres films. Après, le seul défaut, c’est qu’il occulte entièrement tous les autres rôles. La jeune fille qu’il prend en stop est très sympathique, on s’attache vite à elle car on fait la corrélation avec la fille du héros, et le parallèle est touchant, mais on a presque envie de lui dire qu’elle est trop conne d’aller avec un mec comme celui qu’elle a en ce moment. Par contre, le grand méchant de l’histoire a une bonne tête de bovidé et il incarne relativement bien le bourrin de base, qui réfléchit avec ses biceps. Pour le reste, on peut rester sur sa faim, mais il faut dire que tous jouent à la perfection, autant le producteur, que le réalisateur de films pornos que les acteurs. D’ailleurs, le schéma est toujours le même avec ces personnages, puisqu’on croit en leur innocence au début, en leur bonne foi, puis par la suite, quand ils savent que tout est perdu, ils se lâchent et on comprend de suite leur vraie nature. Cela donne l’occasion de faire des scènes de torture assez sèches et qui font mal sans pour autant montrer du gore à tout va. Violent et dur, le film préfère la suggestion à la démonstration et c’est tant mieux, car il ne s’agit pas d’un film d’horreur gore à la Saw. Il en devient d’autant plus puissant et la scène des hameçons dans le pénis fait très mal. Les scènes de combat, assez nombreuses, sont criantes de vérité et demeurent donc d’autant plus violentes. Le tout forme quelque chose de réaliste et de très sombre qui convient parfaitement au thème de la vengeance.

Au final, The Horseman est un excellent film indépendant qui peut faire la nique à beaucoup d’autres films de ce genre. Noir, nihiliste, entrainant le spectateur dans une spirale de violence réaliste, le film est sans concession et demeure un bon uppercut dans la gueule. Alors le métrage n’est pas exempte de défauts, et parfois le sort du héros relève de la chance incongrue, mais on pardonne tout cela face au talent du réalisateur australien et à la performance de l’acteur principal. Bref, un thriller qui fait mal, simple mais diablement efficace.

Note : 16/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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