décembre 1, 2021

Dracula Vit Toujours à Londres

DRACULA VIT TOUJOURS A LONDRES

Titre Original: The Satanic Rites of Dracula

De : Alan Gibson

Avec Christopher Lee, Peter Cushing, Michael Coles, William Franklyn

Année: 1974

Pays: Angleterre

Genre: Horreur

Résumé:

De nos jours, Van Helsing découvre dans un manoir mystérieux à Londres, des messes sataniques mené par un curieux leader: Dracula en personne. Ce dernier, aidé par des militaires et de riches capitalistes, a décidé de renverser le régime anglais, et de répandre la peste noire. Van Helsing va le combattre une nouvelle fois.

Avis:

Le duo très connu de la Hammer reprend du service dans un film sur Dracula, qui est, il me semble, loin d’être le meilleur de la maison de production britannique. Fort d’un succès montre entre Christopher Lee en Dracula et Peter Cushing en Van Helsing, la firme use et abuse de ce duo et de la dualité entre ces deux êtres pour en faire une pléthore de films plus ou moins réussis. Film datant de 1974, on ressent tout de même une volonté de montrer toute la modernité du monde et y insérer ces deux êtres mythiques était une bonne idée. Mais cela est-il fait de façon intelligente? Les deux personnages prennent-ils une autre dimension inattendue? Dracula est-il devenu un salaud de capitaliste? Bref, autant de questions qui n’auront pas de réponses dans cette critique.

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T’as vu mes dents, avec le nouveau sensodyne, elles ne sont plus hypersensibles à la chaleur sanguine!

Le scénario se veut moderne pour l’époque et assez machiavélique. Malheureusement, on va vite tomber dans des dérives trop futuristes et surtout dans une sorte de complot sectaire complètement abrutissant. Un homme s’échappe d’un manoir où se déroulent des rites sataniques (d’où le titre en anglais). Cet homme fait partie des services secrets de sa majesté et donne sur son lit de mort des informations sur ce qu’il se passe dans la baraque. Deux hommes se rendent sur place et rencontrent dans la cave des femmes vampires aussi sanguinaires que Milou dans Tintin. Fort de cette constatation, ils se rendent chez Van Helsing et ce dernier voit tout de suite le lien avec Dracula. Il décide alors de mettre un terme à toute cette mascarade. Car en plus, plus tard, on apprend que Dracula veut lâcher une contagion de peste noire, le malfrat! En fait, ce qui me gêne le plus dans ce métrage, c’est qu’à force de faire trop moderne, on tombe presque dans de la science-fiction en carton et les moyens alloués au métrage sont bien trop légers pour pouvoir convaincre.

Et là où la Hammer excellait, c’est-à-dire une ambiance gothique à souhaits avec des effets de lumière et sonore de grande qualité, se trouve ici réduit à néant à cause de manoir classique, de décors vides et surtout de matériels complètement désuets avec des écrans de télé en carton et un matériel informatique risible qui côtoie les rétroprojecteur de diapositives. Malheureusement, cela ne sied pas du tout à l’ambiance du métrage, et n’aide pas à instaurer une ambiance glauque, lugubre et angoissante. Du coup, avec un rythme délétère et une ambiance qui n’est pas au rendez-vous, on ne peut qu’être déçu par le film. D’ailleurs, au bout d’une demi-heure, j’ai fait pause et j’ai fait une sieste.

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Putain, mais qu’il est con l’éclairagiste, maintenant, j’ai un contre-jour, on refait la séquence les mecs.

Les acteurs sont évidemment au diapason. Christopher Lee endosse pour la énième fois le costume du comte Dracula et il faut dire que cela lui va à ravir. Sa carrure longiligne, ses cheveux gominés en arrière et son regard noir en fond le candidat parfait pour ce rôle. Mais j’ai trouvé que dans ce métrage il surjouait un tout petit peu et c’est bien dommage. Peter Cushing, avec son visage livide, ses joues creusées et son regard glacial incarne à la perfection le personnage qui veut se venger ou encore finir un travail démoniaque. Mais là aussi, je l’ai trouvé en petite forme. Il reste les personnages secondaires et là, le calvaire commence. On a des femmes vampires qui jouent comme des gousses d’aulx, des sectaires fanas des gilets sans manche en poils de yacks, une rousse incendiaire qui rappelle Emma Peel, un agent secret à la coiffure improbable et aux pattes d’eph! Bref, une palanquée de personnages franchement pas intéressants et surtout pas du tout charismatiques.

Par contre, au niveau des effets spéciaux, ce n’est franchement pas trop mal foutu surtout pour l’époque. Les effets de feu sur les personnages sont saisissants et la progression de la peste noire sur un des personnages est relativement bien faite, chapeau bas aux maquilleurs. La désagrégation d’un corps est aussi assez bien faite et cela reste toujours agréable de voir des effets old school car ils sont souvent bien plus réalistes que les effets numériques d’aujourd’hui. Par contre, le film reste dépourvu d’effets de peur ou d’effets de surprise vraiment sursautant. La première apparition de Dracula est assez risible, et on a déjà fait beaucoup mieux avec le géniallissime bal des vampires. Du coup, sans effets de peur et sans réelles grandes surprises, le film reste assez plat et sans grande saveur.

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Peut-être que je devrai prendre ma retraite…

Au final, Dracula vit toujours à Londres et on s’en fout. Il en résulte un film qui oscille vers le James Bond du pauvre avec une dose de fantastique horreur vampirique de chez papys, mais qui peine à décoller et à captiver le spectateur. On pourra néanmoins apprécier les deux acteurs principaux dans des rôles qu’ils connaissent et remplissent à merveille. En bref, si vous aimez les films qui font fauchés, les sectaires moustachus à lunettes de soleil et à gilet sans manches en poil de yacks, les femmes vampires qui sifflent comme des serpents et les chinois maître de cérémonie, ce film est pour vous. Pour les autres, vous pouvez passer votre chemin, car le film demeure assez ennuyeux et sans réel relief.

Note: 08/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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