décembre 2, 2020

Camélia Jordana – Dans la Peau

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Avis :

Quand on regarde rapidement les vainqueurs d’émission de télé crochet, on se demande encore comment ils arrivent à payer leur loyer. Entre des albums bâclés pour surfer sur la vague du pseudo succès ou des univers édulcorés à la teinture pop mais sans imagination, en l’espace d’une année, on n’entend plus parler d’eux. Ces chanteurs, si on peut les appeler ainsi, n’ont pas compris que la victoire compte peu dans ce genre d’émission et que seul le buzz s’impose comme référence du prix public. Ainsi après la troisième place qui a valu le succès à Amel Bent, c’est Camélia Jordana, quelques années plus tard qui termine troisième mais qui se fait remarquer par son univers peu commun et sa voix relativement particulière. Devenant la chouchoute d’André Manoukian grâce à sa voix jazzy, la toute jeune chanteuse sort un album éponyme en 2010 et s’impose avec un premier single qui va cartonner en France. Suite à différents partenariats, notamment avec André Manoukian, mais aussi Alex Beaupain ou Alain Chamfort, la chanteuse prend son temps pour sortir un nouveau skeud, puis offre Dans la Peau, un album assez personnel, plutôt sombre mais qui reste dans un univers bien à elle, ce qui la différencie grandement des autres braillasses sortant d’une émission télé. Mais dans le fond, que vaut vraiment cet album.

Dans ce skeud, exit les sonorités électros, les distorsions à deux balles et les boîtes à rythmes redondantes. Camélia Jordana préfère les vrais instruments et c’est tant mieux. Le skeud commence avec Comment Lui Dire et c’est un morceau assez lent. Il n’y aura pas de changement dans la cadence, le tout reste relativement plat, mais l’instrumentalisation est très intéressante. On aura droit à une batterie à base de balais, du piano, un clavier faisant très 70’s et le tout démontre une certaine complexité dans la mise en place. Alors effectivement, c’est un petit peu chiant, pas entrainant pour un sou, mais cela se révèle être plus recherché et intéressant que ce que l’on entend à longueur de journées à la radio auprès des jeunes chanteuses. Dans le même style, mais avec l’omniprésence d’un clavier, on aura Ma Gueule, un titre dont l’instru pourrait faire penser à un rap old school et qui pourtant s’impose comme un morceau relativement sombre mais très jazzy/pop style année 70, et devenant l’un des meilleurs morceaux du skeud.

On trouvera aussi d’autres styles dans cet album. Par exemple certains titres sont vraiment très ancrés dans le style variété française et certains titres sont plus réussis que d’autres. A l’Aveuglette est par exemple un excellent morceau, en duo, où le texte est extrêmement bien écrit et monte crescendo en rythme. La présence d’une guitare électrique avec des violons n’est pas étrangère à la réussite de ce titre. Néanmoins, l’ensemble des chansons de ce style sont assez lancinantes et en deviennent parfois relativement pénibles et chiantes. Prenons des exemples, Miramar est relativement jolie, mais la chanson reste sur un même rythme, lent et au bout d’un moment, c’est assez long malgré une écriture intéressante et loin d’être niaise. On peut aussi évoquer les quatre derniers titres de l’album, Jeune Homme, Berlin, Colonel Chagrin et Brigitte Dit Vrai, qui sont des morceaux d’une grande douceur, mais bien trop mélancolique et on sent que le skeud s’essouffle à force de rester dans ce style lent et triste.

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Malgré l’aspect très mélancolique de l’album, certains titres demeurent un peu plus joyeux et redonnent des couleurs l’album. Le single, Dans la Peau, qui est aussi le titre de l’album, est assez agréable bien qu’anecdotique en termes d’instru ou au niveau des paroles qui reste cucul la praline. On retrouvera aussi Sarah Sait qui serait presque un hommage au disco des années 70, étant le seul morceau qui ose mettre un poil d’électro joliment rétro. Encore une fois, rien de bien folichon malgré une rupture intéressante au piano et une prise de risque plutôt bien vue. Madi fait aussi partie des titres joyeux, même si ce morceau reste vraiment anecdotique dans son ensemble malgré une ligne de basse agréable. Il reste enfin La Fuite, un titre très joyeux, presque pop rock avec des cuivres, des instruments à vent, une jolie batterie et une guitare électrique bien trouvée. Le morceau est intéressant et marque une vraie rupture au sein de l’album. Pour terminer, on peut aussi aborder le cas épineux de deux titres relativement ratés comme J’Aime l’Orage, un court morceau qui tient plus du slam et qui s’avère long et inintéressant dans sa structure, mais aussi de Illégale à l’instru insupportable, et sur lequel la belle arrive presque à chanter faux à cause d’un faux rythme vraiment horrible.

Au final, Dans la Peau, le deuxième et dernier album de Camélia Jordana est assez intéressant et s’éloigne vraiment de tout ce que peut proposer la variété française d’aujourd’hui. Tantôt jazzy, parfois pop et souvent mélancolique, cet album est loin d’être une purge, mais manque de pep’s et de dynamique sur la fin, où l’on voit que la chanteuse tourne en rond dans un style trop lourdingue et devenant presque pénible. Néanmoins, tout cela reste mélodieux à l’instrumentalisation complexe et recherché, et c’est déjà pas mal.

  1. Comment Lui Dire
  2. Dans la Peau
  3. A l’Aveuglette
  4. Ma Gueule
  5. Illégale
  6. Sarah Sait
  7. Miramar
  8. Madi
  9. La Fuite
  10. J’Aime l’Orage
  11. Jeune Homme
  12. Berlin
  13. Colonel Chagrin
  14. Brigitte Dit Vrai

Note : 12/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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