janvier 17, 2026

Beyond the Black – Break the Silence

Avis :

Le monde de la musique métal est en perpétuel mouvement. Si certaines mauvaises langues s’accordent à dire que c’est un genre vieillissant, c’est passer à côté d’une pléthore de nouveaux groupes qui essayent divers styles et divers mélanges. Et si parfois cela peut sembler incongru, d’autres fois, ça marche bien, et ça devient un succès dingue. Le mélange le plus « impur » pourrait être celui du Power/Sympho avec des éléments électro pop, l’aspect grandiloquent se mariant assez peu avec le beat rythmique d’un truc dansant. Et pourtant, un peu comme Amaranthe, c’est le choix qu’a fait Beyond the Black à sa création. Fondé en 2014 autour de la chanteuse Jennifer Haben (seul membre d’origine), le groupe allemand va faire parler de lui, mais pas forcément en bien. Et d’un côté, cela peut aisément se comprendre à cause de plusieurs facteurs.

Si l’on met la musique à part, Beyond the Black, au même titre qu’Amaranthe, joue beaucoup trop sur le physique de leur chanteuse. Que ce soit Elize Ryd ou Jennifer Haben, les pochettes d’albums jouent au taquet sur leur présence et leur joli minois, devenant alors des phénomènes marketing pour des mâles métalleux en rut. Et on sait très bien qu’il ne faut jamais se fier à une pochette d’album. Ensuite, si on prend l’attitude de tout ce beau monde, on a vraiment l’impression de faire face à des poseurs. Les clips sont très stylisés, mais chanteuse et chanteur se la racontent comme rarement, avec des regards caméra pleins de confiance. Là encore, on sent que la musique passe au second plan. Et d’ailleurs, elle reste assez factice quand on l’écoute. Les arrangements électro sont très présents pour donner du rythme, étouffant presque les guitares.

Très clairement, ça fait beaucoup de points qui ne sont pas en faveur de Beyond the Black. D’autant plus que Break the Silence, leur dernier album, est le plus court de leur carrière, avec à peine 37 minutes au compteur, pour un résultat qui nous laisse le cul entre deux chaises. Tout commence avec Rising High et un chant masculin qui est déjà transformé. La mélodie est sympathique, le riff est assez lourd, mais le tout fait très pop. D’autant plus que la chanteuse se contente du minimum syndical, profitant alors d’un refrain fédérateur pour accrocher les oreilles les moins rompues au métal. La structure est simpliste au possible, et techniquement, c’est assez faiblard. Break the Silence a beau afficher une jolie ligne de basse dans son introduction, ainsi qu’une orchestration symphonique en arrière-plan, on reste sur un truc que l’on a déjà entendu mille fois, et en mieux.

Alors ce n’est pas catastrophique, et ça peut être une bonne porte d’entrée dans le métal, mais pour les vieux de la vieille, c’est très moyen. The Art of Being Alone tente de peaufiner une ambiance un peu sombre, mais on reste sur notre faim, malgré l’agressivité des riffs, qui malheureusement se font manger par les ajouts orchestraux. Avec Let There Be Rain, on rentre de plein fouet dans un titre surproduit qui possède une structure résolument Pop, et qui joue énormément sur son refrain, qui se veut simple et fédérateur. Néanmoins, la chanteuse prend un peu plus de risque avec sa voix. Ravens va permettre de découvrir une autre facette du groupe. Ici, on fait face à une sorte de ballade gothique plutôt sympathique qui monte crescendo, et on découvre enfin le groupe sans atour superflu. Mais tout se casse la gueule avec The Flood.

Dès le début, on a droit à de l’électro, via une voix masculine sous autotune, et c’est une calamité à écouter. Rien ne va, et cette évolution moderne ne colle pas du tout au côté Sympho/Power que pourrait avoir le groupe. Et ce n’est pas Can You Hear Me que les choses vont s’arranger, car on plonge carrément dans de l’électro métal de bas étage, que même Electric Callboy n’oserait pas. Et en prime, on a vraiment l’impression que ça a été écrit par un gamin de six ans… A la rigueur, (La Vie est un) Cinéma peut passer, notamment grâce à sa mélodie accrocheuse, et ses paroles en français qui rentrent immédiatement en tête. Mais encore une fois, l’aspect électro pop prend trop le dessus sur le côté métal. Hologram renoue alors avec un aspect plus agressif, puis Weltschmerz clôture l’album sur une ballade très agréable.

Au final, Break the Silence, le dernier album de Beyond the Black, est un album qui est très déroutant par ses choix artistiques, et sa volonté d’aller vers la modernité, au prix de son identité « métal ». Jouant encore et toujours sur le physique de sa chanteuse, et pas forcément sur ses qualités vocales, le groupe se fourvoie souvent dans une facilité qui ne paye pas forcément. Si l’album peut se voir comme une bonne porte d’entrée dans le métal, il est aussi un disque inutile pour ceux qui aiment le genre depuis des lustres…

  • Rising High
  • Break the Silence
  • The Art of Being Alone
  • Let There Be Rain
  • Ravens
  • The Flood
  • Can You Hear Me
  • (La Vie est un) Cinéma
  • Hologram
  • Weltschmerz

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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