novembre 28, 2021

Frankenstein

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De : James Whale

Avec Colin Clive, Mae Clarke, John Boles, Boris Karloff

Année : 1931

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Henry Frankenstein est un jeune scientifique qui rêve de créer un être humain à l’aide de ses connaissances. En compagnie de son assistant Fritz, les deux hommes vont concrétiser ce dessein à partir de morceaux de cadavres mais l’expérience va tourner au cauchemar. En effet, le monstre à qui les savants ont greffé le cerveau d’un criminel, va échapper à leur contrôle et commettre plusieurs meurtres.

Avis :

Frankenstein ou le Prométhée Moderne est un roman qui fut écrit et publié en 1818 par Mary Shelley alors que le roman gothique subit ses dernières heures. Le roman tient son succès grâce à ses thématiques abordées comme l’absence d’âme ou encore la volonté de se prendre pour Dieu (des thèmes très ancrés dans la religion) mais aussi grâce sa narration puisqu’il est découpé en trois récits épistolaires. Bien évidemment, qui dit succès, dit adaptation cinématographique et même au début des années 1900, ça existe. La première adaptation date de 1910 et sera signée par J. Searle Dawley. Par la suite, le monstre couvert de cicatrices se verra adapté dans tous les sens, parfois dans des licences peu réjouissantes (I, Frankenstein, Van Helsing) et parfois dans des adaptations honnêtes (Frankenstein de Kenneth Branagh). Mais celle qui nous intéresse aujourd’hui est résolument la plus connue de toutes, celle de 1931 par Universal et signé James Whale avec Boris Karloff dans le rôle-titre !

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Ribéry joue dans ce film ??

L’histoire de film est très loin du roman. Ici, on ne s’attarde pas sur la famille de Frankenstein, ni sur son héritage très bourgeois. Le film se concentre sur la création de la créature et sur son parcours sanglant. Si l’on reste quelque peu sur la famille, et notamment le père de famille et la future fiancée, c’est pour mieux rendre les actions de la créature tragiques. On aura les processus de création, avec les différents éléments qui constituent son corps, puis sa fuite et sa découverte du monde. Si dans le sens large du thème, on reste dans la fidélité du roman, sa narration ainsi que les lieux sont très différents. Point de chasse au Pôle Nord, la créature n’a pas de conscience et ne tue pas pour se venger. On reste sur quelque chose d’assez binaire mais qui cache un véritable drame et une créature vraiment touchante tout en étant détestable.

Et c’est là la véritable force du film. La créature a tout pour être repoussante, surtout au départ entre les membres de personnes décédés ou pendues et le cerveau d’un criminel la constituant, on est face à une créature répugnante. Et sa première apparition est vraiment iconique et terrifiante. Seulement, la mise en scène exemplaire de James Whale va rendre cette bestiole très attachante et plusieurs messages, qui seront laissés au cerveau du spectateur, vont montrer que ce n’est pas sa matière grise qui est en cause de son état, mais plutôt les traitements qu’elle subit. On remarquera cela dès le départ lorsqu’elle voit la lumière du soleil, puis par la suite quand elle est enfermée dans un cachot humide. Elle sera aussi maltraitée par le servant bossu, finalement plus bestiale que la créature. On comprend donc ses agissements et les raisons de sa fuite. En la rendant attendrissante, les moments de meurtre deviennent d’autant plus percutants.

Pour l’époque, le film a dû être un véritable choc, en atteste la scène où la créature jette la petit fille dans l’eau et que son père traverse le village avec le cadavre dans les bras. Le moment est fort, la scène violente et on voit que le réalisateur a un vrai sens de la tragédie. On retrouve cette puissance dans la scène finale où la créature n’attise que la haine de par son inaptitude à vivre en société et son physique ingrat. En dehors de la créature, on a tout le climat familial et le doute de la future épouse envers son fiancé qui entoure le personnage principal et cela reste à la fois sérieux et parfois drôle, dédramatisant le récit dans son sens général et cela permet de souffler.

Mais que serait Frankenstein sans des acteurs d’exception. Boris Karloff incarne parfaitement ce monstre grâce à son physique atypique, mais aussi et surtout grâce au maquillage incroyable de Jack Pierce. Colin Clive est lui aussi parfait dans le rôle de Frankenstein, montrant un visage dur et pourtant touchant dans son obsession puis dans le moment où il se rend compte de sa folie. Mae Clarke est juste sublime dans le rôle de la fiancée, montrant un visage angélique et des sentiments purs et nobles. Le reste du casting demeure convaincant et l’on peut voir cela aux longs plans qui bercent le métrage.

Bien entendu, le film garde un côté kitsch, notamment lors de la scène de la traque. En effet, les habitants traquent la bête au milieu des rochers, et on voit que tout cela a été filmé en studio. Les rochers font faux, et le fond est une grande tapisserie avec des nuages. Mais ce côté cheap est fort agréable et ne ment pas sur la marchandise à grands renforts d’effets inutiles. On est face à quelque d’honnête et qui fonctionne encore de nos jours.

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Au final, Frankenstein est un film sublime avec un énorme sens de la dramaturgie. Jouant sur les sens de la créature et sur son innocence, le réalisateur va rendre les scènes violentes encore plus puissantes et la créature d’autant plus humaine. Il s’agit-là d’un grand film qui mérite vraiment le coup d’œil et qui est d’une grande force encore aujourd’hui.

Note : 19/20

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Par AqME

TrasherNote de Trasher: 19/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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