décembre 4, 2021

Psycho Killer – Anonyme

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Auteur : Anonyme

Editeur : Sonatine Editions

Genre : Horreur

Résumé :

Tout semble paisible à B Movie Hell, 3672 habitants. Jusqu’au jour où un tueur mystérieux portant un masque en forme de crâne, surmonté d’une crête iroquoise rouge, se mette à assassiner tranquillement certains des habitants de la ville. Le FBI confie l’affaire à un couple d’enquêteurs, Milena Fonseca et Jack Munson, surnommé le Fantôme, spécialiste des opérations clandestines. Bientôt de mystérieux liens apparaissent entre cette terrifiante série de meurtres et un projet top secret du Département d’Etat, l’opération Blackwash. Alors que la paranoïa s’empare de la ville, la collaboration entre le FBI et les autorités locales s’annonce difficile. Les habitants de B Movie Hell, bien décidés à garder leurs nombreux secrets, entendent en effet résoudre seuls et sans aide extérieure cette histoire aussi terrifiante qu’énigmatique.

Avis :

Lorsque l’on parle de films terrifiants, l’on songe à des genres propres à susciter pareils sentiments comme l’horreur, l’épouvante ou le thriller et, certainement pas une comédie romantique musicale telle que Dirty Dancing. Cela peut paraître une introduction étrange et pourtant, la quatrième de couverture du livre qui nous occupe aujourd’hui se targue de faire l’amalgame avec d’autres métrages cultes des années 1980 – 1990 : « Halloween, Twin Peaks, Scream, Dirty Dancing… L’auteur du Livre sans nom rend un vibrant hommage aux films les plus terrifiants du siècle dernier ! » S’agit-il d’une maladresse ou un stratagème pour appuyer le second ou le troisième degré du présent ouvrage ? Le doute est permis, surtout au vu des précédentes histoires de l’auteur.

N’en déplaise à certains, le romancier anonyme le plus connu du monde littéraire (un comble, non ?) délaisse sa (trop) longue série sur le Bourbon Kid pour nous pondre une intrigue avec de nouveaux personnages, un cadre différent et un récit en hommage au cinéma. En dehors du Livre sans nom qui se montrait une bouffée d’oxygène rafraîchissante et décomplexée dans le paysage du thriller, ses suites se sont révélées plus que moyennes. En cause, un concept ultra-répétitif qui n’a pas évolué d’un iota où l’on nous inflige un humour noir qui s’effilochait à force de trop tirer sur la corde. Rendre hommage à ses références, c’est bien. Exploiter le filon dans un but purement mercantile sans la plus petite remise en question, ça l’est beaucoup moins.

Et Psycho killer ne dérogera pas à la règle en respectant à l’espace près, le cahier des charges d’une histoire absurde, redondante et prévisible au possible. Certes, l’objectif d’un tel ouvrage n’est pas de chercher une intrigue fouillée ou même originale. Néanmoins, calquer la trame du livre sur les films évoqués précédemment sans jamais apporter la moindre touche personnelle rend le récit froid, ennuyeux et pénible à suivre. On a beau ne pas se prendre la tête, dédaigner la vulgarité permanente ou se laisser porter par l’odyssée punitive de l’Iroquois, il n’en demeure pas moins que le style reste trop simpliste.

On ne retrouve donc pas l’ambiance des modèles cités (Terminator, Halloween, Twin Peaks ou Scream…). D’ailleurs, on ne distingue pas l’ombre d’une atmosphère palpable ou mystérieuse à se mettre sous la dent. Entre des massacres au couperet basiques au possible et une chasse à la prime tout aussi bancale que les investigations des deux trublions du FBI, on peine à trouver à un intérêt réel, à tout le moins, un plaisir de lecture en parcourant cette accumulation de clichés bon marché et facile. A titre de comparaison, c’est comme si un mauvais remake copiait les défauts du film initial en oubliant les qualités et les bonnes idées.

Il reste un langage châtié de circonstances qui devient vite redondant. Oui, les protagonistes sont des caricatures ambulantes, des gros durs, des machos ou de jeunes donzelles délurées avec un pois chiches en guise de cerveau. Est-ce pour autant nécessaire de faire un chapitre sur un type constipé qui tente de « chier dans ses chiottes » (pour reprendre texto les termes de l’auteur) ? D’ailleurs, les personnages sont une pâle resucée de ceux qui occupent les pages des aventures du Bourbon Kid. L’iroquois en est un exemple flagrant avec sa folie meurtrière et implacable.

Au final, Psycho killer se contente de repomper honteusement la trame de ses références au lieu de nous offrir un clin d’œil savoureux et singulier. Ce cinquième roman d’Anonyme était censé marquer un nouveau départ après des ouvrages moyens et opportunistes. Force est de constater que l’auteur préfère assouvir ses besoins mercantiles avec des récits bâclés en s’appuyant sur l’aura de films cultes plutôt que faire évoluer un concept qui a définitivement périclité le second degré dans les affres de la médiocrité. Psycho killer peut être considéré comme le parfait mélange d’un mauvais remake et une parodie pathétique digne de Jason Friedberg. C’est dire le niveau…

Note : 07/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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