décembre 2, 2020

A Perdre la Raison

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De : Joachim Lafosse

Avec Emilie Dequenne, Niels Arestrup, Tahar Rahim, Baya Belal

Année : 2012

Pays : Belgique, Luxembourg, France, Suisse

Genre : Drame

Résumé :

Murielle et Mounir s’aiment passionnément. Depuis son enfance, le jeune homme vit chez le Docteur Pinget, qui lui assure une vie matérielle aisée. Quand Mounir et Murielle décident de se marier et d’avoir des enfants, la dépendance du couple envers le médecin devient excessive. Murielle se retrouve alors enfermée dans un climat affectif irrespirable, ce qui mène insidieusement la famille vers une issue tragique.

Avis :

Un drame comme il en existe beaucoup trop. Une histoire simple, mais tellement réelle, « À perdre la raison » est un film que j’ai beaucoup aimé. C’est un film lourd, où le réalisateur explore brillamment et sans trop en faire la dépression d’une femme. C’est un film qui vous entraîne avec lui auprès de cette famille et vous laisse un souvenir très dur dans sa dernière scène…

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Depuis qu’il est petit Mounir est pris en charge par André, un médecin de profession. Il vient chez lui et le considère comme son père. Un jour Mounir fait la connaissance de Murielle. C’est le coup de foudre et l’un comme l’autre tombe éperdument amoureux. Très vite, ils décident de se marier et ils emménagent chez André, pour faciliter leur départ dans la vie. Mais ce qui devait être temporaire devient vite permanent. Le couple est heureux et ils vont avoir quatre beaux enfants. Mais alors que tout pourrait allez pour le mieux, Murielle se sent de plus en plus asphyxiée dans cette relation et sombre peu à peu dans la dépression. Une dépression si forte et violente pour la jeune femme qu’elle enchaîne les idées noires et elle ne voit pas comment refaire surface…

« À perdre la raison » est un film que j’ai trouvé assez dur, car il nous montre bien la descente en enfer d’une femme. Librement inspiré de l’affaire Geneviève Lhermitte, le film est passionnant de bout en bout et ne sombre pas dans le pathos.

Le sujet est difficile et réaliste et le réalisateur le traite avec respect et pudeur prenant le temps de construire une belle et dramatique histoire. Le réalisateur prend le temps de nous présenter cette idylle, le film nous réserve de jolis moments de tendresse, de complicité, le début est plein de joie et d’amour. Tout parait vrai, tout sonne juste. Le scénario est très bien écrit, puis un peu comme une grippe qu’on ne sent pas arriver, le réalisateur y installe une certaine mélancolie, qui va devenir étouffante, peu à peu le couple sombre, sans qu’on le remarque de suite. J’ai trouvé ça très subtil. On voit les choses arriver, mais en même temps, l’histoire s’enfonce, mais on ne le remarque pas vraiment et c’est une fois les deux pieds dedans qu’il est déjà trop tard et l’on assiste impuissant à la déchéance de cette famille. Quant aux dernières scènes du film, elles resteront gravées dans ma mémoire, de par leurs réalités dramatiques, ainsi que leurs simplicités effrayantes, avec en conclusion la voix d’une femme qui m’en a donné la chair de poule.

Le film est épuré, Joachim Lafosse nous offre un film très simple dans sa mise en scène. En le regardant, j’avais l’impression d’être le témoin impuissant de cette tranche de vie et le fait de savoir que c’était inspiré d’un fait divers à l’issue tragique, m’a fait créer une certaine tension.

Et comme le film est très simple, sans effets tape à l’œil (on aurait pu s’attendre, comme l’on trouverait dans beaucoup de films, des clashs à deux sous, des grandes scènes dramatiques où ça pleure, ça hurle et ça maudit la vie) c’est cette simplicité et son sens ordinaire qui fait que c’est non seulement accrocheur, mais en plus c’est assez dérangeant. À la fin du film, j’avais des frissons dans le dos.

Le film doit beaucoup à ses acteurs aussi qui sont très bien dirigés. À l’image du film, ils sont très sobres et ne tombent pas dans le pathos. Je trouve que le couple formé par Tahar Rahim et Emilie Dequenne est très beau et convaincant malgré l’issue tragique.

Emilie Dequenne, qui a reçu un prix dans la sélection « Un Certain Regard  » pour ce film est bluffante de réalisme. J’ai trouvé l’actrice très touchante et sincère. Le rôle est difficile et elle mérite amplement son prix. Sur tous les films que j’ai pu voir avec elle, je trouve qu’elle décroche ici son meilleur, mais malheureusement aussi son plus beau, rôle.

Tahar Rahim est tout aussi bon et navigue loin des clichés habituels pour ce genre de rôle. L’acteur est encore une fois tendre, fort et simple en même temps. C’est un acteur que j’aime bien et je prends plaisir à le voir évoluer dans ces rôles. Il ne cherche pas la facilité et c’est un plaisir de le retrouver à chaque fois. Puis pour terminer ce beau casting il y a le charismatique Niels Arestrup qui est parfait, comme toujours, j’ai envie de dire. Je n’ai jamais vu cet acteur mauvais, y-a-t-il une loi qui fait qu’il est bon à chaque fois ? Dès que je le vois à l’écran, même quand il ne dit rien, je le trouve très imposant, je ne sais pas comment il fait, mais j’adore ça.

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Voilà, donc tout ça pour vous dire que, « À perdre la raison » est un film que j’ai beaucoup aimé, qui m’a profondément touché avec sa scène finale génialement maîtrisée et d’une grande pudeur.

C’est un film dur et sensible, qui sonne juste. C’est un drame profond et malheureusement vrai. C’est un film à découvrir qui vaut amplement le coup d’œil.

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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