mai 25, 2022

Clive Barker’s Jericho

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Résumé :

Depuis des temps immémoriaux, l’humanité a dû faire face aux assauts répétés des forces les plus obscures existantes. D’aucuns diront qu’elles viennent des fins fonds de l’enfer, mais en vérité, elles sont bien plus anciennes que n’importe laquelle des religions existantes. Vigilante, armée, dans l’ombre, la section Jericho se bat afin que soit préservée notre vie contre ce fléau. Traversant les âges, elle est aujourd’hui conduite par le capitaine Devin Ross.

La cité d’Al-Khali, la plus ancienne que le monde ait connu, vient de ressurgir et Arnold Leach, leader de la confrérie noire veut s’en emparer. La section Jericho est donc dépêchée sur place pour l’en empêcher et découvrir ses véritables intentions. Les hommes et femmes de Jericho sont loin de se douter de ce qu’ils vont avoir à affronter.

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L’équipe Jericho, prête au combat

Avis :

Clive Barker’s Jericho est un FPS sorti en octobre 2007 sur PC, PS3 et Xbox 360 et développé par MercurySteam, connu aujourd’hui pour avoir créé la série Castlevania : Lords of Shadow. L’un des arguments de sa campagne promotionnelle fut de montrer un univers glauque, gore et violent. Coproduit par un des maitres de l’horreur, à savoir Clive Barker. Cependant, un univers original suffit-il à faire d’un jeu un incontournable ? C’est ce que nous allons voir.

Là où Clive Barker’s Jericho ne se démarque pas, c’est dans la construction de ses niveaux. Ultra linéaire, n’offrant aucune alternative ni aucune raison de se disperser en proposant quêtes annexes ou objets cachés, le jeu préfère nous proposer une suite de couloirs, dont la progression n’est ralentie que par l’affrontement des ennemis. Contrairement à d’autres productions de l’époque, comme Painkiller avec son gameplay ultra nerveux incitant le joueur à être tout le temps en mouvement, ici les affrontements ont choisi un autre parti prix. En effet, les combats se dérouleront toujours dans une arène. Le joueur arrive dans une zone, les ennemis apparaissent pour freiner la progression du joueur. Celui-ci devra alors prendre position, nettoyer la zone et se remettre en mouvement. Une mécanique singulière, mais pas déplaisante pour autant.

Toujours au niveau du gameplay, là où ce titre se démarque de la concurrence vient du fait que l’on ne joue pas une personne en particulier mais l’esprit du capitaine Ross. Ce dernier peut prendre le contrôle de chaque membre de la section pour pouvoir bénéficier de ses compétences. En prenant le contrôle d’Abigail Black, on devient un tireur d’élite avec des pouvoirs télékinétiques. L’un de ses pouvoirs permet de contrôler la trajectoire d’une balle jusqu’à atteindre la boîte crânienne de l’adversaire. Dans la peau de Billie Church, on lance des sorts de sang afin d’entraver ses ennemis pour mieux les transformer en sashimi avec son katana. Si l’envie de la jouer subtile pointe le bout de son nez, alors Frank Delgado avec sa gatling et l’esprit du feu Ababinili retirera cette idée farfelue de votre esprit en transformant le champ de bataille en véritable boucherie. Chaque membre de l’équipe possède donc des pouvoirs différents et, hormis à des moments clés, le jeu ne nous oblige pas à utiliser un personnage plutôt qu’un autre tant ceux-ci sont équilibrés. Une très bonne chose que cette liberté de gameplay offerte au joueur qui vient contraster la linéarité du level design.

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La boucle temporelle de Cole permet de ralentir le temps

La progression du joueur sera régulièrement arrêtée par des combats de boss. Ne tombant pas dans l’écueil des sempiternels boss de FPS avec des milliers de points de vie qu’il faut bourriner pour arriver au bout, ici, il faudra trouver la bonne technique pour en venir à bout. Observation et patience seront les clés pour arriver au bout de ces affrontements. Une bonne surprise, permettant au gameplay de se renouveler.

Au niveau de la technique, le jeu ne serait être comparé au ténor du genre, mais lors de sa sortie, les graphismes étaient à la hauteur des autres productions actuelles. La véritable faiblesse du titre vient de l’absence de gestion de lumière dynamique. La diversité des décors varie peu, et l’on retrouve la même ambiance gore et glauque tout au long du jeu, mais là où dans Dead Space, le décor fait partie à part entière de l’expérience de jeu, ici, on les traversera sans grand enthousiasme et à aucun moment on ne s’arrêtera sur un endroit particulièrement accrocheur ou renforçant l’atmosphère. La qualité sonore est par contre au rendez-vous. Le doublage, intégralement en français est convaincant avec notamment Patrick Bethune, le doubleur régulier de Kiefer Sutherland dans le rôle du capitaine Ross. Chaque doubleur joue juste et arrive à donner une personnalité aux êtres numériques qu’ils incarnent. Ils se vannent, se remercient, indiquent au joueur quand un membre est à terre, bref un bon point pour l’immersion. La bande sonore remplit son office, habillant efficacement les phases de combat et autres moments de tension. Là où le bât blesse, c’est au niveau de l’IA des équipiers. Incapable de se mettre à couvert correctement, on ne compte plus le nombre de fois où il faut aller les secourir en plein milieu du champ de bataille pour ne pas s’être accroupi derrière un muret.

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Bon appétit !

Le scénario est quant à lui une excellente surprise, et l’on sent la patte de Clive Barker. Suffisamment fouillé pour donner au joueur l’envie d’avancer, il ne tombe pas dans la caricature de film d’horreur comme cela peut être le cas avec d’autres séries d’horreur aujourd’hui. Oui, Resident Evil, c’est de toi que je parle ! Mélange les références, offrant des twists et faisant évoluer ses personnages, l’histoire est le véritable plus de ce jeu.

Conclusion

Malgré ces défauts (IA dans les fraises, décors se ressemblant, gameplay classique) Clive Barker’s Jericho arrive à instaurer sa propre ambiance grâce à son scénario et ses personnages. De nos jours où les FPS ne sont plus que des suites militaro-futuriste où l’on dégomme du terroriste/alien/nazis par dizaines, ce FPS d’horreur permet de changer d’air. Un air certes emplie de sang, de démons et autres monstruosités, mais un air nouveau. C’était déjà le cas à l’époque de sa sortie, ça n’est que plus vrai aujourd’hui.

Note : 14/20  

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Par Iscariote

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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